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Économie

L’activité du port de Tripoli va quadrupler à partir d’août

Transport

La direction du terminal conteneurs mise sur le déblocage de la frontière syro-jordanienne pour accélérer son développement à long terme.

19/07/2018

Août sera sans doute marqué d’une pierre blanche pour Gulftainer Lebanon, la société chargée de la gestion du terminal conteneurs du port de Tripoli, le deuxième port du pays après Beyrouth.
Selon son président, Antoine E. Amatouri, la filiale libanaise de l’opérateur portuaire émirati s’attend à voir l’activité dans le port quadrupler, passant d’une moyenne de 1 000 à 2 000 conteneurs équivalents 20 pieds (EVP, unité standard) par mois à environ de 8 000 dès le mois prochain.
Une hausse qui va être principalement liée, selon lui, à la décision de CMA CGM de renforcer sa présence dans ce port, en l’intégrant dans son offre de services reliant l’Europe du Nord à l’Asie du Sud-Est (SEANE) à partir du 16 août. Le transporteur n’a pas encore communiqué sur cette décision, qui a également été révélée lundi au site d’informations businessnews.com.lb par le directeur du port de Tripoli, Ahmad Tamer.
CMA CGM, qui s’est positionné à Tripoli à partir de 2016 et qui détient 20 % du capital de Gulftainer Lebanon, assure déjà une escale hebdomadaire depuis octobre dernier dans le port de la ville, qui fait partie des destinations desservies via son service Wemed reliant les pays de l’Est de la Méditerranée à ceux de l’Ouest.


(Pour mémoire : Fenianos prépare l’extension du terminal conteneurs de Tripoli)


Moyens porteurs
Gulftainer Lebanon espère que cette nouvelle étape dans le développement de l’activité du port va en appeler d’autres. « Le bassin du terminal conteneurs est actuellement capable d’accueillir des moyens porteurs d’environ 6 000 EVP », a indiqué pour sa part M. Amatouri, ajoutant qu’il était actuellement en négociation avec d’autres acteurs. Selon une source proche du port, il s’agirait du danois Maersk (1er mondial) et du hambourgeois Hapag-Lloyd (5e). Le nom de Maersk avait déjà été évoqué par le passé par Gulftainer Lebanon, tandis que Hapag-Lloyd a fusionné en mai 2017 avec le koweïtien United Arab Shipping Company (UASC), qui avait déjà installé ses bureaux à Tripoli au moment de l’opération. Le terminal conteneurs est équipé depuis juillet 2017 de portiques de manutention capables d’intervenir sur la majorité des bâtiments. Gulftainer Lebanon prévoit également le démarrage d’un service de navires collecteurs (feeder ships en anglais) pour répartir les conteneurs entre les ports de Tripoli et Lattaquié, en Syrie.

L’opérateur libanais a enfin estimé que la perspective de la réouverture prochaine de la frontière syro-jordanienne allait renforcer l’attractivité du terminal conteneurs auprès des transporteurs mondiaux. Le 6 juillet, le régime syrien avait repris le contrôle du poste-frontière de Nassib au sud du pays aux rebelles qui l’occupaient depuis avril 2015. Ce nouvel épisode du conflit syrien qui a éclaté en 2011 doit en principe permettre le déblocage des voies d’exportations terrestres entre le Liban et les pays du Golfe, et faciliter le transit vers l’Irak. La fermeture de la frontière avait particulièrement pénalisé les agriculteurs libanais qui destinaient une importante partie de leur production aux marchés du Golfe, obligeant l’État à subventionner l’acheminement de leurs produits vers l’Arabie saoudite en roulier (navires équipés pour transporter des camions) via le canal de Suez.


(Pour mémoire : Fin de la crise entre les douanes et le port de Tripoli)


Cette cascade de bonnes nouvelles survient alors que les revenus du port de Tripoli ont affiché une baisse de 10,4 % à fin avril par rapport à l’année précédente, pour atteindre 5,5 millions de dollars, selon les derniers chiffres communiqués par sa direction et relayés par le Lebanon this Week de Byblos Bank. Une contre-performance qui s’explique par la diminution de la quantité de marchandises qui ont transité par ce port (-13,8 % pour 566 684 tonnes) et du nombre de bâtiments qui ont accosté sur la même période (-24 %, à 1 339). Selon M. Amatouri, cette tendance concerne surtout l’activité du port en dehors du terminal, celui-ci possédant plusieurs quais qui ne sont pas équipés pour intervenir sur les porte-conteneurs. Il espère en outre que le Conseil des ministres ne tardera pas à approuver le projet d’extension du terminal et de création d’un nouveau bassin que le gouvernement sortant devait étudier lors de sa dernière réunion en mai, mais sur lequel aucune décision n’a encore été prise.

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