Nos Lecteurs ont la Parole

Le rôle maternel dans la famille orientale

par Sylvain THOMAS
OLJ
12/10/2018

En Orient, beaucoup de femmes semblent trouver que le mariage ne suffit pas à remplir une existence. Dernièrement, une brave dame se lamentait sous prétexte que, depuis la fin de ses études (il y a près de six ans), elle avait « gâché sa vie ». Certaines de ses consœurs d’université étaient mécontentes parce qu’elles n’ont pas pu « développer leur personnalité » ou parce qu’elles n’ont pas pu « vivre leur vie ». C’est une théorie erronée et on ne peut pas accepter ce point de vue; car, pour une épouse, le mariage est un véritable rôle, presque une carrière qui a ses agréments et ses difficultés et qu’il ne faut jamais prendre à la légère.

Pourquoi, en Orient, tant de femmes mariées ont-elles l’impression que leur vie est vide et inutile ? Cela s’explique par l’idée de l’exemple et de l’idée que les épouses occidentales se font du mariage. En effet, les Occidentaux considèrent le mariage moins comme une institution sociale que comme un moyen de trouver le bonheur personnel. Sous des dehors de réalistes endurcis, ce sont au fond des romanesques remplis d’illusions. Ils accordent au sentiment en soi une grande valeur et sont persuadés que l’amour, qui est le sentiment le plus fort et le plus agréable, doit être à la base de tout mariage.

Cette conception présente de graves inconvénients. L’un d’entre eux est que l’amour choisi comme seul guide ne suffit pas à assurer le succès du mariage. Le véritable amour est un sentiment profond, de longue durée. Il est difficile, surtout quand on est jeune, de le distinguer par rapport – de la simple passion physique – à celui des mariages d’amour qui sont souvent comme ces gâteaux à la crème chantilly, fourrée dont on ne peut faire sa nourriture quotidienne. Il faut considérer le mariage surtout comme une institution sociale destinée à fonder un foyer et à sécuriser une famille. C’est l’épanouissement de la vie en commun, une association créatrice où la femme et l’homme ont les mêmes intérêts et se partagent le travail, l’épouse se chargeant des soins du ménage et des études des enfants et parfois doit travailler professionnellement pour aider son mari. Et on est impressionné à l’étranger par l’importance qu’attachent les Libanaises aux valeurs solides que représente le mariage.

Dans le choix de leur conjoint, les jeunes Libanaises se laissent presque entièrement guider par l’amour et la famille. Elles ne négligent pas toute considération réaliste et ne se soucient pas de savoir si la personne qu’elles épousent respecte les mêmes traditions religieuses reçues et la même éducation scolaire et universitaire qui font partager les mêmes goûts mutuels, enfin si leurs caractères sont compatibles.

La manière qu’ont les mères libanaises de considérer le mariage comme une affaire de famille et le divorce comme quelque chose d’antisocial et d’anti-ecclésial a pour résultat de créer des liens très étroits entre les époux.

La femme libanaise contribue ainsi aux charges de la vie commune, et bien que ce soit le mari qui administre ses biens, la Libanaise est réellement l’associée de son mari. Puisque l’avenir dépend de la carrière de son mari, elle s’y intéressera passionnément et n’hésitera pas à la considérer comme sa carrière à elle. Elle s’efforcera de la favoriser par tous les moyens en son pouvoir, se servant de ses relations, de son tact et de son sens pratique pour sauvegarder l’intérêt commun.

Comme le disent les Françaises, parlant de la femme libanaise sur un ton à la fois de désapprobation et d’envie : « Les Libanaises ne semblent jamais oublier qu’elles sont femmes et épouses avant tout ! »

La femme libanaise est presque toujours la confidente et la conseillère de son mari et il est rare que celui-ci prenne une décision importante sans l’approbation de son épouse. On sait que la femme a « le cœur sur la main » et qu’elle jouit toujours d’une bonne intuition.

Ne sont-elles pas les premières dans les salons à savoir ce qui se passe sur la scène publique et dans les coulisses même politiques ? N’est-ce pas elles qui, avec un tact infini, tirent les ficelles d’une façon diplomatique ?

Les agréments de l’existence et ce raffinement qu’apprécient tant les hommes libanais et étrangers dépendent uniquement de la féminité de leur moitié. Et leur foyer, qu’il soit riche ou simple, est pour eux le vrai centre de la vie. Cela explique pourquoi la Libanaise considère que le bonheur consiste à se consacrer à sa famille et à sa maison et son intérieur. On la surnomme couramment au Liban « Sett el-beit wa sett el-réda ». Elle élève ses enfants et règne sur sa maison, qui est son royaume particulier. C’est sans doute parce que les femmes occidentales ne partagent pas cette conception du bonheur qu’elles sont souvent amenées à vouloir, à toute force, faire une carrière. Mais une Libanaise ne serait pas de cet avis sauf cas de force majeure financière pour aider son mari. Elle vous dirait avec un charmant sourire qu’elle préfère ne pas jouer à devenir la simple égale de son mari.


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