Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

Le secteur des assurances, une filière qui ne risque pas d’être frappée par la crise

Photo Michel Sayegh

02/04/2019

Le secteur de l’assurance ne connaît pas de crise et ne pourra jamais disparaître… Et pour cause : les risques sont partout et à tous les niveaux.

«  Il y a une très forte demande sur le marché tant au niveau des entreprises que des particuliers », souligne d’emblée Irma Majdalani, directrice de l’institut supérieur des sciences de l’assurance (ISSA) à l’Université Saint-Joseph. « Nous arrivons très difficilement à satisfaire cette demande, faute de jeunes diplômés compétents dans ce domaine  », relève-t-elle, déplorant le manque d’informations portant sur l’importance de ce métier dans les écoles.

Pour mieux sensibiliser les élèves à cette carrière, l’ISSA a lancé une stratégie d’information directe auprès des écoles en présentant des films, des vidéos, des cycles de conférences données par des professionnels du métier exerçant sur le terrain, ou par les professeurs eux-mêmes. «  Les élèves doivent comprendre aujourd’hui que l’assurance n’est pas un métier de courtier qui vise uniquement à vendre des contrats. Son champ d’action s’étend à différents domaines et de ce fait un bon assureur doit posséder certaines compétences pour bien réussir son métier », poursuit Irma Majdalani.

« Dans le souci de former des cadres compétents qui répondraient aux exigences du marché et à la demande croissante des entreprises, l’ISSA a mis en place un conseil consultatif formé d’une quinzaine de piliers du monde de l’assurance qui nous ont aidés à identifier la formation et les compétences que doit avoir tout étudiant intéressé par cette filière pour mieux répondre aux attentes de ce marché », souligne la directrice.

Que propose cette formation ?

- Une licence en 3 ou 6 ans. Les cours sont assurés à un rythme semestriel (deux semestres par an) sur base du système de crédits ECTS. L’étudiant peut s’inscrire à un certain nombre de crédits qui peut varier suivant ses contraintes, à condition que ses études ne s’étalent pas sur plus de six années.

- Une possibilité pour les étudiants qui travaillent de suivre cette licence tout en continuant à exercer une profession le matin, grâce aux horaires compris entre 15h et 20h.

- Une possibilité pour les étudiants détenteurs d’un baccalauréat technique, portant sur la formation en gestion ou comptabilité, de suivre également cette licence.

- Une formation continue qui va permettre aux jeunes qui exercent ce métier un peu par accident sans avoir suivi au préalable la formation requise de base de consolider leurs compétences et de combler leurs lacunes.

- Un master en sciences de l’assurance (entre 2 et 4 ans) ouvert à tout étudiant détenteur d’une licence en gestion, en sciences économiques, en droit ou dans une autre spécialisation du même domaine.

Cette licence en assurances offre des notions théoriques qui s’appuient sur des connaissances techniques (risk management, assurance-auto, assurance médicale, vols, assurance de responsabilité…) ainsi que sur des notions fondamentales de base (mathématiques, statistiques, probabilités), et des notions juridiques et de droit civil.

Compétences requises

«  Avoir un diplôme en assurances, c’est être un gestionnaire du risque, qui doit faire preuve de méthode et de psychologie avec un réel esprit d’initiative pour pouvoir bien analyser les besoins de ses clients, explique Irma Majdalani. Il faut posséder de solides compétences juridiques pour l’établissement des contrats et la gestion des procédures d’indemnisation et des contentieux. Il faut faire preuve aussi d’une grande rigueur scientifique pour bien chiffrer les risques et évaluer leur probabilité, ainsi que le coût que cela représenterait pour la société d’assurances. Il faut par ailleurs être capable de maîtriser les outils informatiques et connaître au moins deux langues.  »

Les débouchés possibles

Il y a un marché très demandeur dans ce secteur et à tous les niveaux, car toute grande entreprise possède aujourd’hui, dans le cadre de sa structure interne, un département d’assurance qui va gérer les risques et les accidents.  «  Parallèlement donc aux débouchés dans les compagnies d’assurances ou les maisons de courtage (insurance brokers), les jeunes diplômés pourront travailler au sein de grandes entreprises, telles que les banques, les institutions financières, les bureaux d’ingénieurs, les hôpitaux, les bureaux d’études et de conseil et même les universités, ou alors ouvrir leurs propres sociétés et gérer le portefeuille de leurs clients  », poursuit la directrice.

« Et comme avec toute nouvelle évolution technologique, il y a de nouveaux risques qui nécessiteront de nouvelles assurances, ce métier ne connaîtra ni le chômage ni les crises, mais devra certainement évoluer, et nous veillons à l’accompagnement de cette évolution », conclut Irma Majdalani.



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