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Économie

Tourisme : au Liban, les plages délaissées, les montagnes courtisées

Focus

Cet été, les touristes préfèrent se réfugier en montagne, loin de la chaleur et de la pollution des côtes libanaises.

09/08/2018

Cette année, les centres d’intérêts des touristes au Liban, dont le nombre est en hausse légère (+3,3 % sur les six premiers mois de l’année, à 853 087 personnes), se démarquent des années fastes antérieures au printemps arabe, lorsque la saison estivale était synonyme de plages et de boîtes de nuit.La côte libanaise, décriée par les médias pour son niveau élevé de pollution, attire moins, tandis que la montagne, réputée pour son air frais pendant les lourds mois d’été, ne désemplit pas. « Tout ce qui est en lien avec la mer ou la plage a été attaqué », déplore Tony Ramy, président du syndicat des propriétaires de restaurants, boîtes de nuit et cafés. « Nous avons constaté une diminution de 30 à 40 % de la fréquentation des plages », assure-t-il. Depuis la crise des déchets, les rapports alarmants sur la pollution des côtes se sont multipliés. Le dernier en date, publié par le CNRS fin juillet, indique que certains endroits restent fréquentables malgré la pollution. Résultat, les touristes se tournent plutôt vers des localités situées en altitude comme Broummana, Faraya, Ehden ou Beiteddine. « Les festivals ont beaucoup contribué à ce phénomène. Le concert de Shakira aux Cèdres (le 13 juillet, NDLR) a attiré 14 000 personnes ! C’est énorme. Certains sont venus au Liban spécialement pour ça », poursuit M. Ramy. Selon lui, même la capitale est délaissée : « Nous avons constaté une baisse de la fréquentation des boîtes de nuit à Beyrouth. Plus personne ne sort le jeudi soir, contrairement aux années précédentes. »


(Lire aussi : Liban : Le nombre de touristes en hausse de 3,3 % à fin juin)


Nouveaux restaurants à Broummana
Ce regain d’intérêt pour le tourisme intérieur se traduit par la reprise de certaines destinations phares, comme notamment Broummana (Metn), village verdoyant niché à 800 mètres d’altitude et synonyme de fraîcheur pour les habitants de la côte. Le président de la municipalité Pierre Achkar a réussi à braquer les projecteurs de la presse internationale sur son village début juin en décidant d’affubler les policières de la ville de shorts moulants. « J’ai réussi mon coup ! » se félicite celui qui est aussi président du syndicat des hôteliers du Liban. Pour l’instant, aucune retombée économique particulière, mais la diffusion d’une « image du Liban différente des stéréotypes hollywoodiens violents », souligne-t-il.
D’après M. Achkar, « l’ouverture de nouveaux restaurants cet été permet d’accueillir 550 personnes de plus que l’année dernière. Au total, 5 000 personnes se rendent à Broummana tous les soirs ». Mais la fréquentation reste encore en deçà des années précédant le printemps arabe. « Avant, la fréquentation des hôtels atteignait 80 % toute la semaine tout l’été, alors que maintenant, on monte à ce chiffre seulement le week-end », précise M. Achkar. Une fréquentation élevée qui n’était possible que grâce à un nombre important de touristes du Golfe, aujourd’hui en net recul à cause de tensions politiques (-7,7 % sur les six premiers mois de l’année sur le territoire national), alors que le nombre de touristes européens a bondi (+12 % sur la même période).
Autre facteur qui limite la hausse de la fréquentation : le nombre croissant de Libanais qui préfèrent passer leurs vacances ailleurs. « Environ 200 000 Libanais sont partis à l’étranger pour leurs vacances d’été, principalement en Turquie et en Grèce. C’est une augmentation de 10 à 20 %. Le meilleur indicateur, ce sont les vols charters au départ de Beyrouth. Ils sont passés de 70-75 par semaine l’été dernier à 80-85 cette année », explique Jean Abboud, le président de l’Association des agences de voyages au Liban.
Pour que l’été se termine en beauté, les professionnels souhaitent que la formation du gouvernement soit pour bientôt. « Nous espérons que des technocrates issus du secteur privé soient nommés ministres, pour donner un nouveau souffle à l’économie libanaise », veut croire M. Ramy.


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Le Liban éternel

Plages? quelles plages avec des entrées à 25 USD par personne y compris à un endroit comme Jiyé !!!

En tenant compte du savoir-faire de M. Achkar il devrait être en charge aussi du tourisme balnéaire.

Stes David

On devrait étudier une fois si ce n'est pas exactement le tourisme qui contribue à la pollution au Liban. Après le littoral , les sites dans les montagnes risquent d'être pollués.

Cadige William

Un Hommage a Pierre Achkar le President de la Municipalite de Broumana qui a su redonner un Tonus et de l’adrenaline a l’un des villages les plus celebres du Liban.
L’organisation, la courtoisie des agents municipaux, l’air de fete quand on traverse ce village sensibilisent le visiteur ainsi que le riverain.
Un exemple a suivre par tous les autres centres d’estivage, pour le bonheur des libanais et des touristes.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

GARDER AU MOINS LES MONTAGNES PROPRES DEVRAIT ETRE LA RESPONSABILITE DE TOUS LES LIBANAIS ! PERDRE LES MONTAGNES COMME LES PLAGES SERAIT UN SUICIDE !

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