Youssef Fenianos. Photo ANI
Le ministre des Travaux publics, Youssef Fenianos, a suspendu hier soir sa décision prise au début du mois courant d’interdire l’entrée dans les parkings de l’Aéroport international de Beyrouth aux taxis non affiliés à des syndicats pour y déposer ou récupérer les voyageurs. « La décision concernant l’entrée des taxis dans l’enceinte de l’aéroport Rafic Hariri est suspendue jusqu’à nouvel ordre », a affirmé M. Fenianos dans un communiqué publié par son bureau de presse, appelant « toutes les parties concernées » à se réunir lundi avec lui.
Cet infléchissement intervient notamment après les vives protestations de nombreux chauffeurs indépendants et une dénonciation judiciaire déposée en matinée par un avocat, Wadih Akl, auprès de la Cour des comptes, pour « violations financières, constitutionnelles et réglementaires à l’aéroport ».
Joint par L’Orient-Le Jour, Me Akl rappelle qu’« en 2016, l’ancien ministre des Travaux publics Ghazi Zeaïter a permis aux seuls taxis réunis sous le label “Taxis de l’aéroport” d’accéder à la voie qui conduit au hall d’arrivée des voyageurs, permettant toutefois à tous les autres taxis d’entrer au parking de l’aéroport et d’accéder à la voie menant à la porte de sortie ». « Or depuis le début du mois, M. Fenianos interdit cela à tous les taxis indépendants, qui se retrouvent ainsi forcés d’attendre à proximité du barrage de l’armée, en dehors de l’enceinte de l’aéroport. » Pour Me Akl, « cette mesure est une violation de la Constitution, dans le sens où elle réprime la liberté de circulation et entrave la libre concurrence ». L’avocat affirme en outre sur ce dernier point qu’« elle instaure un monopole en faveur d’une catégorie de personnes, alors que l’article 89 de la Constitution dispose que le monopole d’un service d’utilité publique ne peut être accordé qu’en vertu d’une loi ».
Lire aussi
À l’AIB en chantier, la désorganisation met à rude épreuve les nerfs des passagers
Raya el-Hassan promet de l’intransigeance face aux passe-droits à l’AIB
La sécurité de l’aéroport de Beyrouth, histoire d’un enchevêtrement de pouvoirs


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine