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Économie

Le port de Tripoli se prépare à une nouvelle phase de travaux

Infrastructures

Le chantier doit permettre de compléter les installations actuelles, en attendant les phases d’extension à venir.

13/02/2019

Le port de Tripoli, le deuxième plus important du Liban derrière celui de Beyrouth, devrait sauf surprise être en travaux cette année.

Le Parlement avait débloqué le dossier en approuvant, le 12 novembre dernier, un prêt de 86 millions de dollars accordé par la Banque islamique de développement (BID) et qui est souscrit par le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) pour le compte de l’État libanais. À la fin du même mois, le CDR avait annoncé le lancement de la phase de préqualification pour l’attribution de ce marché public devant être cofinancé par l’État.

La date limite pour cette phase, qui était initialement fixée à hier, a enfin été repoussée d’un mois par le CDR à la demande de la BID et pour des motifs purement administratifs. « Cela ne devrait toutefois pas avoir d’impact sur le calendrier du chantier, qui devrait démarrer cet été », a indiqué à L’Orient-Le Jour le président du CDR, Nabil Jisr. Même son de cloche du côté de Gulftainer, la société libanaise filiale du groupe émirati du même nom qui opère le terminal conteneur et qui affirme que le cahier des charges sera en principe publié le 19 avril.


(Pour mémoire : Les revenus du port de Beyrouth stagnent à fin novembre, ceux de Tripoli baissent)


Scanner pour camion
Le développement du port de Tripoli s’est accéléré ces dernières années avec, tour à tour, l’inauguration d’un terminal conteneur de 600 m de long fin 2015 puis, en juillet 2017, de deux portiques de manutention (des grues « géantes » ) pouvant intervenir sur tous les types de bâtiments, entre autres travaux. « Avant, le port ne pouvait pas accueillir de porte-conteneurs et devait se contenter des autres types de cargos et des rouliers (navires conçus pour transporter des véhicules terrestres) », rappelle le président de Gulftainer au Liban, Antoine E. Amatouri. « Aujourd’hui, nous tournons à environ 2 000 conteneurs par semaine acheminés par les transporteurs CMA CGM (voir par ailleurs) et Hapag Lloyd, sans compter les services de Feeder-boats (NDLR : navires collecteurs) », ajoute-t-il.

Selon l’annonce du CDR, les travaux programmés doivent permettre de compléter les installations actuelles. Outre le développement du réseau électrique, avec notamment l’installation d’un relais, et la construction de bâtiments, le chantier prévoit également la mise en place d’un système informatique centralisé ou encore l’acquisition d’un scanner pour camions.

Le transport de marchandises par conteneur représente l’enjeu majeur du développement de la zone portuaire du port de Tripoli, qui est encore très loin de pouvoir rivaliser avec Beyrouth.

Il reste que la zone portuaire de Tripoli-Mina, qui s’étend sur 3 km² majoritairement inexploités, a le potentiel pour pouvoir concurrencer celle de la capitale, dont les 1,2 km² d’espaces de stockage et d’équipements sont enclavés en pleine zone urbaine. Or, pour l’heure, le terminal conteneur opéré par Gulftainer occupe moins de 100 000 m² de la superficie totale du port, pour une capacité maximale de 300 000 conteneurs équivalent vingt pieds (EVP, unité standard de mesure) par an. Les deux phases d’extension prévues doivent pousser cette capacité à 1,35 000 000 d’EVP par an.

Une partie de ces travaux d’extension figurent d’ailleurs dans la troisième phase du plan d’investissement dans les infrastructures du pays préparé par le gouvernement et dont la première partie a été présentée lors de la Conférence de Paris (dite CEDRE), en avril dernier. Les dirigeants du port de Tripoli misent enfin sur une normalisation de la situation en Syrie, déchirée par un conflit depuis 2011, pour doper l’activité du terminal.

Ces derniers ont, à plusieurs reprises, accusé ces dernières années la Direction des douanes de chercher à favoriser le port de Beyrouth. Une défiance qui est toujours d’actualité : hier, des employés du port de Tripoli ont manifesté devant l’entrée de la zone pour protester contre une décision obligeant les camions acheminés par rouliers à dédouaner leurs marchandises dans la capitale. Une mesure que les douanes avaient déjà tenté de faire passer en 2017, avant de devoir reculer.



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