X

Liban

Vivre des moments magiques, la tête dans les étoiles

Festival d’astronomie de Fleurance au Liban

Le Festival d’astronomie de Fleurance au Liban a inauguré sa quatrième édition à l’université La Sagesse.

20/10/2018

L’université La Sagesse accueille, depuis jeudi et jusqu’à aujourd’hui samedi, la quatrième édition du Festival d’astronomie de Fleurance au Liban. Sous le patronage de l’ambassadeur de France Bruno Foucher, le festival est le fruit d’une étroite coopération culturelle entre les institutions françaises et libanaises. « Un ciel à partager, une terre à préserver » est le thème de cette édition choisie par l’association UniversCiel, autour duquel graviteront les ateliers, les débats et les conférences durant les deux prochains jours.

La cérémonie d’inauguration jeudi du festival a pris une tournure sans précédent. Conciliation entre sciences physiques et sciences humaines et sociales, liaison entre le divin et les sciences de la nature, ou encore coopération entre la science et la fiction laissent penser que cette édition se distinguera des précédentes. Véronique Aulagnon, conseillère de coopération et d’action culturelle représentant Bruno Foucher, a salué l’initiative d’introduire la science-fiction dans cette quatrième édition du festival. Elle a tenu à rendre hommage au travail commun de Bruno Monflier et de Jean-Pierre Saghbini, ainsi qu’à toutes les initiatives culturelles franco-libanaises.

Après avoir dégusté un buffet traditionnel, les enseignants, les chercheurs, les astrophysiciens, les scientifiques et les doyens ont été invités à prendre place dans l’amphithéâtre. Les hymnes nationaux libanais et français ont aussitôt été entonnés.


(Lire aussi : Dormir sous une pluie d’étoiles filantes, à Tannourine)


Ouvrir les esprits aux sentiers de l’univers
Le père Khalil Chalfoun, recteur de l’université La Sagesse, a ouvert la cérémonie avec un discours de bienvenue. Sa prise de parole a été marquée par son engouement à accueillir cette quatrième édition du Festival d’astronomie. Sa position laissait deviner que religion et sciences physiques ne demeurent pas selon lui strictement antagonistes. Il a parlé même avec conviction de l’époque des dinosaures : « N’oublions pas de dire que nous sommes les enfants des étoiles. Nous sommes les héritiers des astres et des galaxies. Les éléments qui composent nos corps sont ceux qui naguère fondèrent l’univers. Mieux comprendre l’univers c’est mieux nous comprendre, ainsi que tous les êtres qui le peuplèrent, depuis le temps des dinosaures et bien avant. » Son intervention visait à réconcilier chacun de nous, croyants ou non-croyants, par le prisme de la science.

Antoine Gédéon, doyen de la faculté d’ingénierie Polytech de Beyrouth, a livré sa confiance aux générations futures. Pour lui, ce festival est une « opportunité d’ouvrir l’esprit des jeunes aux sciences », ainsi qu’un moyen d’introduire les sciences à la société.


Les polémiques contemporaines
Ces multiples interventions n’ont pas manqué de références aux thématiques contemporaines qui touchent autant la France que le Liban. Pour Bruno Monflier, président du groupe Ferme des étoiles, « partager un ciel » n’est autre que synonyme de fraternité. « Tous issus des mêmes atomes, nous sommes tous frères. Peu importent notre couleur de peau, nos convictions religieuses, nos modes de pensées », a-t-il dit. Il a abordé la science tel un vecteur d’unité au-delà de nos différences physiques.

Au vu des circonstances environnementales actuelles au Liban, Bruno Monflier n’a pu s’abstenir de commenter la seconde partie du thème « Une terre à préserver ». À la question « Peut-on imaginer une croissance infinie dans un monde fini ? », le président de la Ferme des étoiles a répondu par un non stricto sensu. « Il faut arrêter de penser à une vie ailleurs, sur une autre planète. » Jean-Pierre Saghbini, président de l’association UniversCiel, a soutenu les propos de son homologue. « Cette plante-là, vous ne la trouverez que sur cette planète Terre. Le grand don de la vie nous a été offert gratuitement, mais il faut essayer de le préserver, au même titre que notre terre. »


(Lire aussi : Les étoiles à l’honneur au pays du Cèdre)


La cité du Soleil, une utopie politico-scientifique
C’est par la fascinante conférence d’Ugo Bellagamba que s’est clôturée la cérémonie d’inauguration de cette quatrième édition du Festival d’astronomie de Fleurance. Professeur en histoire des idées politiques et auteur de science-fiction, Ugo Bellagamba n’a pu s’empêcher de montrer son admiration pour La Cité du Soleil, de Tommaso Campanella (XVIe siècle), dont il a exposé l’utopie. Il s’agit d’une cité où le savoir est à la portée de tous. Il n’est pas dissimulé dans les livres mais s’étale sur les murs de la cité. Les enfants apprennent donc en jouant dans les rues, sans s’en rendre compte.

« Pour bien comprendre le monde, il faut le voir et aller au-delà des apparences. Les représentations scientifiques comme la théorie du big bang ne sont qu’une simplification de la complexité du réel, mais il faut chercher toujours plus loin pour accéder au réel. On ne cesse de remettre en cause ce qu’on pensait définitif il y a encore quelques années. »

Ces propos d’Ugo Bellagamba ont résumé à la perfection la vocation du Festival d’astronomie de Fleurance au Liban.


Pour mémoire
Apprendre à contempler le ciel, le temps d’une nuit

Et vous, qu’avez-vous demandé à la Lune ?


À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué