FabricAid : une autre conception du recyclage de vêtements usagés

Photo FabricAid.

OLJ
05/12/2018

Nombreux sont ceux qui ont l’habitude de donner leurs vêtements usagés à des associations caritatives, mais se préoccupent-ils vraiment de savoir s’ils arrivent à destination de ceux qui en ont vraiment besoin ? C’est à partir d’une expérience personnelle que deux jeunes hommes, Houssam Hanouni et Omar Itani, ont décidé de fonder FabricAid*, une entreprise sociale qui sert désormais de lien entre ces associations et les bénéficiaires.

« Il y a quelques années, mon collègue Omar a voulu collecter des vêtements usagés pour les faire parvenir à des associations, dans une initiative personnelle, raconte Houssam. Il s’est retrouvé avec 250 kilos d’habits sur les bras. C’est en faisant le tour des ONG que nous nous sommes rendu compte de certaines difficultés : en fait, dans ces organisations souvent dépassées par la lourdeur de leur tâche, il y a souvent très peu de moyens pour collecter convenablement, trier et distribuer ces tonnes de vêtements. »

Les deux amis lancent alors FabricAid, une entreprise sociale. L’idée est simple : ils collectent les vêtements des ONG en leur payant un demi-dollar par kilo, ce qui finit par être une source de revenus pour ces associations. Et pour faciliter la collecte, ils ont installé des conteneurs dans diverses régions où chacun peut placer les habits à donner, et dont profitent des ONG déterminées. Au final, les vêtements collectés sont triés tels quels ou transformés par des étudiants d’écoles de mode, afin de répondre davantage aux besoins des personnes qui vont les récupérer.

La dernière étape du travail de FabricAid a fait appel à la créativité et au sens des responsabilités sociales de ses deux fondateurs. « Nous ne donnons pas les habits gratuitement, mais les vendons à prix très bas, quelques milliers de livres par article, explique Houssam. Nous les disposons dans des endroits qui ressemblent à des boutiques. Ainsi, les bénéficiaires ont la satisfaction de faire un achat au lieu de se sentir assistés, ils choisissent ce qu’ils veulent et n’ont pas tendance à en prendre plus qu’ils n’en ont besoin, ce qui priverait d’autres de la chance de s’habiller décemment. »

Houssam et Omar considèrent FabricAid comme un travail à temps plein, et arrivent à rendre cette entreprise assez rentable pour pouvoir survivre et poursuivre sa mission.

*www.fabricaid.me

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