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Liban

Bassil veut s’inspirer de la ligne dure des pays de l’Est envers les réfugiés

Diplomatie
OLJ
28/03/2019

Le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil a salué hier à Prague la ligne dure adoptée par les pays d’Europe centrale et de l’Est envers l’accueil des réfugiés sur leur sol, la qualifiant d’« inspiration » pour le Liban.

M. Bassil, qui s’est rendu en République tchèque après une visite de deux jours en Russie aux côtés du chef de l’État Michel Aoun, a exprimé sa compréhension pour la décision de la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie de rejeter les quotas de répartition proposés par l’UE à la suite de la crise migratoire de 2015-2016, à l’origine de l’afflux de plus d’un million de migrants en Europe.

Plusieurs dirigeants populistes des pays d’Europe centrale et de l’Est, dont le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le chef du parti PiS polonais Jaroslaw Kaczynski et le président tchèque Milos Zeman, ont vivement dénoncé la politique d’accueil des réfugiés syriens et autres migrants adoptée par la chancelière allemande Angela Merkel au plus fort de la crise.

Ces pays ont « agi en faveur de leur intérêt national et ont décidé que la répartition des réfugiés au sein de l’Europe n’était pas dans leur intérêt national, en dépit des sanctions imposées par l’UE », a déclaré M. Bassil, devant la presse à Prague.

« Cette attitude devrait servir d’inspiration pour le Liban, car chaque État doit faire de ses intérêts nationaux sa première priorité. En ce moment, le principal intérêt national du Liban est le retour des déplacés syriens dans leur pays d’origine », a-t-il ajouté, dans une conférence de presse conjointe avec son homologue tchèque Tomáš Petříček, à l’issue de leur entretien, focalisé sur le dossier des réfugiés, les relations bilatérales et les échanges économiques entre les deux pays.

« Prague soutient le retour sécurisé des réfugiés syriens. Nous offrons chaque année 12 millions de dollars d’aides aux réfugiés », a déclaré de son côté M. Petříček. « Nous sommes d’accord avec le Liban sur le fait qu’il faut arriver à une solution politique (en Syrie). Le règlement de la crise des réfugiés passe par leur retour et la reconstruction de leur pays, et ils ne peuvent rester plus longtemps au Liban », a ajouté le chef de la diplomatie tchèque.

Le chef de la diplomatie s’est par ailleurs entretenu avec le Premier ministre tchèque Andrej Babiš en présence du ministre d’État pour le Commerce extérieur Hassan Mrad. « Nous sommes convaincus de la nécessité de dialoguer avec le gouvernement syrien », a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre, exprimant sa tristesse « face à l’échec de l’Europe à formuler une position unifiée face au conflit syrien et à jouer un rôle efficace ».

M. Bassil s’est dit prêt à « participer aux discussions pour trouver des solutions », tout en espérant une coopération entre la Russie, les États-Unis, l’Europe et les pays de la région concernés par le conflit.

Il a en outre évoqué la présence d’un plan de coopération entre le Liban, la Russie et la Syrie au sujet des réfugiés syriens. « La République tchèque peut se joindre à cette coopération, a-t-il lancé. Ce plan a besoin d’une aide au développement. Voilà pourquoi nous essayons de convaincre les États-Unis et l’Union européenne de nous aider. Tout projet, aussi minime soit-il, donne un espoir pour le retour des déplacés s’il est mis en œuvre avec succès à l’intérieur de la Syrie », a ajouté Gebran Bassil.

MM. Bassil et Babiš ont en outre évoqué la possibilité de tenir une conférence à Prague pour tenter de trouver des solutions au conflit syrien et à la question des réfugiés.

Le ministre des Affaires étrangères s’est par ailleurs dit « étonné que les déplacés reçoivent des aides internationales dans les pays d’accueil alors qu’ils sont privés de cette aide une fois rentrés dans leur pays ». « Les déplacés ne peuvent pas rester au Liban, il est incapable de leur assurer une vie digne. Ils vont donc chercher à aller ailleurs. L’Europe sera leur première destination pour tenter de trouver du travail », a-t-il souligné.

Sur un autre plan, le chef de la diplomatie a salué « la décision courageuse » de la République tchèque qui a gardé son ambassade ouverte à Damas depuis le début de la guerre, « malgré les pressions et les menaces de sanctions ».

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DIVAGUER N,EST PAS DE LA POLITIQUE !

gaby sioufi

OLJ, vous me decevez la !
jibran s'inspire de ces petites gens dites vous ? Non mais, non mais !
C tout le contraire, il a ete invite chez eux pour justement les conseiller vu la reussite flagrante enregistree par le Nouveau Liban a ce propos.

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