X

Diaspora

Quand Naji Abi Assi décrypte les années 90...

Associations
Naji FARAH | OLJ
18/02/2019

Renouant avec sa tradition, l’association RJLiban a organisé le 4 janvier dernier à Beyrouth un dîner-débat avec comme invité principal l’ancien ambassadeur du Liban à Paris, Naji Abi Assi. Une réunion similaire s’était déroulée il y a 25 ans à Paris, en 1994, alors que le club RJLiban était depuis dix ans en pleine action, organisant de nombreux événements visant à rapprocher la communauté libanaise et les amis français du Liban pour promouvoir, au plus fort de la guerre, le patrimoine culturel libanais.

Lors du dîner-débat, Habib Maaz, cofondateur de l’association, s’est déclaré « honoré d’avoir en 1994 présenté l’ambassadeur Abi Assi à Paris ». « Nous sommes fiers d’avoir eu un ambassadeur comme vous qui redonnait confiance dans notre pays, et effectivement deux ans plus tard, j’ai effectué avec ma famille le chemin du retour au Liban pour y ouvrir ma propre société, a-t-il poursuivi. Et comme vous le constatez, l’énergie de notre mouvement est toujours puissante. »

Prenant à son tour la parole, Naji Abi Assi a commencé son intervention en soulignant que, « malgré la famine qui a été terrible en 1914 et la grande vague d’émigration qui s’en est suivie, on sent qu’il y a dans chaque Libanais de France, des États-Unis, des pays du Golfe, etc. un lien avec la mère patrie. Il n’y a pas de doute que l’engagement est en train de diminuer chez la nouvelle génération, mais il y a encore assez de foi, de dynamisme et d’amour pour la patrie et pour ses valeurs communes ».

L’ambassadeur a soulevé les circonstances difficiles que traverse le Liban, affirmant que « les espoirs vont et viennent ». Revenant à cette période des années 90, quand tous les espoirs de paix régionale étaient permis avant l’assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, M. Abi Assi avait alors eu vent de projets grandioses qui auraient profité au Liban, et au Sud en particulier, comme un Club Med ou des casinos ; des projets qui étaient ensuite tombés à l’eau. « Des hauts et des bas, il y en a, mais il ne faut pas perdre espoir, a-t-il dit. Il faut garder la foi, car la situation n’est certes pas facile, mais elle n’est pas pour autant désespérée. »

Abordant le sujet des grandes manœuvres régionales, l’ambassadeur a souligné qu’« aujourd’hui, la Russie est plus proche de l’Occident que de la Chine, dont la montée en puissance est impressionnante ». Il a évoqué le nouveau livre qu’il est en train d’écrire sur « les guerres du Liban, la part du complot, la part des erreurs ». « Il y a bien sûr eu des complots, mais il y a eu beaucoup plus d’erreurs d’analyse et de décision », a-t-il dit. Il a souligné enfin, sur un ton optimiste, le côté positif du caractère individualiste des Libanais : « Il suffit que chacun d’entre nous achète un petit terrain dans le pays ou accorde une bourse d’étude pour qu’il ait contribué ainsi au redressement du Liban. »

Cette page est réalisée en collaboration avec l’Association RJLiban. E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

À la une

Retour au dossier "Diaspora"

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants