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Quelle femme libanaise es-tu ?

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18/05/2019

Sur le petit écran, la femme libanaise est déclinée en plusieurs profils : quoique intéressants, ils ne sont pas pour autant parfaits. Une seule constante dans ces différents caractères : la liberté de décider de son propre sort. Libérée, accomplie, bosseuse, séduisante, jeune, vieille, responsable, partisane, milicienne, maîtresse, épouse, marâtre, concubine ou simple amie, la femme libanaise évolue à contre-courant, violant les règles de l’interdit jusqu’à l’extrême. Pour Nour Rahme, Cyrine Abdelnour, nouvelle personnalité auprès de Taim Hassan dans al-Haybe, être une maîtresse entretenue par un homme d’affaires semble l’arranger à merveille sans aucun complexe. Nous sommes tentés au début de croire que sa carrière était derrière sa notoriété, pour découvrir au tournant de deux-trois gifles assenées par son vieil amant, par ailleurs marié, que son appartement luxueux et son succès ne sont qu’un cadeau en échange de faveurs intimes qu’elle lui accorde. Cela n’empêche pas toutefois la belle sirène d’accourir dans les bras du voisin lorsque l’occasion s’y prête avec des yeux larmoyants demandant la protection du prince charmant. La relation sexuelle est libérée et devient un moyen naturel et évident de communiquer son affection pour cette journaliste ultramoderne qui n’hésite pas à remplacer la sophistication par la tribalité attirée par le charisme dégagé des hommes à certain pouvoir. Une journaliste qui, pour le public, semble puissante, défenderesse des droits des autres, à la recherche insatiable de la vérité. Elle est en réalité une femme fragile croulant sous la censure, la menace et la peur dans un pays où le clientélisme est roi et n’a aucun contrôle réel sur sa vie privée qu’elle réussit à rendre encore plus compliquée.

Pour Bayan, Nadine Nassib Njeim, un médecin qui pratique dans un hôpital hérité de papa, et dont la relation avec la mère qui a refait sa vie ne semble pas au beau fixe, les choses sont plus classiques. Elle ne semble pas attirée par le pouvoir dégagé de son aspirant qui, pourtant, évolue en ville avec un convoi de voitures ultrablindées, et encore moins par son statut familial car c’est le rejeton d’un politicien connu et craint dans le pays. Tous les mouvements de ce dernier avec sa belle dulcinée sont repris dans les meilleurs magazines mondains. Mais, pour Bayan, qui n’a rien de mystérieux ou surprenant dans sa vie quotidienne, le succès professionnel rime plutôt avec humanité et c’est le romantisme et la bonté qui priment et sont, pour elle, la clé de la séduction. Elle n’évoluera certainement pas dans l’ombre d’un politicien et toute violence physique ou verbale ne figure pas dans son dictionnaire. C’est cette femme rangée et dont l’apparence est docile qui sera sous les projecteurs et devra affronter, d’une part, une ancienne amante acharnée et mère de famille infidèle et, de l’autre, la marâtre de son mari, Suzanne, interprétée par une Roula Hamade aigrie, rancunière et cynique calculant avec génie et brio comment empoisonner la vie de ceux qui la dérangent. Cette dernière affiche la femme du politicien libanais qui est surtout et uniquement active dans le domaine social et le cercle vicieux mondain dans une totale inutilité.

Arrive ensuite Jihad, l’incorrigible et charismatique Carine Rizcallah. Jihad est une jeune femme affranchie de toute autorité, privée de sa maman très tôt et vivant dans la misère avec un père alcoolique et victime psychologique de la guerre civile. Ce dernier est également meurtri à la suite d’une relation amoureuse passionnée mais cabossée par le bruit des bombardements, le nombre effarant de morts et une résistance milicienne sur deux fronts, est et ouest, organisée à même le terrain. Jihad est une personnalité complexe, tout comme sa prétendue mère, Ayda, Julia Kassar, qui résiste à toute forme de relation classique, vit dans le chaos total et dans la menace de la précarité. Un seul prétendant semble vraiment intéressé par son cas désolant : un veuf d’un certain âge, dont les enfants égoïstes et snobinards reflètent parfaitement la situation des jeunes nouveaux riches actuels. Ayda est de son côté une ancienne milicienne, mère de deux enfants de deux hommes différents et ayant déserté les deux en fin de compte pour vivre dans un bidonville de la capitale avec ses souvenirs et ses séquelles dans un pays qui ne lui reconnaît pas ses actes héroïques de résistante. Sauf que ses deux enfants ne sont pas vraiment les siens selon le test d’ADN. Deux figures emblématiques, intelligentes et hors du commun qui font l’unanimité auprès des téléspectateurs mais qui sont capables de faire fuir le plus macho des hommes tellement elles sont indépendantes et rebelles.

Plusieurs profils, plusieurs scénarios, intelligents et moins intelligents, brossant la femme libanaise toutes générations confondues avec une palette de couleurs à nuances innombrables. Alors qui es-tu parmi ces femmes? Quelle pièce de quelles couleur et forme représentes-tu dans cette mosaïque riche en couleurs, vivantes, construite petit à petit tout au long de l’évolution sociétale de la gent féminine au Liban ?

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