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Droits de l’homme

Employée de maison « à vendre » sur Facebook : la patronne interrogée au ministère du Travail

Une affaire a récemment ému les réseaux sociaux : une femme, M. Ch., a déclaré sur son compte Facebook qu’elle avait « une bonne à vendre », en référence à son employée de maison étrangère dont elle a décidé de se séparer. Suite au tollé causé par ce message, le ministre du Travail Camille Abou Sleiman s’est saisi de l’affaire, considérant selon un communiqué de son bureau ce comportement comme « un nouvel esclavage totalement inacceptable ».

Aussitôt, l’appareil de contrôle du ministère a appréhendé la dame en question, qui a été convoquée hier au ministère avec son employée de maison. Interrogée sur son geste, M. Ch. a assuré qu’il s’agissait « d’un moment de précipitation où elle a employé les mauvais termes sur son compte Facebook », soulignant qu’elle a « effacé son message dès qu’elle s’est aperçue de son erreur ». Toujours selon le communiqué du ministère, elle a présenté ses excuses et déclaré se soumettre aux lois en vigueur, s’engageant à ne plus recommencer et à publier des excuses sur sa page.

Du côté du ministère, on a fait comprendre à l’internaute mal inspirée qu’elle avait commis un délit pénal et humanitaire et qu’elle ne devrait pas récidiver « sous peine d’être placée sur une liste noire et de ne plus être en mesure d’employer une autre personne à l’avenir ». L’employée de maison étrangère a également été interrogée par l’intermédiaire d’une de ses compatriotes, qui était en mesure de traduire ses propos. Selon le communiqué, celle-ci n’a pas dénoncé de mauvais traitements, se contentant de préciser qu’elle avait du mal à traiter avec un enfant malade à la maison.

À ce propos, selon le texte, le ministre Abou Sleiman devrait bientôt annoncer une série de mesures visant à améliorer les conditions de travail des employées de maison, suite à des réunions avec des associations et des organisations internationales concernées. Il envisagerait ainsi des modifications du système actuellement en vigueur de manière à mettre en place des garde-fous qui protégeraient ces employées étrangères.

Rappelons que les employées de maison ne sont pas soumises au code du travail, mais à un système séparé de tutelle exercée par leur employeur. Elles n’ont pas de véritable filet de sécurité en cas de mauvais traitements ou de paiements irréguliers. Le Liban est régulièrement épinglé sur des sujets ayant trait à ce système de tutelle imposé aux employées de maison étrangères. Mais au-delà du système, il y a toute une mentalité à réformer : qu’est-ce qui peut justifier qu’une personne, même sous l’effet de la « précipitation » et de « l’inattention », emploie le verbe « vendre » en parlant d’un être humain ?


Une affaire a récemment ému les réseaux sociaux : une femme, M. Ch., a déclaré sur son compte Facebook qu’elle avait « une bonne à vendre », en référence à son employée de maison étrangère dont elle a décidé de se séparer. Suite au tollé causé par ce message, le ministre du Travail Camille Abou Sleiman s’est saisi de l’affaire, considérant selon un...

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