Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

Juriste d’entreprise, pour allier le droit au monde des affaires

Photo archives OLJ

Faire des études de droit est une voie qui attire de nombreux jeunes Libanais. Pourtant, cela ne signifie pas qu’ils doivent nécessairement devenir avocats ou juges. D’autres carrières existent dans ce domaine, comme par exemple celle de juriste d’entreprise.

02/04/2019

En quoi consiste ce métier ? Quelles sont les compétences et les études requises pour être juriste d’entreprise ? Et quels en sont les avantages et les contraintes ? L’Orient-Le Jour a fait le point à ce sujet avec Norma Akoury Haddad, jeune Libanaise de 30 ans qui, après avoir obtenu sa licence en droit de l’Université Saint-Joseph en 2010, a entamé une carrière de juriste d’entreprise dans une société multinationale. Témoignage…

D’emblée, notre interlocutrice apporte un éclairage concret sur la nature même du métier de juriste d’entreprise. « Un juriste d’entreprise a pour mission principale d’assurer un soutien juridique à une société en veillant à ce que ses activités se passent dans le respect des législations locales et, de plus en plus, internationales. Il défend les intérêts de la société tout en la conseillant sur le monde des affaires. Concrètement, il rédige et négocie des contrats, participe aux réflexions, supervise les relations avec les autorités locales, assure un conseil juridique aux différentes fonctions et accompagne les opérationnels dans l’aspect légal de leur travail quotidien », précise-t-elle.

En interne, le juriste d’entreprise s’assure que la gouvernance de la société est respectée, que les conseils d’administration et les assemblées générales sont tenus et enregistrés à temps, que les nominations sont faites dans le respect de la loi et des statuts, etc. Il conseille la direction sur les questions de droit du travail, de la sécurité sociale, des assurances, afin que la gestion des ressources humaines soit elle aussi sans faille.

Partie intégrante de l’organisation

Un juriste d’entreprise fait partie intégrante de l’organisation, il est membre d’une équipe, celle de la compagnie où il travaille, ajoute Norma Akoury Haddad.

Il est impliqué, pour un projet donné, dans toutes les étapes, depuis la phase de brainstorming jusqu’à la phase qui suit sa mise en place. Lorsque l’entreprise décide de développer une nouvelle activité, le juriste est invité aux réunions de réflexion pour commenter les différentes options proposées et souligner les risques potentiels, note-t-elle.

Le juriste d’entreprise ne peut pas être avocat actif

Au Liban, le juriste d’entreprise, étant salarié, ne peut pas être avocat actif au barreau, précise Norma Haddad. Ainsi, pour toute action en justice, il coordonne avec un cabinet d’avocats externe qui représentera l’entreprise devant les tribunaux.

Contraintes et avantages du métier

Pour notre interlocutrice, « un juriste d’entreprise, qui doit savoir rester alerte, risque peu de tomber dans la routine ». « Il pourrait être sollicité à tout moment sur de nouveaux sujets, il doit donc faire l’effort de rester informé des évolutions de la législation », note-t-elle.

En général, le juriste d’entreprise « ne se spécialise pas dans un domaine précis mais est polyvalent ». « Il devient expert dans l’activité principale de la société où il travaille, mais de par son poste, il est amené à toucher aux droits financier, commercial, fiscal, administratif, aux droits du travail, de la concurrence, des contrats, de la propriété intellectuelle », explique Norma Haddad.

Les études universitaires nécessaires et conseillées

L’étudiant qui souhaite devenir juriste d’entreprise doit impérativement entreprendre des études de droit, et lorsqu’il a le choix de se spécialiser, opter pour une licence en droit privé plutôt qu’en droit public, explique la juriste d’entreprise professionnelle. Pour les choix de masters, il lui est conseillé de s’orienter vers des masters professionnels en droit qui permettent de mieux maîtriser le droit des entreprises et le droit commercial, ou même combiner une licence en droit avec un master en business ou économie.

Selon le contexte du pays, certains domaines peuvent être en pleine expansion, et il serait intéressant de s’y spécialiser : les énergies nouvelles, le domaine pétrolier, la « fintech », le droit des médias, etc. « Les universités, tant libanaises qu’étrangères, proposent un large choix de masters professionnels », précise en conclusion Norma Haddad.



Lire notre spécial Orientation professionnelle ici

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants