X

À La Une

Frontières maritimes avec Israël : le Liban aurait reçu de Satterfield un "signal positif"

diplomatie

Recevant David Satterfield, Michel Aoun appelle les États-Unis à "respecter les frontières terrestres et maritimes libanaises et le droit du Liban à exploiter ses ressources en hydrocarbures".

OLJ
15/05/2019

Le sous-secrétaire d’État américain pour le Proche-Orient, David Satterfield, a discuté mercredi à Beyrouth avec les dirigeants libanais du litige frontalier maritime opposant Israël au Liban, qui s'apprête à se lancer dans l'exploration d'hydrocarbures en Méditerranée. Une source diplomatique a dans ce contexte indiqué à l'AFP que Beyrouth avait reçu "un signal positif traduisant le désir américain de jouer le rôle de médiateur" entre le Liban et Israël, deux pays techniquement en guerre, même après le retrait d'Israël du sud du Liban en 2000.

Le Liban a signé en février 2018 son premier contrat d'exploration offshore avec un consortium dominé par le groupe français Total. Deux blocs sont concernés, notamment le bloc 9, dont une partie se trouverait dans une zone maritime disputée avec Israël.

Arrivé mardi à Beyrouth pour une visite de deux jours, M. Satterfield a d'abord été reçu par le chef de la diplomatie libanaise, Gebran Bassil, qui lui a proposé "plusieurs solutions" pour régler le litige avec Israël sur les frontières maritimes et terrestres. Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), la réunion a été "très positive", et a notamment porté sur "le dossier de délimitation des frontières maritimes et terrestres (entre le Liban et Israël)". "Un échange de vues à ce sujet a eu lieu et a abouti à une concordance sur différents points. Les points qui pourraient entraver la solution proposée par le Liban ont également été débattus. M. Bassil a présenté plusieurs solutions qui préservent tous les droits du Liban en matière maritime et terrestre", écrit l'Ani, qui souligne que le chef de la diplomatie libanaise "poursuivra ses concertations locales et internationales sur ce dossier afin d'aboutir à une solution définitive qui permettra l'exploitation des champs d'hydrocarbures".

Les deux hommes ont également évoqué "les développements dans la région et les derniers événements dans le Golfe", en allusion aux actes de sabotages contre des navires au large des Émirats et aux attaques de drones contre des installations pétrolière en Arabie saoudite, selon l'Ani.


"Éclaircir certains points"
David Satterfield s'est ensuite rendu au palais présidentiel de Baabda, où il s'est entretenu avec le chef de l’État, Michel Aoun. Dans un communiqué, la présidence de République a indiqué que le chef de l’État a répété à M. Satterfield que "le Liban estime que la délimitation des frontières maritimes et terrestres dans le Sud renforcerait la stabilité à la frontière, en vertu de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU (qui mit fin à la guerre de 2006 entre le Liban et Israël)". Le président Aoun a "appelé les États-Unis à s'impliquer pour réaliser cet objectif, notamment en respectant les frontières terrestres et maritimes libanaises et le droit du Liban à exploiter ses ressources en hydrocarbures".

Le président a en outre abordé avec M. Satterfield les propositions qu'il avait transmises la semaine dernière à l'ambassadrice des États-Unis au Liban, Elizabeth Richard, et qui contiennent "un mécanisme de travail" qui peut servir de base pour la délimitation des frontières maritimes.
Le communiqué souligne enfin que le président Aoun a exposé le point de vue du Liban et a écouté ceux de l'administration américaine et que les discussions se poursuivront afin "d'éclaircir certains points relatifs à ce mécanisme".

David Satterfield a par la suite rencontré à Aïn el-Tiné le président du Parlement, Nabih Berry. Selon les députés qui se sont entretenus avec le chef du Législatif, "l'ambiance durant les discussions était positive". "Nous allons dans la bonne direction et cela grâce à la position libanaise unifiée qui préserve nos droits en matières de ressources naturelles et au sujet de nos frontières maritimes et terrestres", a dit M. Berry, cité par ses visiteurs.

Le diplomate US s'est également rendu à la Maison du Centre où il s'est entretenu avec le Premier ministre, Saad Hariri. Les deux responsables s'étaient également réunis la veille. MM. Satterfield et Hariri "ont poursuivi les discussions entamées hier", a précisé le bureau du Premier ministre.


M. Satterfield reçu par M. Berry. Photo Ani



Il n'est toujours pas clair si M. Satterfield parviendra à régler ce dossier avant que son mandat de sous-secrétaire d’État ne se termine et qu’il ne prenne en charge son poste de chef de la mission diplomatique américaine à Ankara. Tout dépend de la réponse que Washington apportera au mécanisme de règlement que le président Aoun a remis à l’ambassadrice des États-Unis. Beyrouth souhaite notamment que la délimitation des frontières se déroule sous la houlette des Nations unies et qu’elle englobe simultanément les frontières terrestre et maritime, ce que Washington et Israël refusaient jusqu’ici. Pour les États-Unis, la délimitation de la frontière terrestre se fait à travers la commission militaire tripartite (Liban, Israël, Finul) de Naqoura, qui a jusque-là réussi à régler 10 des 13 points frontaliers qui font l’objet d’un litige entre Beyrouth et Tel-Aviv.  L’administration américaine estime que la commission tripartite est parfaitement capable de régler ce dossier et se dit disposée à la soutenir au besoin, mais pense que pour en finir avec le litige au sujet de la frontière maritime, il est indispensable que le Liban accepte le plan Hoff, qui porte le nom d’un ancien émissaire du département d’État, Frederik Hoff, sous le mandat du président Barack Obama. Frederik Hoff, qui était chargé avant 2012 des négociations à ce sujet, proposait notamment un partage du triangle contesté entre le Liban qui aurait 500 km2, soit 60 % de la superficie totale de la zone litigieuse, contre 40 % à Israël, une proposition rejetée par le Liban qui revendique sa souveraineté sur toute la zone.

Durant sa dernière visite à Beyrouth, M. Satterfield avait expliqué aux autorités libanaises que son pays est toujours attaché à ce plan mais qu’il reste prêt à mener une médiation avec Israël si le Liban dégage une position unifiée autour de cette question. Cette position s’est traduite par le document que le président a remis à Mme Richard et qui motive en quelque sorte la visite de M. Satterfield au Liban.

La découverte de gaz en Méditerranée orientale ces dernières années a fait naître de grands espoirs, mais elle a également attisé les tensions dans une région déjà explosive. Au Liban, les travaux de forage dans le bloc 4 doivent débuter en décembre, et ceux du bloc 9 quelques mois plus tard. En février 2018, le groupe Total avait indiqué que la dispute frontalière entre le Liban et Israël concernait "moins de 8% de la surface du bloc 9", assurant que les travaux de forage ne se dérouleraient pas dans ce secteur.



Pour mémoire

Tracé des frontières : Aoun propose ses « idées » à Richard, Berry les endosse

Du nouveau dans le dossier des frontières maritimes...

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UN ARTICLE OU TOUT EST MYSTERE ET MYSTERE. MYSTERE CE QUE LE PRESIDENT AOUN A CHARGE L,AMBASSADRICE DES ETATS UNIS A TRANSMETTRE A L,ADMINISTRATION AMERICAINE... MYSTERE CE QUE SATTERFIELD A TRANSMIS AU PRESIDENT AOUN, AU PM HARIRI, AU PRESIDENT BERRY ET AU GENDRE... MYSTERE CE QUE CES QUATRE ONT DIT A SATTERFIELD... MAIS ON NOUS DIT QUE LE LIBAN N,A PAS FAIT DES CONCESSIONS DU TOUT... ALORS POURQUOI LA MEDIATION AMERICAINE A LA DEMANDE DU LIBAN ? LE TEMPS JOUE CONTRE NOUS. MESSIEURS LES INTERETS VITAUX DU PAYS AVANT TOUTE AUTRE CONSIDERATION IMPOSEE PAR LA MILICE !

Antoine Sabbagha

Peut-on sous la tension des guerres débuter les travaux de forage et n'est-il pas plus Logique de discuter en paix l'avenir de cette nouvelle richesse ?

TROLL & PSEUDONYMES

""M. Satterfield avait expliqué aux autorités libanaises que son pays est toujours attaché à ce plan mais qu’il reste prêt à mener une médiation avec Israël si le Liban dégage une position unifiée autour de cette question.""

Il est difficile de se faire une idée précise sur ce dossier. Derrière une unanimité de façade, chacun joue ""cavalier seul"" ?
Si je lis bien hier le "Décryptage" de Madame Haddad : ""que les sources proches de Baabda refusent de donner des détails sur les propositions présidentielles"", en quoi les nouvelles propositions (je ne connais aucune de ces ""plusieurs solutions"") de M. Bassil d’aujourd’hui, sont différentes de celles des autres Présidents (Présidence, Chambre, Conseil) ?
Reste la condition de Satterfield pour mener une médiation est claire : SI LE LIBAN DEGAGE UNE POSITION UNIFIEE AUTOUR DE CETTE QUESTION.

Pour le tracé maritime, on navigue à vue !

C.F.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UN DOSSIER EPINEUX ENTRAVANT... FAITES COMME LES PALESTINIENS. JOIGNEZ-VOUS AU GROUPE GRECE, CHYPRE, ISRAEL, EGYPTE ET PALESTINE POUR PROFITER DES HYDROCARBURES... CONCENTREZ-VOUS SUR LES FRONTIERES MARITIMES, REMETTEZ A PLUS TARD LES FRONTIERES DE CHEBAA, TLEL KFARCHOUBA ET HAGHAR MAIS NON CELLES DU LITTORAL... SINON... PAUVRE LIBAN, QUE D,ABRUTIS VOUS GOUVERNENT !

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

La délicate position du Liban aux rencontres de La Mecque

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants