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En France, droite et extrême droite vent debout contre la relance de l'arabe à l'école

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"Comment peut-on imaginer aujourd'hui que tous les efforts ne doivent pas être mis dans l'apprentissage de la langue française? (...) On marche sur la tête!", s'indigne la porte-parole des Républicains, Laurence Sailliet.

OLJ/AFP
12/09/2018

"On marche sur la tête", "faute politique": la droite et l'extrême droite ont dénoncé mardi l'accueil favorable réservé par le ministre français de l'Education à un rapport proposant de "relancer l'apprentissage de la langue arabe" pour lutter contre l'islamisme.

"Je pense qu'il (le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer) commet une erreur: l'enseignement de l'arabe dans le secondaire n'enlèvera pas un enfant des écoles coraniques et ne règle pas les problèmes de l'enseignement des prêches en langue arabe et de la progression du salafisme", a estimé sur Sud Radio Annie Genevard, députée Les Républicains (LR, droite). "Qui le fera? Est-ce qu'il s'agit de lutter contre l'islamisme ou de le faire entrer dans l'Education nationale? (...) Je pense que c'est une fausse bonne idée", a jugé sur Europe 1 Luc Ferry, ancien ministre de l'Education nationale (2002-2004) du président Jacques Chirac. "C'est s'adapter au problème plus que le résoudre", a regretté la porte-parole des Républicains, Laurence Sailliet, à l'antenne de RFI. "Comment peut-on imaginer aujourd'hui que tous les efforts ne doivent pas être mis dans l'apprentissage de la langue française? (...) On marche sur la tête!"


Les représentants de la droite souverainiste et de l'extrême droite sont très remontés contre la proposition. Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, s'est dit sur France Inter "totalement hostile à l'arabisation de la France et à l'islamisation du pays".

Louis Alliot, député du Rassemblement national (RN, ex-FN), a jugé "ubuesque" la proposition, estimant qu'elle ne répondait à aucune demande réelle. "Nous sommes dans une idéologie de soumission, a dénoncé le député RN, je suis pour qu'on apprenne le français, les langues qui permettent à nos jeunes de travailler (...) plutôt qu'une langue qui va systématiquement cantonner ces élèves-là à leur culture d'origine".

Invité à réagir à un rapport de l'Institut Montaigne proposant de "relancer l'apprentissage de la langue arabe" pour lutter contre la "fabrique de l'islamisme", le ministre de l'Education nationale avait estimé lundi sur BFMTV que l'arabe était "une langue très importante, comme d'autres grandes langues de civilisation", à l'image du chinois ou du russe, et qu'il fallait "développer" et "donner du prestige à ces langues". "Nous allons aussi questionner la façon dont l'arabe s'apprend aujourd'hui, dans des structures dédiées avec [des] dérives communautaristes", avait précisé M. Blanquer.


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Stes David

Une suggestion c'est d'organiser des cours de la langue libanaise tunésienne algérienne etc. Au lieu de mettre tout le monde dans un cours 'arabe' on pourrait organiser cours d'égyptien, d'iraquien etc. N'oublions pas que bcp des pays 'arabes' ont aussi des populations significantes non-arabes; des grecques des berbères des kurdes ... Finallement comme j'ai déjà dit la France est très intolérant en face de ses propres minorités bretons basques et autres, et la priorité c'est d'enseigner en France les langues indigènes - le français ménace les langues locaux; peut-être la fausse tolérance envers 'l'arabe' c'est pour faire oublier cela et prétendre une sorte de fausse tolérance.

Eleni Caridopoulou

Moi je parle l'arabe Libanais je comprends l'arabe de nos voisins mais alors l'arabe de l'Afrique du nord la c'est du chinois

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DECISION A EFFET CONTRAIRE DE CE QUE L,ON ESCOMPTE !

Le Faucon Pèlerin

Il est absurde que le ministre français de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer venu de la société civile, préconise l'apprentissage de la langue arabe à des enfants dont les parents et les grands-parents viennent ou étaient venus d'Afrique du Nord et d'Afrique noire et qui ne parlent pas encore la langue française, langue du pays où ils vivent depuis deux et même trois générations.
Cher Estez (Maître) Blanquer, apprenez-leur la langue du pays d'accueil pour pouvoir travailler, communiquer avec les Français, savoir régler les formalités administratives. Dans un pays laïc comme la France la religion est une affaire ultra-personnelle qui ne devrait concerner que celui qui la pratique.

Stes David

Il faut aussi , en plus de la langue française, apprendre le breton, basque, corse, occitan, catalan, flamand, alsacien etc. Malheureusement il existe une Ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 de l'exclusivité du français dans les documents relatifs à la vie publique du royaume de France. Pire d'apres wikipedia le décret du 2 thermidor An II (20 juillet 1794) impose le français comme seule langue ...

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