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Dodo, l’adulte do... Un boost pour la mémoire

Coolitude

Et si les lits berçants pouvaient être une solution aux troubles du sommeil et aux insomnies ?

06/02/2019

Bercez un bébé et le voilà qui s’endort, mettez un adulte à se balancer dans un hamac et il s’assoupit. Récemment, il est apparu que ces deux techniques relaxantes, et pourtant simples, ont les plus grands effets bénéfiques. C’est ce qu’a prouvé une étude menée par Laurence Bayer et Sophie Schwartz, chercheuses au département de neuroscience de l’Université de Genève : elle ont demandé à 18 hommes et femmes (moyenne d’âge de 23 ans), n’ayant pas de problème de sommeil, de s’allonger sur des lits spécialement équipés de mouvements de balancement. Non seulement ils se sont endormis plus rapidement que ceux placés dans des lits habituels, mais il a été noté chez eux, au bout de l’expérience, une mémoire plus performante. Ainsi, il leur avait été demandé, avant de se coucher, de retenir deux mots en français n’ayant aucun lien entre eux. Au lever, ils s’en sont souvenus avec précision. Ce qu’ils n’avaient pas pu faire aussi facilement la veille, avant de s’endormir, quand on les avait soumis à ce même test. Ce qui pourrait confirmer qu’un bon sommeil peut booster la mémoire.

Pour les besoins de l’étude, les volontaires avaient passé trois nuits dans un espace aménagé à cet effet. La première nuit était destinée à les familiariser avec un environnement qui leur était étranger. Les deux autres se sont déroulées de la manière suivante : un premier temps écoulé dans un lit bougeant chaque quatre secondes et un second dans un lit identique immobile, un électroencéphalographe enregistrant les réactions de leur cerveau durant ces phases. Quand ils ont été installés dans un lit à effet berçant, ils ont plongé plus rapidement dans un « vrai » sommeil que dans un lit ordinaire. Sans toutefois dormir plus qu’il ne le fallait.

Une alternative aux somnifères

Ce concept a été suivi d’une volonté d’étendre son application encore plus loin dans un projet entrepris par des scientifiques de l’université de Lausanne, dirigés par Paul Franken, qui ont soumis des souris à ce traitement. Les animaux ont réagi de la même manière que les humains, quant à s’assoupir plus rapidement lorsqu’ils ont été installés dans des cages-berceuses. Ensemble, des spécialistes, ayant œuvré sur ce thème auprès de sujets différents, ont vu là une possibilité de développer une approche permettant de gérer les troubles du sommeil ainsi que les insomnies dont souffrent les personnes âgées. Le duo de chercheuses Laura Sanders et Laurence Bayer en ont conclu que « si les bercements ont aidé les participants à mieux dormir, on pourrait avoir trouvé une alternative ou même un équivalent naturel aux somnifères ».

Bien avant de chercher ainsi à pénétrer dans les labyrinthes complexes du cerveau, tout le monde trouve instinctivement plaisir, détente et sommeil dans un hamac qu’il est difficile de quitter, tout comme dans la chanson de Georges Moustaki Dans mon hamac, où il dit notamment : « Dans mon hamac/Je n’ai pas froid, je n’ai pas chaud/Je n’ai pas faim, je n’ai pas soif. » Néanmoins, pour prolonger ces moments d’exception en plein air, des designers adaptent actuellement des répliques de ce genre de détente dans des chambres à coucher. Ils ont revisité cette couche, suspendue entre ciel et terre et dont l’origine (datant, selon certains archéologues, d’environ mille ans) se trouve dans les forêts d’Amérique centrale, du Sud et des Caraïbes. La première trace du hamac apparaît dans les récits de Christophe Colomb qui, en découvrant ce « lit » à Hispaniola (actuelle Haïti), le baptise « Le nid des anges ». Il mettait les dormeurs à l’abri de divers animaux et insectes et les protégeait ainsi de l’humidité du sol. Aujourd’hui, un retour aux sources s’est opéré avec le « rocking bed », comme qui dirait « rocking chair » (chaise à bascule). Ces lits, de modèles différents (style berceaux minimalisés, lit de jour compact ou de nuit plus large, destiné à assurer aux dormeurs un sommeil sans réveils inattendus), ont un dénominateur commun : le mécanisme de leurs mouvements qui recrée le rythme lent des berceaux des bébés et les bercements des bras maternels. Dans son ouvrage intitulé Dieu est un pote à moi, et publié en 2008, l’écrivain français Cyril Massarotto avait si justement noté : « Je crois que tous les somnifères que l’on avale lorsque l’on est adulte, ce sont toutes les berceuses que l’on ne nous a pas chantées quand on était enfant. »

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