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Un colonel autrichien soupçonné d'espionnage au profit de la Russie

Sécurité

C'est le chancelier autrichien Sebastian Kurz qui a rendu publiques ces accusations : "L'espionnage russe en Europe est inacceptable", a-t-il fustigé, exigeant de Moscou "une information transparente".


OLJ/AFP
09/11/2018

L'Autriche soupçonne un de ses colonels d'armée, aujourd'hui à la retraite, d'avoir été durant des années un informateur de Moscou, une nouvelle affaire embarrassante pour les relations entre la Russie et les Occidentaux, plombées par la défiance.

C'est le chancelier autrichien Sebastian Kurz qui a rendu publiques ces accusations : "L'espionnage russe en Europe est inacceptable", a-t-il fustigé, exigeant de Moscou "une information transparente". Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dit "ne rien savoir" de l'affaire, regrettant sa publicité.

L'officier mis en cause est âgé de 70 ans et se trouve sous le coup d'une enquête judiciaire du parquet Salzbourg (ouest) pour "divulgation de secrets d'Etat". Selon l'Autriche, il a commencé à travailler avec les services de renseignement russes dans les années 1990 et poursuivi ses activités jusqu'à récemment, bien qu'étant à la retraite depuis quelques années.

La ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl, a annulé un déplacement prévu en Russie début décembre et convoqué le chargé d'affaires russe à Vienne tandis que Moscou a convoqué l'ambassadeur autrichien.


(Pour mémoire : Quand l'ombre de Poutine plane sur les services secrets autrichiens)


"Diplomatie du mégaphone"
"Nos partenaires occidentaux ont pris pour règle ces derniers temps de recourir non pas à la diplomatie traditionnelle (...), mais à la soi-disant +diplomatie de mégaphone+, en nous accusant publiquement", a déploré Sergueï Lavrov.

Le climat diplomatique est glacial entre la Russie et les puissances occidentales depuis l'empoisonnement en mars au Royaume-Uni de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal. Plusieurs pays ont de plus récemment accusé Moscou d'avoir orchestré une série de cyberattaques d'ampleur mondiale, sur fond de désaccords dans les grandes dossiers de politique internationale.

En octobre, les Pays-Bas ont dénoncé une tentative de piratage du siège de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) pour laquelle quatre Russes ont été arrêtés et expulsés. Ils sont soupçonnés d'être des agents du renseignement militaire russe, le GRU.

L'Autriche dit avoir démasqué l'officier suspect "il y a quelques semaines", à la suite d'informations fournies par une autre agence de renseignement européenne. "Cela ne pourra pas améliorer les relations entre l'UE et la Russie", a estimé le chancelier autrichien, chef du parti conservateur ÖVP qui gouverne avec le parti d'extrême droite FPÖ.

Selon le ministre de la Défense Mario Kunasek (FPÖ), le militaire a expliqué, lors d'auditions, que les Russes "s'intéressaient aux systèmes d'armement, à la situation migratoire ici en Autriche ces dernières années". Il aurait également établi et transmis des profils de personnalités membres de l'armée. Plusieurs médias indiquent qu'il aurait en échange touché la somme de 300.000 euros.


Lire aussi : Poutine défend son voyage "privé" en Autriche au mariage de la chef de la diplomatie)


Vienne doit rassurer
L'affaire est également embarrassante pour l'Autriche, dont le gouvernement entre la droite et l'extrême droite, qui cultive sa proximité avec la Russie, suscite une certaine méfiance des services de renseignement alliés de Vienne. Pays neutre non membre de l'Otan, abritant de nombreuses organisations internationales, l'Autriche est traditionnellement un lieu de forte activité de renseignement et a joué un rôle primordial d'interface entre l'Est et l'Ouest durant la Guerre froide.

En mars, Vienne s'était distinguée de ses partenaires de l'UE en refusant d'expulser des diplomates russes en pleine affaire Skripal, disant vouloir "maintenir ouverts les canaux de communication avec la Russie". La présence, cet été, du président russe Vladimir Poutine à la fête de mariage de Mme Kneissl (apparentée FPÖ) avait suscité une vive controverse. Le FPÖ avait conclu en 2016, avant son entrée au gouvernement, un accord de partenariat avec Russie unie, le parti de M. Poutine.

Ténor du FPÖ, le ministre de l'Intérieur Herbert Kickl est englué depuis plusieurs mois dans la polémique entourant une perquisition au siège du Bureau pour la protection de la Constitution et la lutte contre le terrorisme (BVT), en charge de la sécurité intérieure. Des documents sensibles auraient été saisis sur demande de ses services. Selon des informations de presse, plusieurs services occidentaux ont depuis limité leurs échanges d'informations avec l'Autriche. Le FPÖ est "un risque de sécurité" pour l'Autriche, ont dénoncé vendredi des partis d'opposition. Le gouvernement autrichien a cependant régulièrement démenti toute brouille avec les services partenaires, même s'il a admis en septembre avoir dû prendre des "mesures de confiance" pour les rassurer.


Pour mémoire

En Autriche, Poutine insiste sur la levée de sanctions européennes

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