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Santé - Pollution

Terrains synthétiques et santé : risques « peu préoccupants », avec des « incertitudes »

Photo Bigstock

Les terrains de sport synthétiques à base de granulés de pneus recyclés présentent un risque « peu préoccupant » pour la santé, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), en France, qui note toutefois des « incertitudes » pour les lieux fermés et les aires de jeu pour enfants.

La note de l’agence sanitaire, qui évoque par ailleurs des « risques potentiels » pour l’environnement, passe en revue une cinquantaine d’études et expertises réalisées dans le monde sur les terrains de sports et aires de jeu construits à partir de matériaux issus du recyclage de pneus usagés. « Les expertises scientifiques ne mettent pas en évidence de risques préoccupants pour la santé, en particulier de risque à long terme cancérogène, leucémie ou lymphome », explique Gérard Lasfargues, directeur général délégué de l’Anses. « Quand on suit les populations qui pratiquent sur ces terrains, et qu’on compare à la population générale, on ne voit pas d’excès de risque ou d’augmentation », poursuit-il, notant malgré tout que l’agence soutient une proposition en discussion au niveau européen pour limiter la teneur des granulés en HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), substances cancérogènes.

Des études épidémiologiques avaient été lancées notamment après l’alerte lancée il y a quelques années par Amy Griffin, entraîneuse de foot dans des universités américaines, qui décrivait une augmentation de cancer chez des étudiants jouant sur terrains synthétiques. ONG et médias ont ensuite largement relayé ces inquiétudes, s’interrogeant sur l’innocuité de milliers de terrains fréquentés notamment par des enfants.

Colles et résines

La note de l’Anses appelle à mieux évaluer l’exposition sur les terrains indoor, où « les composés organiques volatils émis par les granulats de caoutchouc (...) peuvent provoquer des irritations oculaires et respiratoires ». Le « risque thermique » et de déshydratation des sportifs doit également « être considéré », la température y augmentant plus vite.

Quant aux aires de jeu pour enfants, « la question est un peu différente », note le Pr Lasfargues. « La couche de granulats est protégée par une couche superficielle d’agglomérants, avec des colles et des résines », explique-t-il, soulignant la nécessité de collecter des données sur d’éventuels composés organiques volatils émis par ces produits pour lever les « incertitudes ».

L’Anses souligne d’autre part les « risques potentiels » de ces granulats pour l’environnement, liés au transfert de certaines substances chimiques via les sols et les systèmes de drainage des eaux. « On retrouve un métal comme le zinc, peu dangereux pour l’homme, mais qui peut être toxique pour certaines espèces animales et la flore, et des phénols, classés perturbateurs endocriniens pour l’environnement », note le Pr Lasfargues.

Amélie BOTTOLLIER-DEPOIS/AFP

Les terrains de sport synthétiques à base de granulés de pneus recyclés présentent un risque « peu préoccupant » pour la santé, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), en France, qui note toutefois des « incertitudes » pour les lieux fermés et les aires de jeu pour enfants.La note de l’agence sanitaire, qui évoque par ailleurs des « risques potentiels » pour l’environnement, passe en revue une cinquantaine d’études et expertises réalisées dans le monde sur les terrains de sports et aires de jeu construits à partir de matériaux issus du recyclage de pneus usagés. « Les expertises scientifiques ne mettent pas en évidence de risques préoccupants pour la santé, en particulier de risque à long terme...
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