Farid Chédid, président de Chédid Re, et père Pierre Najem, recteur de la NDU. Photo DR
Quelles sont les particularités de la formation en sciences actuarielles de la NDU ?
La NDU a été la première université au Liban à offrir une licence en sciences actuarielles, et ce en 1993. Elle est également la seule université au Liban à offrir une licence et une maîtrise en sciences actuarielles. Les programmes combinés offrent tous les apprentissages nécessaires à la réussite des étudiants aux examens professionnels internationaux menant à la désignation ASA (Associate in the Society of Actuaries). La NDU dispose également de crédits de validation qui permettent aux étudiants en actuariat de la NDU ayant terminé avec succès certains cours d’être dispensés de trois des examens exigés par l’association des actuaires, à savoir : économie, statistique mathématique, comptabilité et finance d’entreprise. Soulignons que notre programme, qui est totalement conforme aux exigences de la Society of Actuaries depuis 2005, est mis à jour annuellement. Par ailleurs, grâce à nos diplômés en sciences actuarielles dont certains occupent d’importants postes dans de grands cabinets de conseil au Liban et dans les pays arabes, nous offrons à nos diplômés de vastes possibilités de stages et d’emploi.
Quelles sont les conditions à remplir pour être accepté au master en sciences actuarielles ?
En complément aux conditions d’admission générales au master à la NDU, les candidats doivent avoir une formation suffisante en mathématiques et en statistique. Il est préférable qu’ils possèdent une licence de sciences dans l’une des disciplines suivantes : mathématiques, statistique, génie, informatique ou sciences actuarielles. Les étudiants qui ne répondent pas aux critères d’admissibilité peuvent être admis à l’admission provisoire qui donnera lieu à un ensemble de cours de rattrapage.
Pouvez-vous nous donner un aperçu des cours offerts en master ?
Le cursus comprend 5 cours obligatoires, notamment la modélisation actuarielle, les mathématiques actuarielles avancées, la théorie de la crédibilité, les mathématiques financières et l’économie financière pour les actuaires. Ces derniers ainsi que les cours de licence en sciences actuarielles préparent les étudiants à passer les examens préliminaires de la Society of Actuaries. Les deux cours au choix dépendront du choix des étudiants. Certains des cours optionnels sont pratiques tels que la tarification, la gestion des risques de l’entreprise, la réassurance, l’assurance collective, tandis que d’autres sont théoriques tels que le calcul stochastique, l’inférence, la mesure et la probabilité, etc. Ajoutons à cela le cours de projet et le mémoire.
La NDU a annoncé dernièrement l’octroi de bourses d’études, en coopération avec Chedid Re, pour des étudiants en sciences actuarielles. Pouvez-vous nous en parler ?
Convaincu de la qualité du programme de sciences actuarielles à la NDU et des compétences de ses diplômés, M. Farid Chedid, fondateur, président-directeur général du groupe Chedid Capital (holding), a décidé d’accorder trois bourses d’études entièrement rémunérées (pour une durée de deux ans) à des candidats hautement qualifiés souhaitant s’inscrire au programme de maîtrise en sciences actuarielles de la NDU qui devrait débuter à la prochaine rentrée. Chedid Re, l’une des 20 meilleures compagnies de réassurances dans le monde, servant plus de 400 compagnies d’assurances en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, recrute depuis près de 12 ans des étudiants en actuariat de la NDU. Actuellement, une quinzaine d’anciens actuaires de la NDU travaillent avec le groupe Chedid Capital, au Liban et à l’étranger.
Quels sont les débouchés en sciences actuarielles ?
Les secteurs dans lesquels les actuaires sont conventionnellement employés sont : les affaires d’assurance, de réassurance, tiers administrateurs (TA), banques et entreprises d’investissement ; les sociétés de conseil internationales telles que PWC, Strategy &, Deloitte Consulting, Booze & Company, McKinsey & Company ; les grandes entreprises – les actuaires peuvent y travailler dans les domaines de la gestion des risques d’entreprise, la gestion de l’actif, du passif et de la caisse de retraite ; les gouvernements – les actuaires vérifient que les sociétés financières, d’assurances, de réassurances respectent les réserves obligatoires, aident à évaluer l’impact des nouvelles réglementations sur les secteurs économique et financier, surveillent les réserves requises pour les régimes de retraite soutenus par le gouvernement, etc. Par ailleurs, aujourd’hui de nouvelles opportunités émergent dans le marché scientifique de données, actuaire à modélisation prédictive — les données volumineuses et les outils informatiques tels que l’intelligence artificielle sont combinés à des techniques de modélisation conventionnelle pour améliorer la précision et la prévisibilité des modèles actuariels –, développeur CAT (Catastrophy Risk Developer) et actuaire des marchés émergents.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent intégrer ce domaine ?
Je leur dis : persistez avec passion et patience. Dans la mesure où la discipline est captivante et gratifiante, elle est très exigeante. La persévérance et le travail acharné sont la quintessence pour devenir actuaire agréé. Mais les résultats obtenus, qu’ils soient financiers ou non, sont dignes des efforts déployés pour les atteindre.

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