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De la Crimée aux cyberattaques, la Russie au cœur des polémiques

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Dopage d'État, ingérence aux Etats-Unis, affaire Skripal, cyberattaques mondiales... 




OLJ/AFP
05/10/2018

De l'annexion de la Crimée au printemps 2014 jusqu'aux dernières accusations de cyberattaques mondiales, la Russie se trouve au centre de nombreux scandales qui semblent la mettre au ban de la communauté internationale. Ces offensives masquées ont commencé en Ukraine, avec l'intervention dans la péninsule ukrainienne de Crimée de "petits hommes verts" en uniforme sans insignes que Moscou reconnaîtra plus tard être des soldats russes. Depuis, de nombreuses autres accusations ont suivi.


Dopage d'État

Depuis novembre 2015, plusieurs rapports internationaux ont conclu à l'existence d'un système de dopage institutionnalisé en Russie entre 2011 et 2015. Pendant au moins quatre ans, des centaines de contrôles positifs ont été falsifiés par le laboratoire antidopage de Moscou et enregistrés comme négatifs dans la base de données de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Les JO-2014 de Sotchi sont l'exemple le plus frappant de ce système. Avec l'aide du FSB (les services secrets), la Russie truque cette fois les contrôles en remplaçant secrètement les échantillons des sportifs dopés par des échantillons propres, au nez et à la barbe des caméras de vidéosurveillance et des experts antidopage du monde entier.

Le témoignage de l'ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou, Grigori Rodtchenkov, est primordial. Mais la Russie, exclue des JO-2018 en punition, a toujours refusé de reconnaître l'existence d'un système de dopage institutionnalisé. Et Grigori Rodtchenkov, réfugié aux Etats-Unis, est pour le président Vladimir Poutine un "imbécile" qu'il faut "mettre en prison".


Ingérence aux Etats-Unis

Après l'élection présidentielle américaine de 2016, Washington a accusé Moscou d'avoir tenté de s'ingérer dans la campagne en ayant orchestré des piratages informatiques aboutissant au vol et à la publication de milliers d'emails de responsables démocrates, mais aussi en utilisant les réseaux sociaux et en diffusant des "fausses nouvelles".

Pour les observateurs, le but n'était pas tant de faire élire Donald Trump, vu comme plus conciliant avec la Russie que la candidate démocrate Hillary Clinton, que de saper la confiance des Américains dans le processus démocratique de leur pays.

Selon les services secrets américains, des équipes du renseignement militaire russe (GRU) ont mené ces attaques. Depuis, l'administration américaine a pris plusieurs vagues de sanctions contre de nombreuses entités et personnalités russes. Par la suite, d'autres accusations d'ingérence du même genre ont aussi été avancées en France, en Allemagne et dans d'autres pays européens.


(Pour mémoire : Washington sanctionne Moscou pour ingérence dans la présidentielle)



L'affaire Skripal

Le GRU, toujours lui, est mis en cause dans l'empoisonnement au novitchok, un puissant agent innervant d'origine soviétique, de l'ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia le 4 mars en Angleterre. Londres a émis des mandats d'arrêt contre deux agents présumés de l'organisation.

Cette affaire a provoqué une crise diplomatique majeure, conduisant à l'expulsion de plus de 300 diplomates russes ou occidentaux. Sergueï Skripal, ancien officier du GRU, avait été condamné en 2006 pour "haute trahison" avant de bénéficier d'un échange d'espions organisés entre Moscou, Londres et Washington. "Ce n'est qu'un espion, un traître à la patrie (...) Ce n'est qu'un salaud, purement et simplement", a commenté Vladimir Poutine à son sujet.


Des cyberattaques mondiales

Pays-Bas, Australie, Canada, Grande-Bretagne, Etats-Unis... Tous ces pays ont accusé jeudi la Russie d'avoir orchestré une série de cyberattaques dans le monde. Parmi celles-ci, une tentative de piratage du siège de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

En avril, quand cette organisation enquêtait sur l'affaire Skripal et une attaque chimique présumée à Douma en Syrie, les Pays-Bas ont interpellé des agents russes qui avaient positionné un véhicule truffé d'équipements électroniques sur le parking d'un hôtel proche du siège de l'OIAC.

Ottawa a pour sa part accusé le GRU d'être "très probablement responsable" d'une cyberattaque visant l'AMA, basée à Montréal. Et Londres assure que le GRU est responsable de plusieurs attaques commises par des groupes de pirates se cachant sous différents noms.

En septembre déjà, la diplomatie suisse avait dit ne pas "tolérer l'escalade" des activités d'espionnage russe sur son territoire, après l'arrestation aux Pays-Bas de deux espions soupçonnés du piratage d'un laboratoire suisse associé à l'enquête Skripal.





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