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Économie

À la Foire de Damas, la longue route vers la reconstruction

Focus
OLJ
08/09/2018

Après ses succès militaires des derniers mois, le gouvernement syrien veut croire au retour de la paix et s’atteler à la reconstruction du pays, une tâche difficile après plus de sept années de destructions.

La Foire de Damas, qui a ouvert ses portes jeudi soir, illustre ces espoirs d’une renaissance économique et d’un retour à la normalité, mais les ruines visibles non loin de là, stigmates du conflit, montrent que le chemin sera long et difficile. En dehors des entreprises russes et iraniennes, venues de pays amis, les compagnies étrangères ne sont guère présentes à Damas en raison des sanctions occidentales et de l’ostracisme visant toujours le régime syrien, qui se prépare à attaquer le dernier grand bastion rebelle à Idlib, dans le nord-ouest du pays.

« Les forces armées syriennes ont maintenant le vent en poupe. Nous pensons que la foire sera un grand succès cette année. Beaucoup d’entreprises qui n’étaient pas venues l’an dernier sont ici aujourd’hui », se réjouit Samer al-Debs, qui dirige la Chambre d’industrie de Damas. Aujourd’hui, des voitures sud-coréennes sortent des chaînes d’assemblage en Syrie. Damas a de l’électricité vingt heures par jour. Mais de nombreuses villes du pays sont en ruine et des millions de Syriens fuyant les combats sont toujours réfugiés à l’étranger.

Voitures sud-coréennes

Pour la première fois depuis sept ans, Damas a connu un été calme. Les forces syriennes ont repris au printemps dernier les zones rebelles voisines de la capitale et les obus de mortier ont cessé de tomber sur le centre-ville. L’an dernier, alors que la Foire de Damas venait de rouvrir ses portes après cinq années de suspension, une attaque au mortier avait visé l’entrée du complexe. Il y avait eu six morts. Les éclats sont toujours visibles sur les murs. La route qui conduit à la foire, entre le centre-ville et l’aéroport, côtoie des quartiers ravagés qui marquaient il y a quelques mois la ligne de front. Sur le trajet, flottent des drapeaux russes, iraniens, mais aussi nord-coréens et vénézuéliens.

Dans les halls d’exposition, on trouve des marchandises venues de dizaines de pays, notamment des appareils électroniques japonais et des voitures sud-coréennes Kia assemblées en Syrie sous licence. Les pays les plus présents, sans surprise, sont la Russie et l’Iran, soutiens actifs depuis des années du gouvernement du président Bachar el-Assad et visés eux-mêmes par des sanctions occidentales. Dans le pavillon iranien, sont exposés de délicats tapis de soie, à côté de publicités pour du matériel industriel et agricole. « Il existe des capacités techniques, scientifiques et industrielles en Iran qui correspondent aux demandes du marché syrien », souligne l’ambassadeur d’Iran à Damas, Javad Turk Abadi.

Le poids des sanctions

Au pavillon russe, une entreprise vend des bulldozers blindés pour nettoyer les ruines des bombes non explosées. Une autre propose des câbles électriques.

Jeudi soir, lors de la cérémonie d’ouverture, on remarquait près du Premier ministre syrien Imad Khamis le dirigeant de la République d’Abkhazie, région sécessionniste de Géorgie reconnue par Moscou et Damas. À l’entrée de la foire flotte d’ailleurs le drapeau abkhaze, de même que celui de l’Ossétie du Sud, autre région géorgienne qui a fait sécession avec l’appui de Moscou.

Les pays occidentaux ne veulent participer à la reconstruction de la Syrie que si une solution politique est trouvée au conflit. Dans l’attente, ils maintiennent leurs sanctions contre Damas. En conséquence, les transferts d’argent sont toujours très difficiles, ce qui complique les paiements pour l’importation ou l’exportation. Les entreprises étrangères se montrent prudentes, craignant d’entrer en affaires avec des personnes ou des entités sanctionnées.

Pour rappel, plusieurs membres du gouvernement sortant libanais se sont rendus en Syrie cette semaine pour rencontrer des responsables du régime de Damas.

Source : AFP

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