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Liban

Le CPL et le Futur tentent de calmer le jeu

Partis

Les joutes entre les deux formations se poursuivent cependant, mettant en péril le compromis présidentiel. « Nous sommes attachés à Taëf et à la Constitution. Point final », affirme Fouad Siniora à « L’OLJ ».

Yara ABI AKL | OLJ
03/06/2019

Les échanges acerbes entre le Courant patriotique libre et le courant du Futur se sont poursuivis durant le week-end. Il n’en reste pas moins que c’est une tentative de calmer le jeu et une volonté manifeste de ne pas casser la baraque du compromis présidentiel que le chef du CPL, Gebran Bassil, a manifestées hier, au lendemain des sérieuses secousses qu’a subies ces jours derniers l’entente politique élargie qui avait donné le coup d’envoi au mandat du général Michel Aoun.

C’est dans ce cadre que s’inscrivent des propos particulièrement significatifs que le leader du CPL a tenus hier lors d’une tournée dans le caza de Baabda. « Ce qui s’est passé récemment n’est pas dû à des propos que j’ai tenus en privé, lors d’une tournée précédente effectuée dans la Békaa-Ouest. Ils m’ont attribué des mots portant sur le sunnisme politique ou encore sur des professeurs de l’Université libanaise ainsi que sur le limogeage du directeur général des Forces de sécurité intérieure, Imad Osman (proche du courant du Futur) », a-t-il déclaré, laissant entendre qu’il n’avait pas tenus de tels propos. Et M. Bassil d’assurer l’attachement de sa formation au compromis présidentiel. « Nous tenons à cette entente parce qu’elle est axée sur le droit et le pacte national qui, pendant longtemps, était absent. Et il faut tout faire pour préserver cet accord », a encore dit le chef du CPL. M. Bassil tentait ainsi d’opérer un repli à la suite du fuitage de certains de ses propos sur les réseaux sociaux et portant atteinte à la communauté sunnite et par la même occasion au parti de Saad Hariri. Des prises de position qui ont causé de vifs remous dans les milieux haririens, suscitant des interrogations autour de la pérennité du compromis présidentiel, notamment de la part de Nouhad Machnouk, député de Beyrouth, qui, depuis Dar el-Fatwa, a appelé vendredi à réviser cet accord.

Selon les fuites, le chef de la diplomatie aurait estimé que « le sunnisme politique (incarné par le camp Hariri dans l’après-guerre) est né sur le cadavre du maronitisme politique (qui prévalait depuis l’indépendance de 1943) et lui a arraché tous les privilèges ». « Nous voulons recouvrer ces droits intégralement », aurait-il ajouté. M. Bassil aurait évoqué également de manière peu coutumière la question de la grève des enseignants de l’UL. « Si j’étais ministre de l’Éducation, je les aurais éduqués », a-t-il lancé. Le ministre de l’Éducation, Akram Chehayeb (joumblattiste), a riposté. Dans un communiqué publié samedi, M. Chehayeb a dit : « Les professeurs de l’UL sont éduqués et n’ont pas besoin d’éducation. Ils ont formé des générations d’étudiants qui sont le pilier de l’avenir. » Rappelant que le PSP a toujours été en première ligne pour défendre les droits des professeurs de l’UL, M. Chehayeb a réagi au souhait de M. Bassil de détenir le portefeuille de l’Éducation. « Je lui rappelle qu’au ministère des AE, il y a plusieurs tâches qui devraient l’occuper. Qu’il garde l’éducation à ceux qui en sont chargés », a-t-il estimé.

Quoi qu’il en soit, Gebran Bassil a tenté hier de mettre de l’eau dans son vin et de rassembler les morceaux de l’entente de 2016, de même que la formation de Saad Hariri, qui continue elle aussi de manifester son attachement à cet accord.

Ainsi, Moustapha Allouche, ancien député de Tripoli et membre du directoire du parti haririen, assure à L’Orient-Le Jour que le Premier ministre est conscient de la « frustration de la rue sunnite. Mais il tente d’y remédier par le travail ». « Saad Hariri mesure les répercussions de ses choix sur sa popularité dans les rangs de sa communauté. Mais il trouve que le compromis est le moindre des maux », ajoute M. Allouche, exprimant ainsi l’orientation de la ligne « officielle » au sein du Futur.


