Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

La communication santé ouvre la voie à un emploi dans les organisations internationales

Organiser des campagnes pour sensibiliser la population aux problèmes de santé. Photo DR

02/04/2019

La carrière de responsable de la communication santé peut ouvrir la voie à un large éventail de débouchés intéressants, notamment auprès des organisations internationales et des établissements médicaux. Elle nécessite de maîtriser les différents outils de communication et d’avoir dans le même temps des connaissances dans le domaine de la santé publique.

La nature du travail

Le responsable de la communication santé doit avoir une double expertise : d’une part en communication, relevant des technologies numériques et du monde des médias écrits et audiovisuels ; et d’autre part en santé publique, couvrant entre autres les sciences comportementales et la psychologie.

Le rôle du responsable de la communication santé est de communiquer à une population cible un contenu lié à la santé publique. À cette fin, « il développera et diffusera des activités de communication, utilisant différents canaux, tels que la communication personnelle ou les médias numériques, audiovisuels et imprimés, dans le but de promouvoir la santé au niveau de divers segments de la population », explique Mayada Kanj, enseignante en communication santé au département de la promotion de la santé et de la santé communautaire à la faculté des sciences de la santé de l’Université américaine de Beyrouth (AUB).

Le responsable de la communication santé se charge également de l’évaluation des outils de communication qu’il a utilisés, ainsi que des activités et des campagnes de sensibilisation entreprises. En outre, il effectue des visites sur le terrain afin de collecter des informations en matière de santé. Cela lui permettra d’analyser une situation donnée et d’évaluer les besoins d’une communauté. Les informations ainsi recueillies permettront d’organiser une campagne d’information adéquate.

Par ailleurs, le responsable de la communication santé travaille en coordination avec une équipe de communication pour mettre en œuvre toutes les activités médiatiques nécessaires et atteindre ainsi les objectifs fixés, note Mayada Kanj. Il collabore avec le chef de l’unité de communication pour la mise en œuvre de stratégies de communication et pour la gestion de plateformes de communication en ligne ou l’élaboration de publications. En parallèle, il collabore avec les différents départements impliqués dans l’exécution d’une campagne d’information, notamment pour la conception graphique et la production audiovisuelle.

Les tâches à accomplir

Le responsable de la communication santé effectue plusieurs tâches qui varient selon le projet. Il aidera entre autres à gérer la production en matière de communication, ainsi que les médias sociaux utilisés. De plus, il surveillera les performances des plateformes de médias sociaux à l’aide d’outils tels que Google Analytics. Il coordonnera en outre les relations avec les médias et développera des matériels d’information et des contenus qui leur sont destinés. Enfin, il se charge de la supervision de la communication et du travail des médias pour atteindre le public cible.

Les aptitudes et les compétences requises

Afin d’exercer la profession de responsable de la communication santé, il faut s’intéresser tout d’abord au domaine de la santé publique et avoir le souci d’améliorer la situation de sa collectivité sur ce plan à travers la communication. Il faut pouvoir également générer des pensées innovantes en matière de santé publique.

Les difficultés et les défis

Les défis liés au métier varieront en fonction du contexte de l’emploi et des qualifications de la personne. À titre d’exemple, le responsable de la communication santé va devoir ajuster le contenu et utiliser les outils appropriés en fonction du public cible.

Par ailleurs, il doit toujours être informé des dernières tendances en matière de communication et des techniques récentes ainsi que des sujets de recherche en santé, indique Mayada Kanj.

Les débouchés

Le responsable de la communication santé peut travailler dans l’unité de communication des agences des Nations unies et des organisations internationales, telles que l’OMS, le CICR, le HCR, l’Unicef, le PNUD ou des ONG locales et internationales actives dans le domaine de la santé. « C’est une discipline de plus en plus demandée actuellement », indique Marco Bardus, professeur assistant et l’un des responsables de la mise en place du BA en communication santé au département de la promotion de la santé et de la santé communautaire à la faculté des sciences de la santé à l’AUB.

M. Bardus fait état dans ce cadre d’un intérêt croissant pour la promotion de la santé dans la région. À titre d’exemple, les institutions publiques des Émirats arabes unis, du Qatar et d’Oman se montrent plus concernées qu’auparavant par la santé de leur population. Il en est de même pour le Liban. M. Bardus indique qu’il existe aujourd’hui un besoin réel de personnes spécialisées dans la communication en matière de santé. Un besoin exprimé entre autres par les organisations internationales.

Par ailleurs, le responsable de la communication santé peut exercer sa profession dans le département de communication des hôpitaux et des centres médicaux, ou aussi au ministère de la Santé en tant que consultant. Il peut également être journaliste santé ou chargé de clientèle dans les agences de marketing et de publicité, précise Mayada Kanj, qui indique dans ce cadre que le salaire dépendra des qualifications de l’individu et du travail effectué. Il peut varier entre 1 000 et 1 500 dollars pour les débutants et atteindre 3 000 dollars après 2 à 3 années d’expérience.

De plus, le fait d’être actif dans ce domaine permet de travailler à temps partiel et à la pige, ce qui augmente les sources de revenus.

Comment devenir un responsable de la communication santé

Au Liban, la seule formation possible est à l’Université américaine de Beyrouth (AUB), à la faculté des sciences de la santé, au département de la promotion de la santé et de la santé communautaire. Celui-ci délivre un BA en communication santé qui accueille des candidats venant de toutes les filières.

Un BS à la NDU à la prochaine rentrée

Un BS en communication de la santé devrait être lancé à la Notre Dame University (NDU) à la prochaine rentrée universitaire en septembre.

« C’est un programme pluridisciplinaire, hybride qui demande des compétences liées à plusieurs domaines en même temps, comme son intitulé l’indique, à savoir les sciences de la santé et les talents de la communication », explique Doris Jaalouk, professeure à la NDU.

Les conditions d’admission sont simples : avoir son baccalauréat 2e partie, avoir réussi à l’examen d’anglais comme le Toefl et au test d’aptitude générale pour l’entrée à l’université. Le candidat peut tout aussi bien venir d’un background scientifique ou littéraire.

Quand on parle de communication, on veut évoquer non seulement le journalisme, qu’il soit écrit ou audiovisuel, mais aussi les médias moins traditionnels tels que les réseaux sociaux, les blogs spécialisés ou autres. Le Liban manque cruellement de compétences dans ce domaine. On trouve des journalistes politiques, environnementaux, sportifs, etc. Mais ceux relatifs à la santé sont rares.

Ces études permettent ainsi de combiner plusieurs spécialisations en une seule, permettant au futur journaliste d’avoir la formation adéquate et le bagage nécessaire pour mieux comprendre le domaine de la santé d’une part, et savoir bien transmettre les informations au grand public, mais aussi aux spécialistes d’autre part.

Les matières enseignées portent aussi bien sur les relations publiques, le marketing et la publicité, la communication, le journalisme traditionnel et numérique, les enquêtes de terrain, sans compter les matières scientifiques, comme la pathologie, la santé publique, la nutrition, l’épidémiologie et les techniques de recherche. Le cursus s’étend sur 3 ans comme toutes les licences et propose une partie théorique et une autre pratique, renforcées par un travail de laboratoire, de recherche et autres.


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