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Liban

Aoun appelle les Libanais à « la résistance » pour « améliorer l’économie » nationale

Baabda

« Toute personne accusée de corruption devra obligatoirement se présenter devant la justice », lance le chef de l’État.

OLJ
19/03/2019

Le président de la République Michel Aoun a appelé hier les Libanais à « la résistance pour améliorer l’économie » nationale, en achetant notamment des produits locaux et en se livrant à du tourisme interne.

Lors d’une cérémonie organisée à Baabda pour le lancement de la « campagne nationale pour la relance de l’économie libanaise », le chef de l’État a estimé que « le Liban vivait aujourd’hui une accumulation de crise, et non une seule crise », rappelant qu’il avait promis, il y a un an, de résoudre trois grands dossiers, à savoir la crise économique, la crise des réfugiés syriens et la corruption. « Ces trois dossiers se complètent pour relancer l’économie libanaise », a-t-il dit.

Et Michel Aoun d’expliquer que cette accumulation de crises est due à une multitude de raisons : « D’abord, la crise économique internationale qui, si nous en avons un peu profité au début, nous a impactés négativement ; ensuite, les circonstances qui ont conduit à la fermeture (face à notre marché) des portes du Moyen-Orient de sorte que nous ne sommes plus entourés que par le fer et le feu au Nord comme à l’Est, sans compter la présence d’Israël au Sud et le fait que tout ce que nous voulons exporter vers les pays arabes devient coûteux pour nous ; et enfin le lourd héritage d’une politique d’économie de rente depuis plusieurs années, ce qui a bloqué la croissance intérieure au niveau de l’agriculture et de l’industrie, si bien que nous sommes devenus un marché de consommation plutôt que de production. »

« Certes, il nous est difficile de remonter au sommet lorsque nous nous trouvons au creux de la vague. Mais nous savons comment remonter la pente et nous le ferons », a-t-il souligné.

L’éradication du terrorisme

Le président de la République a ensuite indiqué que le Liban œuvre à résoudre les trois dossiers simultanément. « Nous avons mis en place un plan économique pour parachever l’infrastructure de l’État nécessaire à la croissance économique. Nous avons préparé le terrain pour ce plan à travers la mise en échec du terrorisme au Liban et l’opération de nettoyage des cellules dormantes. Comme vous le savez, nous n’avons été victimes, heureusement, d’aucun attentat terroriste », a-t-il dit.

« S’agissant de la criminalité au Liban, aucun crime ne se produit sans que les auteurs ne soient capturés dans les quarante-huit heures », a-t-il poursuivi, félicitant les forces de l’ordre pour leur travail.

Le « problème » des réfugiés syriens

Le chef de l’État a ensuite soulevé la question de la présence des réfugiés syriens, « un problème qui crée des dissensions » et a causé une « augmentation du taux de chômage et du niveau de criminalité de 30 % », si bien que « nos prisons sont bondées ». Selon lui, les réfugiés ont également « causé des problèmes sur le plan social et au niveau de l’infrastructure, et ont infligé des dommages au secteur commercial, à travers leurs échoppes ». « Les Libanais paient leurs impôts, alors qu’eux ne le font pas », a-t-il souligné, affirmant que « les déplacés constituent un élément négatif pour notre économie, qui porte atteinte aux intérêts de nos travailleurs et de nos petits commerçants ».


(Lire aussi : « Il faut protéger le programme gouvernemental de croissance économique », insiste le bloc du Futur)


Le fléau de la corruption

Évoquant enfin le dossier de la corruption, « qui fait le plus de mal au Liban », le président de la République a estimé que « s’il fait le bonheur des corrompus et des corrupteurs », ce fléau fait en revanche « le malheur de ceux qui paient les impôts et qui ne reçoivent pas les services qu’ils méritent de la part de l’État ».

« Le combat contre la corruption a été lancé. J’en ai prêté le serment et, d’ici au début du ramadan (début mai, NDLR), nous aurons résolu une grande partie de ce problème », a-t-il affirmé. « Nous entendons des objections, mais personne ne bénéficiera d’immunité dans le cadre de la lutte contre la corruption. Cela, tout le monde doit le savoir », a-t-il noté.

Après avoir rappelé qu’il avait lui-même été poursuivi en justice, durant ses années d’exil, avant d’être innocenté devant les tribunaux à son retour au Liban en 2005, Michel Aoun a affirmé que « toute personne accusée de corruption devra obligatoirement se présenter devant la justice, faute de quoi nous serons face à un problème grave ».

L’appel à « la résistance »

« Le peuple libanais doit devenir un peuple résistant. La résistance ne vise pas toujours à obtenir la liberté, la souveraineté et l’indépendance (…). Nous devons résister aujourd’hui en vue d’améliorer notre économie. Nous avons une nouvelle production que nous devons écouler. Nous ne pouvons pas continuer à tout importer de l’extérieur, faute de quoi nous augmentons le déficit de la balance de paiement », a affirmé le président de la République.

« Le Liban se caractérise par son secteur touristique, qui va lui permettre d’obtenir un rendement élevé, du fait de la stabilité économique dont il jouit. Il n’est pas nécessaire que les Libanais dépensent leur argent sur le tourisme à l’étranger. Il leur est demandé de faire l’impasse une fois sur le tourisme à l’étranger pour faire baisser le déficit financier et assurer à ce secteur une forte immunité », a-t-il poursuivi.

« Tel est le peuple résistant, celui qui achète sa production, mange des fruits de sa terre et ne se livre pas à un marché clandestin des légumes de l’extérieur vers les marchés libanais sous le prétexte que les prix y sont moins élevés. Il est connu que notre production agricole et artisanale est l’une des meilleures du monde. Mes propres habits sont confectionnés par des couturiers libanais. Mes meubles aussi proviennent de Baalbeck », a-t-il ajouté.



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gaby sioufi

CE QUE M AOUN A VOULU DIRE , LE MESSAGE QU'IL A VOULU FAIRE PARVENIR EST EN FAIT SIMPLE :
MORDEZ VOUS LES DOIGTS EN ATTENDANT UN MIRACLE.
POUR SES PARTISANS IL DIT : APPUYEZ MOI COMME VOUS L'AVIEZ FAIT DURANT LES 3 ANNEES GLORIEUSES.

Georges MELKI

"Le président de la République Michel Aoun a appelé hier les Libanais à « la résistance pour améliorer l’économie » nationale, en achetant notamment des produits locaux et en se livrant à du tourisme interne."
LOL! Il n'y a même plus d'ail libanais! On ne trouve plus que ce produit infect importé de ....CHINE, sans saveur et même sans odeur!

Irene Said

Ouauuuuh...!...on se frotte les yeux...on relit, pour être certains...oui...!...c'est écrit noir sur blanc...et prononcé par notre chef de l'Etat Libanais !

Notre beau pays où coulaient jadis le lait et le miel...est devenu celui où coulent des eaux polluées, et le miel est remplacé par les déchets et la saleté partout.

Beaucoup de "produits locaux": fruits, légumes etc. sont inutilisables à cause de la pollution ambiante, et des fabricants corrompus.

"le tourisme interne" est facilité grâce à des routes en parfait état.

On est appelé "..."résister" héroïquement, même si on a plus de quoi vivre, ni même un costume "made in Lebanon" à porter, mais de vieux vêtements déchirés...n'ayant plus de sous pour en acheter de nouveaux.

"...mais nous savons comment remonter la pente, et nous le ferons..."

Puisque vous "savez le faire", Monsieur Michel Aoun, pourquoi ne pas l'avoir fait dès le 31 octobre 2016 ???
Irène Saïd


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