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Les mines et les tunnels de l'EI ralentissent l'offensive arabo-kurde en Syrie

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Donald Trump a promis "dans les 24 heures" des annonces sur la fin du "califat" auto-proclamé, alors que les jihadistes ne tiennent plus qu'une parcelle d'un kilomètre carré dans la province de Deir ez-Zor.



OLJ/AFP
15/02/2019

L'alliance arabo-kurde en Syrie a mené vendredi des opérations de déminage et tenté de repérer les tunnels qui ralentissent sa progression dans le dernier réduit du groupe Etat islamique (EI), défendu par des centaines de jihadistes jusqu'au-boutistes.

Le président américain Donald Trump a promis "dans les 24 heures" des annonces sur la fin du "califat" auto-proclamé, alors que les jihadistes ne tiennent plus qu'une parcelle d'un kilomètre carré dans la province de Deir ez-Zor, dans l'est du pays, tout près de la frontière irakienne.

L'organisation ultra-radicale avait conquis en 2014 de vastes pans de territoires et des grandes villes en Syrie et en Irak, sur une superficie comparable à un pays comme le Royaume-Uni. Mais, du "califat", il ne reste aujourd'hui que quelques centaines de jihadistes retranchés dans des tunnels dans un quartier du village de Baghouz, d'où ils lancent des attaques kamikazes.

"Le nombre élevé de mines enfouies et les tunnels creusés empêchent les Forces démocratiques syriennes (FDS, l'alliance arabo-kurde) de prendre le contrôle total" du réduit jihadiste, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui rapporte des opérations de déminage.

Un porte-parole des FDS, Adnane Afrine, a précisé à l'AFP que les affrontements se poursuivaient. "Les combattants de l'EI refusent de se rendre", a-t-il ajouté. Dans les territoires reconquis par les FDS -appuyées par la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis-, les jihadistes ont activé leurs "cellules" dormantes et des "tentatives d'assassinat" ont été rapportées, a-t-il encore assuré.



(Lire aussi : Dans l'est de la Syrie, fuir l'EI pour le dénuement et le froid)


 

"Annonces formidables"
M. Trump, dont le pays dirige une coalition antijihadistes qui appuie les FDS, a affirmé qu'il y aurait "beaucoup d'annonces formidables en lien avec la Syrie et (...) l'éradication du califat".  "Cela sera annoncé dans les 24 heures", a ajouté devant les médias le président américain qui avait annoncé en décembre le retrait des quelque 2.000 militaires américains déployés en Syrie.

Cinq mois après le début de l'offensive des FDS contre le réduit jihadiste, le chef des artilleurs français les appuyant en Syrie a affirmé que la victoire aurait pu être obtenue plus vite si les Occidentaux avaient engagé des troupes au sol. Mille combattants aguerris auraient suffi à "régler en quelques semaines le sort de la poche d'Hajine (près de Baghouz) et (à) épargner à la population plusieurs mois de guerre", a indiqué le colonel François-Régis Legrier dans un article de la Revue Défense nationale.

Depuis décembre, près de 40.000 personnes, principalement des familles de jihadistes, ont fui le dernier bastion de l'EI, selon l'OSDH. Parmi elles, figurent environ 3.800 combattants de l'EI, d'après la même source. Lorsqu'ils arrivent aux barrages des FDS, hommes et femmes sont soumis à des fouilles et des interrogatoires poussés, qui ont pour objectif d'identifier de potentiels jihadistes parmi la foule. Tous font le récit d'un périple éreintant et dangereux, au cours duquel ils ont tenté d'échapper aux tireurs embusqués de l'EI mais aussi d'éviter les mines. Vêtues d'un niqab noir couvert de poussière, les femmes ploient sous le poids de leurs enfants en bas-âge et des sacs et valises emportés à la hâte.

"Certains d'entre eux n'ont pas vu d'aliment frais depuis des semaines (...) J'ai entendu des récits de personnes qui faisaient un genre de soupe avec de l'herbe pour survivre", confie à l'AFP Jean-Nicolas Paquet-Rouleau, directeur adjoint du Comité international de la Croix-Rouge en Syrie.


(Lire aussi : Dans la localité syrienne de Hajine, les vestiges du "califat")



Étrangers de l'EI
Ces derniers jours, les équipes de l'AFP ont pu constater le nombre élevé d'étrangers parmi les déplacés: des Français, mais aussi des Allemands, des Russes, des Ukrainiens et, surtout, beaucoup d'Irakiens. "On n'a pas de chiffres exacts (...) mais on peut dire que le nombre (d'étrangers) augmente surtout pour les femmes et les enfants", a indiqué à l'AFP Abdel Karim Omar, chargé des Affaires étrangères au sein de l'administration semi-autonome kurde.

La question des étrangers est un véritable casse-tête pour les autorités kurdes, qui réclament leur rapatriement vers leurs pays d'origine. Mais les nations occidentales sont réticentes à accueillir d'éventuels jihadistes.

Les hommes accusés d'appartenir à l'EI sont envoyés vers des centres de détention, où ils sont interrogés. Les civils, dont de très nombreuses épouses et enfants de jihadistes, sont eux transférés vers des camps de déplacés dans le nord de la Syrie. Leurs conditions de vie sont très précaires. Avant de pouvoir rejoindre les camps, ils doivent parfois dormir plusieurs nuits dehors dans des plaines arides.

Face à la fuite de ces milliers de personnes, les autorités kurdes se retrouvent dépassées. "Malheureusement, les agences d'aides internationales, la communauté internationale et même la coalition ne prennent pas leurs responsabilités en ce qui concerne ces déplacés", déplore Abdel Karim Omar. "Ce qu'ils fournissent ne couvre même pas 5% des besoins", accuse-t-il.

La bataille anti-EI représente aujourd'hui le principal front de la guerre en Syrie qui a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés depuis 2011.

Sur un autre front, neuf civils, dont six enfants, ont été tués dans des tirs d'artillerie du régime à Khan Cheikhoun, dans la province d'Idleb (nord-ouest), dans un secteur tenu par un groupe jihadiste dominé par l'ex-branche d'el-Qaëda, selon l'OSDH.
Le régime de Bachar el-Assad, aidé par ses alliés russe et iranien, contrôle désormais près des deux tiers du pays, après avoir enchaîné les victoires face aux rebelles et jihadistes.






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