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Un rapport préconise plusieurs pistes pour réguler l'islam en France

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La quasi-totalité de ces mesures avaient déjà été présentées en mars à l'exécutif par l'auteur du rapport, le consultant Hakim el-Karoui, réputé proche d'Emmanuel Macron, et qui plaide depuis deux ans pour la création d'une Association musulmane pour l'islam de France (Amif).


OLJ/Reuters
10/09/2018

Instauration d'une taxe sur le halal et renforcement de l'apprentissage de l'arabe à l'école : un nouveau rapport de l'Institut Montaigne préconise plusieurs pistes pour réguler l'islam en France à l'heure où les annonces du gouvernement sur ce sujet ne cessent d'être repoussées.

La quasi-totalité de ces mesures avaient déjà été présentées en mars à l'exécutif par l'auteur du rapport, le consultant Hakim el-Karoui, réputé proche d'Emmanuel Macron, et qui plaide depuis deux ans pour la création d'une Association musulmane pour l'islam de France (Amif). Constituée de personnalités indépendantes, cette institution serait chargée d'organiser et de financer le culte musulman (formation et rémunération des imams, construction des lieux de culte, travail théologique et lutte contre l'islamophobie et l'antisémitisme).

"Il y a aujourd'hui beaucoup d'argent qui circule en France en lien avec l'islam : les dons, le pèlerinage, le marché du halal constituent une économie de l'islam importante mais mal organisée et absolument pas régulée", peut-on lire dans le rapport.

L'Amif pourrait donc être amenée à "prélever de petites sommes sur chaque acte de consommation islamique et réinvestir cet argent au service de l'intérêt général des musulmans comme de la France". Ce prélèvement s'inspirerait de la "taxe de cacherout" de la communauté juive, gérée par les rabbinats et qui permet de certifier les produits "casher", a expliqué Hakim El Karoui sur RTL dimanche soir.

Autre mesure préconisée par le rapport, la mobilisation de l'Education nationale afin de permettre aux cadres et aux enseignants d'"interpréter les manifestations de l'extrémisme religieux". Une relance de l'apprentissage de la langue arabe est également "majeure tant les cours d'arabe dans les mosquées sont devenus pour les islamistes le meilleur moyen d'attirer des jeunes dans leurs mosquées et écoles."


(Lire aussi : Les racines de l'islamisme occidental)


"Discours français alternatif sur le web"
A l'heure où le "web musulman francophone" représenterait environ 1,2 million de comptes, soit 30% des musulmans potentiellement influencés, le rapport juge par ailleurs "essentiel de disposer d'un discours religieux musulman en français alternatif à celui aujourd'hui dominant sur les réseaux sociaux, le discours salafiste."

A l'image du dispositif "Prevent" ("Prévenir"-NDLR) mis en place par les Britanniques, la France doit se doter de moyens et de réseaux importants pour diffuser ce contre-discours, estime Hakim El Karoui.

Sur le plan diplomatique, la France doit également assurer, en lien avec l'Arabie saoudite, que l'Amif aura un rôle central dans l'organisation du pèlerinage à la Mecque et un renforcement de "sa coopération religieuse avec le Maghreb et les pays du Golfe est à envisager sérieusement."

Les conclusions du rapport, qui ont été publiées dimanche, ont été saluées lundi par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb qui "prend bonne note des propositions formulées" sur l'Amif et la redevance interne sur le halal. Ces propositions "sont très intéressantes et appellent à un rassemblement et une mobilisation des musulmans républicains en France", écrit-il dans un communiqué.

Initialement prévues pour le premier semestre 2018, les annonces d'Emmanuel Macron sur "la question de l'islam de France et son organisation" ont été à plusieurs reprises repoussées. S'exprimant à l'issue du séminaire gouvernemental la semaine dernière, le Premier ministre Edouard Philippe a fait savoir qu'elles seraient désormais dévoilées "d'ici le début de l'année prochaine".

Pendant la campagne présidentielle, jugeant les musulmans de France "mal représentés", Emmanuel Macron avait notamment souhaité la mise en place d'une "nouvelle structure" ainsi que la formation des imams "sur le sol français et de façon adaptée aux valeurs de la République".



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