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Culture

« X-Men : Dark Phoenix » : de la politique et des hélicoptères

À L’affiche

Dans le nouvel opus des « X-Men », le réalisateur Simon Kinberg a choisi une histoire culte du comic d’origine comme scénario, mais s’en écarte largement.


F. L. | OLJ
08/06/2019

Le premier numéro de la série d’origine, publié en 1963 par Marvel, s’inspirait du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis et de la lutte contre la ségrégation. Le nouveau film X-Men, qui continue une série de vingt films commencée en 2000, reste constant dans son message politique : les X-Men luttent contre la discrimination, la marginalisation et pour l’acceptation de leurs différences. Ainsi, si les humains veulent enfermer les X-Men dans des centres de détention, l’école du professeur Charles Xavier se bat pour leur donner une famille et une vie normale.

« Tu penses que tu peux me réparer aussi », dit l’héroïne Jean Grey, incarnée par Sarah Turner de Games of Thrones, à Charles Xavier (James McAvoy). « Tu n’es pas cassée, lui répond-il. Tu as un don. » Simon Kinberg ajoute aussi la touche féministe à la mode, comme le faisait le dernier blockbuster Avengers sorti le mois dernier. Raven, jouée par Jennifer Lawrence, fait par exemple remarquer au professeur Charles Xavier que « ce sont toujours les femmes qui sauvent le monde et qu’il faudrait penser à changer le nom des X-Men en X-Women ». Et comme dans le comic d’origine, Dark Phoenix, publié par Marvel en 1980, c’est une femme qui est la superhéroïne la plus puissante de l’univers : la X-(Wo)Man Jean Grey. Cette dernière absorbe une force solaire lors d’un voyage dans l’espace. Résultat : une scène galactique impressionnante, dans laquelle un vaisseau spatial rencontre une boule lumineuse rose, bleue et jaune, et pour Jean Grey, une nouvelle force qui la rend sursurpuissante.

Par ailleurs, le film s’écarte du récit d’origine. Dans l’histoire originale, Jean Grey rentrée, après quelques péripéties, prend conscience qu’elle ne peut pas contrôler son pouvoir et se suicide.

Du comic d’origine au film : autres temps, autres mœurs

Les enjeux pour l’adaptation du comic étaient énormes. La mort de Jean Grey érigeait la bédé au rang de monument parmi les histoires de superhéros. Deux éléments rares à l’époque distinguent l’histoire des comics habituels : un superhéros qui bascule non pas du mal vers le bien, mais du bien vers le mal ; et surtout, un superhéros qui meurt, par suicide de surcroît. L’idée était forte pour un récit de superhéros : même un être doté de superpouvoirs ne peut pas échapper aux conséquences de ses actions. Ici, la complexité émotionnelle et narrative est réduite. Les dialogues sont minimalistes : « Tes émotions te rendent faibles », dit la méchante Jessica Chastain, teinte en blond platine inspirée de Tilda Swinton. « Non, les émotions me rendent forte », répond Jean Grey.

Autres temps, autres mœurs ? Exit le costume de cuir moulant et inspiré BDSM de Jean Grey investie de ses nouveaux pouvoirs et devenue Dark Phoenix. L’actrice Sarah Turner est ici vêtue très civilement d’un jean et d’un chemisier, ainsi que d’un long gilet qui peut flotter autour d’elle quand elle vole. Le comic initial parlait de libération sexuelle, à la manière des années 1980. L’histoire est aussi celle d’une femme qui peine à contrôler sa libido, très court vêtue et dont les pulsions s’avèrent hors de contrôle. Pour la lecture entre les lignes, la libération de la femme est plutôt destructrice et hystérique que positive. Ici, le sujet est complètement évacué.

En film de superhéros qui se respecte, la nouvelle production Disney et Marvel Entertainment offre surtout de longues scènes de bataille, parfois d’une vingtaine de minutes. Grâce à des effets spéciaux réussis et un budget de 200 millions de dollars, le spectateur regarde voler les trains et valser les hélicoptères.

F. L.

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