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Jeremy Corbyn accusé d'avoir qualifié Theresa May de "femme stupide"

AFP
19/12/2018

Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn s'est attiré les foudres des députés conservateurs mercredi, accusé d'avoir murmuré les mots "femme stupide" à l'adresse de Theresa May, pendant un échange animé au Parlement britannique.

M. Corbyn a été surpris par les caméras déployées dans la chambre des Communes bougonnant ces mots face à une Theresa May en train de se moquer de sa tentative d'organiser un vote de défiance contre elle.

Le chef de l'opposition travailliste est furieux que la Première ministre ait reporté le vote au Parlement sur l'accord de Brexit négocié avec l'Union européenne, à janvier, seulement deux mois avant la sortie prévue de l'UE, le 29 mars.

Les cris de "honte !" et "scandaleux !" ont jailli des bouches des députés conservateurs, qui ont exceptionnellement montré un visage uni, alors qu'ils se déchirent depuis des mois sur la question du Brexit.

Mme May a réagi en soulignant que "100 ans après l'obtention du droit de vote des femmes (au Royaume-Uni) tout le monde dans cette chambre devrait user d'un vocabulaire approprié en se référant à un de ses membres féminins".

Mais M. Corbyn a déclaré qu'il avait parlé de "personnes stupides", et ne se référait pas à Mme May. Il a ajouté être "totalement opposé à l'utilisation d'un langage sexiste ou misogyne".

Les insultes et intimidations envers les femmes politiques sont une source d'inquiétude au Royaume-Uni, et pourraient même "décourager" les femmes de devenir députées, selon Theresa May.

"Je pense qu'il est de notre devoir à tous à la chambre des Communes de faire attention au langage que nous employons", a-t-elle déclaré à la presse. Mais certains députés travaillistes ont accusé les Tories de monter l'affaire en épingle. Pour la députée Labour Margaret Beckett, cela ressemble à une "émeute orchestrée".

Le président de la chambre des Communes John Bercow s'est retrouvé à son tour pris dans la tourmente quand il a refusé de taper sur les doigts de M. Corbyn parce qu'il n'avait "rien vu ni entendu". Quelques heures plus tard, il a déclaré que personne ne pouvait savoir avec certitude ce que M. Corbyn avait déclaré et qu'il fallait accepter ses explications.

La ministre chargée des relations avec le parlement Andrea Leadsom s'en est aussi prise à M. Bercow, lui demandant pourquoi il ne s'était pas lui-même excusé après qu'un membre de l'opposition l'avait entendu la qualifier de "stupide" il y a quelques mois.

"La question a été traitée et je n'y reviendrai pas", a répondu M. Bercow, régulièrement accusé de partialité par les conservateurs, sa famille politique d'origine. Ayant accédé il y a neuf ans à la fonction non-partisane de speaker, il se doit depuis d'observer une stricte neutralité.

M. Bercow avait essuyé des appels à la démission cette année, accusé d'utiliser un langage insultant et de recourir à des tentatives d'intimidation.

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