(Lire aussi : Le compromis présidentiel vacille une fois de plus...)


Les querelles se poursuivent…
En face, des faucons du Futur ne partagent pas le même avis. « Nous sommes attachés d’abord et surtout à Taëf et à la Constitution. Point final », déclare à L’OLJ l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, sans pour autant s’en prendre nommément à Gebran Bassil. Et il ajoute : « Nous tenons au compromis présidentiel tant qu’il respecte ces deux textes. »

Mais en dépit des efforts visant à calmer les esprits, les joutes entre les deux formations se sont poursuivies. Des échanges acerbes ont opposé le secrétaire général du Futur, Ahmad Hariri, au ministre de la Défense, Élias Bou Saab, le premier accusant le second de s’ingérer dans l’affaire Suzanne el-Hajj, pour pousser le tribunal militaire à ordonner l’abandon des poursuites contre l’ex-cheffe du bureau de lutte contre la cybercriminalité des FSI. Des accusations que M. Bou Saab a naturellement réfutées.

Hier soir, la Future TV, organe médiatique haririen, s’est invitée dans la partie pour attaquer M. Bassil dans l’introduction de son journal de 20 heures. « M. Bassil est devenu un fardeau pour le mandat Aoun », a estimé la chaîne, tout en se félicitant du fait que le leader du CPL ait démenti les propos qui lui sont attribués au sujet du sunnisme politique. « M. Bassil et son parti ne détiennent pas le monopole de la lutte contre la corruption. Il s’agit d’une mission nationale à laquelle devraient prendre part les composantes du gouvernement », a-t-elle encore souligné tout en critiquant « le discours populiste » du chef du CPL et réfutant les accusations de corruption qu’il a lancées contre le chef des FSI.


(Lire aussi : Bassil revient à la charge contre les FSI, Raya el-Hassan contre-attaque)


Le tweet assassin de Joumblatt
Entre-temps, les rapports entre le tandem Baabda-CPL et le PSP semblent loin de revenir à la normale. Une impression que confirme ce tweet assassin posté samedi par le chef druze Walid Joumblatt. « Nous n’aurions pas atteint cette situation (...) si des ententes “géo-électriques” n’avaient pas été conclues à Paris avant l’élection de (Michel) Aoun », a-t-il écrit, dans une allusion aux rencontres qui avaient pavé la voie à l’entente de 2016. « Le sexennat prometteur est dans une situation difficile à cause des ambitions présidentielles des uns et du silence des autres (...). » Mais dans un geste typique de sa part, M. Joumblatt a supprimé ce tweet pour poster un autre dans lequel il tempère quelque peu ses propos. « Les ententes conclues avant l’élection du président Aoun ont ouvert la voie à un discours arrogant, à cette tension, ainsi qu’à la momification de Taëf (...). »


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Honneur et Patrie

Il est facile de dire n'importe quoi sur n'importe qui puis de l'effacer facilement aussi. Cette manière de mentir et de se mentir mène-t-elle à Baabda ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PRIERE LIRE YIA 3AWAZIL FALAFILOU. MERCI.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BALLACH EL MA ALLE OU ELTELLOU... YIA 3AYAZIL FALAFILOU !

gaby sioufi

ET DANS TOUT CELA QUI CROYEZ VS JOUE AU MAITRE / AU CHEF D'ORCHESTRE,QUI CROYEZ VS RIT SOUS CAPE , QUI CROYEZ VS QUI FONCE SES CLOUS SUREMENT MAIS PLUS DU TOUT LENTEMENT ?
ben voyons, vali fakih via hassan nasrallah -verite de la palice - .
Chretiens contre Chretiens(pardon Maronites contre Maronites), Sunnites contre Sunnites, Maronites contre Sunnites ?
QUE VEUT LE PEUPLE (pro vali fakih) MIEUX QUE CELA ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,INTERFERENCE DU GENDRE ET SES DECLARATIONS A LA PLACE D,AUTRES MINISTRES N,EST QU,AFFAIRE DE DEMAGOGIE POUR S,ATTIRER L,ATTENTION SE CROYANT QUELQUE CHOSE DE SPECIAL. EN CE QUI CONCERNE LE COMBAT CONTRE LA CORRUPTION JE LUI CONSEILLE DE COMMENCER PAR L,AFFAIRE DES BARGES TURQUES.

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