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Campus - Événement

Conversation entre femmes de tête pour une réelle égalité des chances entre les genres

À l’initiative de l’Université américaine de technologie (AUT), une conversation à cinq voix s’est tenue à la Maison de l’avocat sur l’égalité des genres dans l’enseignement supérieur et les postes de décision.

Au terme de la rencontre, de droite à gauche, l’ambassadeur britannique Chris Rampling, la ministre sortante Inaya Ezzeddine, Roula Azar Douglas, Leila Saadé, Céline Merheb, Nada Talhouk, Claudine Aoun Roukoz, Amal Haddad, Ghada Hinain et Marcel Hinain, vice-président des relations extérieures à l’AUT.

En 2018, les inégalités hommes-femmes sont encore énormes dans l’accès aux postes de décision, au Liban, à égalité de compétences. Quelles sont les causes des inégalités qui persistent ? Comment les corriger ? Que peut-on faire pour assurer des chances égales aux femmes et aux hommes ?

Autant de questions auxquelles ont tenté de répondre cinq expertes réunies à l’invitation de l’Université américaine de technologie (AUT) à la Maison de l’avocat, le 23 novembre. Une rencontre organisée en partenariat avec l’Université de Londres et l’ambassade de Grande-Bretagne au Liban, et qui s’inscrit dans le cadre d’une série de « Conversations sur l’égalité entre les genres » lancée par l’Université de Londres à travers le monde. Dans son édition libanaise, cette conversation a réuni la docteure Inaya Ezzeddine, ministre d’État sortante pour le Développement administratif, Me Amal Haddad, ancienne bâtonnière de l’ordre des avocats de Beyrouth, Claudine Aoun Roukoz, présidente du Conseil national de la femme libanaise, la docteure Leila Saadé, présidente du Réseau francophone des femmes responsables dans l’enseignement supérieur et la recherche (Resuff), notre collègue Roula Azar Douglas, enseignante universitaire et chercheuse sur le genre dans les médias, ainsi que la docteure Céline Merheb, professeure à l’AUT, qui a modéré le débat. Une discussion autour « d’un sujet d’une grande actualité et sur lequel repose l’avenir politique et social du Liban », tel que l’a si pertinemment qualifié Me Nada Talhouk, représentant le bâtonnier de l’ordre des avocats de Beyrouth. Dans son allocution d’ouverture, la présidente de l’AUT, Ghada Hinain, a déploré l’inégalité entre les genres dans les postes de responsabilité, soulignant qu’il n’y a aucun doute quant aux capacités des femmes à diriger des entreprises. « Il est de notre devoir en tant qu’éducateurs de travailler à l’édification d’une culture qui encourage les femmes à croire dans leurs ambitions, leurs capacités à infléchir un changement et leur engagement pour atteindre leurs objectifs », a-t-elle estimé.

« Au Liban, il y a une histoire de femmes pionnières qui ont accompli de grandes réalisations, mais le chemin est encore long. L’histoire nous a appris que parfois, ce que l’on croyait juste – une manière établie de faire les choses – n’est plus considéré ainsi par l’opinion publique. Alors allons de l’avant et ayons plus de femmes dans des postes de décision dans tous les secteurs de la vie », a lancé l’ambassadeur britannique Chris Rampling au cours de son discours.


Discriminations contre les femmes

Les défis que doivent relever les femmes au Liban pour accéder aux postes de décision, notamment politiques, sont de deux genres : des défis communs à tous les citoyens dus au système confessionnel, et d’autres plus particuliers dus au système patriarcal, a précisé la ministre sortante Ezzeddine, estimant que le changement passera, entre autres, par les lois. Au terme d’un rappel de la législation libanaise ayant trait aux droits des femmes, Me Haddad a précisé : « En général, la société libanaise, à l’instar des sociétés dans les pays arabes, est une société patriarcale qui limite les mouvements de la femme et la traite d’une manière superficielle. » Ce qui explique selon l’ancienne bâtonnière la faible présence des femmes dans les sphères décisionnelles.

Après un exposé des dernières réalisations du Conseil national de la femme, Mme Aoun Roukoz a incité les Libanaises à agir pour le changement. « Nous espérons que tous les partis politiques tiendront compte des compétences des femmes capables d’assumer des responsabilités ministérielles lors de la formation du futur gouvernement », a-t-elle également affirmé.

« L’université est, tous pays et toutes disciplines confondus, un espace de discrimination pour les femmes. Cet état des lieux n’appelle qu’une seule et unique réponse : soutenir la légitime ambition des femmes à accéder aux plus hauts échelons de la hiérarchie universitaire et œuvrer à cette fin comme le fait le Resuff », a estimé la docteure Leila Saadé. Et d’insister : « En promouvant l’égal accès des femmes aux postes de responsabilité dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, nous dynamisons la société et mettons en œuvre une grande valeur fondatrice de toute démocratie qu’est le principe de l’égalité des droits et des devoirs, ainsi que son corollaire, à savoir l’égalité des chances. »

Soulignant le rôle que jouent les médias dans la construction de l’opinion publique, Roula Azar Douglas a estimé qu’il est temps « de voir plus d’expertes sur nos écrans et d’entendre les voix des femmes, non pas seulement lorsqu’elles sont victimes, mais en tant qu’expertes et sur tous les sujets : politique, économie, médecine, sciences, culture, société, sport, etc. ». Et de conclure, en insistant sur le danger d’essentialiser les hommes et les femmes et sur l’importance de montrer leur diversité : « Il est important que nos médias promeuvent plus activement l’égalité entre les hommes et les femmes, non pas ponctuellement à l’occasion de la Journée internationale des femmes ou pour célébrer la fête des Mères, qu’ils œuvrent à la déconstruction des stéréotypes et qu’ils mettent en lumière tout au long de l’année des femmes qui ont réussi, des femmes qui ont créé, innové, construit, contribué à la société. Et elles sont nombreuses. Nos enfants ont besoin de voir dans les médias des femmes qui les inspirent. »


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