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À La Une - Conflit

Pour venger ses morts, une tribu lutte contre l'EI aux côtés des Kurdes en Syrie

"Je vais lutter jusqu'à la fin de la bataille (contre l'EI), et après je vais pourchasser leurs cellules dormantes", martèle Amer, membre de la tribu sunnite des Chaïtat. "Je veux venger mon frère et mes proches".


Un membre de la tribu sunnite des Chaïtat, qui a rejoint les Forces démocratiques syriennes, coalition menée par les Kurdes dans la bataille contre l'Etat islamique, avançant dans les décombres de la localité de Baghouz, le 27 janvier 2019. AFP / Delil SOULEIMAN

Près du front, dans l'Est syrien, Amer Khalifa joue avec une épée trouvée dans une maison abandonnée. Pour venger les morts de sa famille, issue de la tribu sunnite des Chaïtat, il a rallié la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). A l'image de ce jeune homme de 22 ans à la silhouette frêle, de nombreux membres de cette influente tribu arabe ont rejoint les rangs des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance dominée par les Kurdes de Syrie et qui compte aussi des combattants arabes.

"Je vais lutter jusqu'à la fin de la bataille (contre l'EI), et après je vais pourchasser leurs cellules dormantes", martèle Amer. "Je veux venger mon frère et mes proches".

En prenant en 2014 le contrôle de la province orientale de Deir ez-Zor, les jihadistes ont exécuté plus de 900 membres de la tribu des Chaïtat, qui s'était soulevée contre l'EI. Pour Amer, il ne fait aucun doute que son frère, alors âgé de 26 ans, ses oncles et un cousin en font partie.

Le jeune homme a fui les territoires jihadistes et son village d'Abou Hammam pour échapper à une nouvelle exaction ou à la conscription imposée par l'EI. Réfugié à Hassaké, province du nord-est syrien dominée par la minorité kurde, il s'est enrôlé fin 2016 au sein des FDS.
"Mon père était contre, parce que je suis le plus jeune de ses fils, mais je ne l'ai pas écouté", raconte le combattant dont la veste militaire est parsemée de trous.


(Lire aussi : Civils et jihadistes de l’EI fuient (ensemble), par milliers, le dernier réduit de Daech)

Fosses communes 
Sa famille n'a plus jamais eu de nouvelles des disparus. Ils n'ont pas non plus été retrouvés dans les nombreuses fosses communes creusées par l'EI pour faire disparaître ses victimes. 
Fin 2014, les corps de 230 personnes exécutées par les jihadistes avaient été découverts dans l'un de ces charniers, à Deir ez-Zor. Toutes les victimes faisaient partie des Chaïtat.

Depuis leur création en octobre 2015, les FDS sont le fer de lance de la lutte antijihadiste en Syrie. L'alliance bénéficie du soutien de la coalition internationale emmenée par Washington. Dominées par la milice kurde des Unités de protection du Peuple (YPG), les FDS regroupent environ 30.000 combattants, dont 5.000 arabes, mais aussi des membres des communautés syriaques et turkmènes.

En trois ans, les FDS ont chassé les jihadistes de vastes régions dans le nord et le nord-est de la Syrie, prenant notamment le contrôle de Raqqa, l'ex-"capitale" autoproclamée de l'EI.
A Deir ez-Zor, où l'ultime bastion des jihadistes près de la frontière irakienne s'est réduit comme peau de chagrin, les FDS comptent de nombreux combattants arabes. Dans l'assaut récemment donné contre le village de Baghouz, arraché dans sa quasi-totalité à l'EI, les Chaïtat étaient bien présents.

(Lire aussi : Aller à l’université à Idleb, sous le diktat des jihadistes)

"Tristesse normale" 
Malgré son œil de verre, Abou Zeid est célèbre parmi ses camarades pour sa vue perçante, qui lui permet de repérer au loin les jihadistes qui se déplacent en voiture ou à moto. "Les voilà sur la route", "regardez entre les deux arbres", "ils sont là, derrière les colonnes", lance-t-il de temps en temps à des journalistes emmenés par les FDS à Baghouz.

Quand il s'agit de parler des combats sur le front et de la victoire qui approche, le trentenaire ne cache pas son enthousiasme. Mais quand on l'interroge sur sa tribu, les Chaïtat, il s'enferme dans un profond silence. Lui aussi a perdu des proches. "C'est normal, tout est normal. Même notre tristesse est devenue normale", lâche le combattant en habit militaire, un foulard vert olive noué autour du crâne.

Quand résonnent les explosions causées par les tirs d'artillerie visant les ultimes positions des jihadistes aux abords de Baghouz, les combattants se déplacent prestement d'un balcon à l'autre pour observer.

Les jihadistes sont désormais acculés dans un territoire de quatre kilomètres carrés près de la frontière avec l'Irak.

En attendant la fin de la bataille, les combattants arabes, en majorité des Chaïtat, campent dans plusieurs bâtisses de Baghouz. Dans un immeuble en construction abandonné, Amer se réchauffe avec des camarades Chaïtat autour d'un feu, sur lequel le thé a été mis à bouillir. Tous ont le même mot d'ordre, la même motivation : "on veut se venger".


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commentaires (1)

C'est du même ressort que ce que les BENSAOUDS vont faire avec le héros syrien VAINQUEUR CONTRE CE complot occidentale téléguidé par l'usurpation. Ils sont déjà entrain de rejoindre les forces de l'axe de la résistance. Ce qui retarde la fin de la guerre initié par cet occident c'est de reconnaître LEUR DÉFAITE.

FRIK-A-FRAK

11 h 28, le 30 janvier 2019

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Commentaires (1)

  • C'est du même ressort que ce que les BENSAOUDS vont faire avec le héros syrien VAINQUEUR CONTRE CE complot occidentale téléguidé par l'usurpation. Ils sont déjà entrain de rejoindre les forces de l'axe de la résistance. Ce qui retarde la fin de la guerre initié par cet occident c'est de reconnaître LEUR DÉFAITE.

    FRIK-A-FRAK

    11 h 28, le 30 janvier 2019

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