Exécutif

Conseil des ministres : dissonances dans la lutte contre la corruption

Le Conseil des ministres était supposé tenir aujourd’hui une deuxième réunion, mais consacrée seulement au plan de l’électricité. Photo Dalati et Nohra

Le Conseil des ministres réuni hier au Grand Sérail a avalisé l’ordre du jour presque dans son intégralité, en reportant le point litigieux qui aurait pu créer le plus de remous, à savoir la question de l’exonération des amendes fiscales accordée à certaines sociétés dans le cadre du nouveau budget. Cette exonération est contestée par le Hezbollah. C’est le Premier ministre Saad Hariri qui aurait pris l’initiative de demander le retrait de ce point de l’ordre du jour afin de lui accorder le temps qu’il faut pour en débattre lors de la prochaine séance du Conseil des ministres.

La polémique autour de l’exonération des amendes est un exemple des méfaits de la surexposition médiatique, dont le Premier ministre s’est dit mécontent à l’ouverture de la réunion hier, rapporte notre correspondante Hoda Chédid.

Si la tendance a été à l’évitement des clashs, le Premier ministre a jugé bon que l’ordre du jour ne soit pas divulgué avant son examen en Conseil des ministres, les litiges ayant plus de chances d’être contenus en restant à l’intérieur du cabinet, plutôt que de faire l’objet de débats contre-productifs dans les médias et sur les réseaux sociaux.

La décision la plus notoire de la réunion pour le moins ordinaire du gouvernement a été de lancer le second round d’attribution des licences d’exploration et de production du gaz offshore.

Le Liban avait signé, en février 2018, ses deux premiers contrats d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore avec le consortium Total-Eni-Novatek. A été en outre examinée la possibilité de relancer les concertations avec Chypre sur la délimitation des frontières maritimes, sans que cela n’implique une reconnaissance de l’accord conclu avec Israël sur ce point.

Le débat qui, en revanche, a failli attiser les tensions autour de la table ministérielle a porté sur un sujet censé être rassembleur, à savoir la lutte contre la corruption, telle que prévue par la Stratégie nationale de lutte contre la corruption dont le projet a été soumis par la ministre d’État pour le Développement administratif, May Chidiac. Bien que ce plan ait été le fruit de dix ans de travail auquel ont pris part les prédécesseurs de la ministre des Forces libanaises (FL), issus entre autres du Hezbollah et du courant du Futur, il a été sévèrement critiqué hier pour atteinte implicite à l’ensemble des politiques au pouvoir, ainsi qu’au pouvoir judiciaire ou encore au document d’entente nationale de Taëf.

Il a été convenu d’en confier l’examen à une commission ministérielle ad hoc présidée par le Premier ministre.

Voyages officiels

Le Conseil des ministres a décidé par ailleurs, au terme d’un long débat, de développer des zones industrielles avec un partenariat entre le secteur public et le secteur public, et d’aménager deux nouvelles zones à cette fin, l’une à Bsarma, l’autre à Taanayel. Critiqué pour avoir principalement consacré ses trois premières réunions pour avaliser des dépenses liées aux voyages officiels et accepter des dons, le Conseil des ministres a rassemblé en un seul point 25 voyages officiels qu’il a avalisés en même temps qu’« une dernière série de dons ».

Le ministre de l’Information Jamal Jarrah a expliqué quant à lui que les détails des dépenses de voyages et des dons sont communiqués aux ministres dans des documents annexes à l’ordre du jour avant la réunion du Conseil. Il a rejeté du reste les soupçons de dépenses injustifiées des deniers publics, dues aux voyages officiels. Il a expliqué s’être lui-même désisté d’un voyage à Moscou. Lors de la réunion, il a été question de limiter les dépenses de voyages, et certains ministres ont fait remarquer qu’ils notifiaient le cabinet de leur voyage officiel à titre indicatif, puisqu’ils en assument eux-mêmes les dépenses, comme s’est plu à le dire le ministre Élias Bou Saab. D’autres voyages à caractère officiel ne sont même pas évoqués en Conseil des ministres, comme la visite prévue du ministre de l’Agriculture Hassan Lakkis en Syrie.


Le Conseil des ministres réuni hier au Grand Sérail a avalisé l’ordre du jour presque dans son intégralité, en reportant le point litigieux qui aurait pu créer le plus de remous, à savoir la question de l’exonération des amendes fiscales accordée à certaines sociétés dans le cadre du nouveau budget. Cette exonération est contestée par le Hezbollah. C’est le Premier...

commentaires (2)

ON VEUT PRENDRE DU MENU POISSON... ET ON S,ELOIGNE DES GRANDS REQUINS DE LA GROTTE ALIBABIQUE ! ENTRE CAMARADES KILCHI MACHE...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

15 h 03, le 05 avril 2019

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Commentaires (2)

  • ON VEUT PRENDRE DU MENU POISSON... ET ON S,ELOIGNE DES GRANDS REQUINS DE LA GROTTE ALIBABIQUE ! ENTRE CAMARADES KILCHI MACHE...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    15 h 03, le 05 avril 2019

  • Le papier s'intitule "dissonances autour de la lutte contre la corruption" mais ce sujet est expédié en une ligne du reste totalement elliptique. Ainsi, on reste sur notre faim sans savoir en quoi le plan porte atteinte aux hommes au pouvoir et au système judiciaire et sans connaître les détails de ce fameux plan de lutte contre la corruption. Frustrant. Censure?

    Marionet

    09 h 00, le 05 avril 2019