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Échec des discussions de paix sur le Yémen, le chef des rebelles appelle à la "résistance"

diplomatie

"Notre choix est celui de la détermination et de la résistance face à l'agression", déclare Abdel Malek al-Houthi, selon un discours retransmis samedi soir sur la chaîne de télévision rebelle al-Masirah.

OLJ/AFP
08/09/2018

Après un long suspense, les discussions de paix sur la guerre au Yémen sous l'égide de l'ONU ont finalement échoué samedi à Genève avant même d'avoir débuté, faisant craindre une escalade sur le terrain avec l'appel à la "résistance" lancé par le chef des rebelles houthis.
"Notre choix est celui de la détermination et de la résistance face à l'agression", a déclaré Abdel Malek al-Houthi, selon un discours retransmis samedi soir sur la chaîne de télévision rebelle al-Masirah.

Cet appel est intervenu quelques heures après l'aveu de l'échec des pourparlers à Genève par l'envoyé spécial des Nations unies, Martin Griffiths, qui a déploré que les rebelles Houthis ne se soient pas déplacés.
"Nous ne sommes pas parvenus à faire venir ici (...) la délégation de Sanaa (des rebelles Houthis). Nous n'avons tout simplement pas réussi", a regretté devant la presse le diplomate de nationalité britannique.
"Il est trop tôt pour dire quand se tiendront les prochaines consultations", a dit M. Griffiths, troisième médiateur à se plonger dans le complexe dossier yéménite.



Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Khaled Al Yemani, a aussitôt fustigé devant les journalistes l'attitude "totalement irresponsable" des houthis, leur reprochant de "manquer de sérieux sur le chemin vers la paix".

Mais le ministre s'est montré aussi sévère envers l'envoyé spécial de l'ONU, "qui excuse l'absence" des rebelles. "Le manque de pression (sur les houthis) les a encouragés (...) à considérer avec dédain les efforts déployés".
"Nous sommes mécontents des propos (...) de M. Griffiths mais nous soutenons totalement ses efforts et nous continuerons de le faire", a poursuivi Khaled Al Yemani.
Invitant les Yéménites "à se rendre aujourd'hui sur tous les fronts", Abdel Malek al-Houthi a appelé ses partisans à renforcer "la défense, la sécurité" et à "recruter (...) des volontaires sur le terrain".
Il a aussi aussi défendu la décision de la délégation yéménite de ne pas se rendre à Genève.


(Lire aussi : Au Yémen, les Sudistes veulent faire entendre leur voix)


"Traîtres"
La délégation gouvernementale dépêchée à Genève n'a pas le pouvoir "de prendre ses propres décisions", a-t-il affirmé, faisant référence au soutien de l'Arabie saoudite, à la tête d'une coalition militaire qui aide le gouvernement face aux rebelles.
"Comment peut-elle aller à Genève et mener des négociations sur des questions clés", a-t-il demandé, qualifiant les membres du gouvernement yéménite de "traîtres" et de "mercenaires".
Les discussions de Genève, qui étaient censées débuter jeudi, devaient être les premiers depuis l'échec en 2016 d'un long processus de paix pour tenter de mettre fin au conflit qui a plongé le Yémen dans la pire crise humanitaire au monde. Mais les houthis, des rebelles qui contrôlent de vastes portions du territoire yéménite dont Sanaa, sont restés dans la capitale yéménite en déplorant ne pas avoir bénéficié de garanties nécessaires pour pouvoir se rendre à Genève.  Ils demandaient notamment de pouvoir revenir après les discussions à Sanaa. Or la coalition conduite par l'Arabie Saoudite impose un blocus aérien au Yémen. Les rebelles craignaient donc de ne pas pouvoir revenir au pays.

Signe du fossé séparant les parties adverses, aucun face-à-face direct n'était prévu lors de ces consultations.
Conscient des difficultés extrêmes à amorcer ces discussions, Martin Griffiths avait fixé la barre assez bas, assurant qu'il ne s'agissait que de "consultations" en vue de futures négociations.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait de son côté exhorté mercredi les belligérants à "faire un premier pas vers la fin d'un conflit".
Jusqu'ici, les parties adverses ont campé sur leurs positions. La coalition et ses protégés yéménites exigent le respect de la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU reconnaissant "la légitimité" du président Abd Rabbo Mansour Hadi et exigeant le retrait des Houthis des territoires qu'ils ont conquis et la restitution des armes lourdes.
Les Houthis demandent, eux, "l'arrêt de l'agression" saoudo-émiratie avant toute concession.


Repère
Plus de trois ans de guerre depuis l'intervention de la coalition arabe au Yémen


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