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Piratage informatique : 10 Iraniens et une société sanctionnés par Washington

Cybersécurité

Les dix individus sont accusés de "vol de propriété intellectuelle et de données de valeur à des centaines d'universités aux Etats-Unis et dans des pays-tiers ainsi qu'une société de média pour des gains financiers privés".

OLJ/AFP
23/03/2018

Les Etats-Unis ont imposé vendredi des sanctions contre dix ressortissants iraniens et une société iranienne accusés d'une vaste campagne de piratage informatique contre des universités et des entreprises dans le monde pour le compte du régime de Téhéran.

Les dix individus sont liés à l'Institut Mabna et sont accusés de "vol de propriété intellectuelle et de données de valeur à des centaines d'universités aux Etats-Unis et dans des pays-tiers ainsi qu'une société de média pour des gains financiers privés", selon un communiqué du département du Trésor.
Les avoirs des individus et de la société sont gelés et il est interdit aux citoyens américains de faire des transactions avec eux.

Le ministère de la Justice a indiqué dans un communiqué séparé qu'il engageait des poursuites contre neuf des dix Iraniens mentionnés et contre l'Institut Mabna, basée à Téhéran.

Les poursuites judiciaires visent Gholamreza Rafatnejad, Ehsan Mohammadi, Abdollah Karima (alias Vahid Karima), Mostafa Sadeghi, Seyed Ali Mirkarimi, Mohammed Reza Sabahi, Roozbeh Sabahi, Abuzar Gohari Moqadam et Sajjad Tahmasebi. Ils sont identifiés comme "dirigeants, sous-traitant, associés, pirates sous contrat ou liés avec l'Institut Mabna", selon la Justice.


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"Ces neuf ressortissants iraniens auraient volé plus de 31 téraoctets de documents et de données de plus de 140 universités américaines, 30 sociétés américaines, cinq agences gouvernementales américaines, et plus de 176 universités dans 21 pays", a expliqué dans le communiqué le ministre-adjoint de la Justice, Rod Rosenstein. Les accusés auraient agi pour le compte du gouvernement et des Gardiens de la révolution, le corps d'élite du régime iranien, a-t-il ajouté.

"Ce prétendu Institut a été créé pour une seule raison : voler les données scientifiques d'autres pays dans le monde", a affirmé Geoffrey Berman, le procureur de New York qui dirige les poursuites, lors d'une conférence de presse. Ils auraient notamment forcé plus de 100.000 comptes de professeurs d'universités entre 2013 et 2017. Selon lui, les 31 téraoctets piratés représentent quelque 15 milliards de pages et ont une valeur de 3,4 milliards de dollars.

Les accusés auraient également revendu les données volées à travers deux sites internet iraniens, Megapaper.ir et Gigapaper.ir. Ils sont notamment poursuivis pour accès non autorisé à des ordinateurs, fraude sur internet, usurpation d'identité.


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La Grande-Bretagne, l'une des cibles de ce piratage massif, a salué la décision américaine qui "montre la volonté et la capacité de répondre collectivement aux cyberattaques", selon un communiqué du secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Tariq Ahmad.

Un dixième homme, Behzad Mesri, a été sanctionné par le Trésor pour une tentative d'extorsion contre la chaîne câblée américaine HBO, à qui il avait volé le script d'un épisode inédit de la série à succès "Game of Thrones" ainsi que des épisodes d'autres séries. Il fait déjà l'objet de poursuites à New York pour cette affaire. Il avait diffusé les contenus volés en ligne après le refus d'HBO de payer une "rançon" de 6 millions de dollars sous la forme de bitcoin, la monnaie virtuelle dont les échanges permettent l'anonymat.

Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017, M. Trump n'a cessé de durcir le ton à l'égard de Téhéran, et Washington a imposé plusieurs séries de sanctions contre l'Iran, accusé de soutenir le terrorisme et de violer les résolutions de l'ONU sur son programme balistique.


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