Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane après la finale de Coupe du Roi des champions au Stade de la Cité sportive du roi Abdallah, à Djeddah, le 8 mai 2026. Photo Stringer / Reuters
Des diplomates contactés par le Financial Times (FT) ont révélé que l’Arabie saoudite envisage la conclusion d’un pacte de non-agression entre les États du Moyen-Orient et l’Iran dans le cadre de discussions avec ses alliés sur la manière de gérer les tensions régionales une fois terminée la guerre américano-israélienne contre la République islamique, selon un article publié par le quotidien britannique jeudi.
Riyad envisagerait comme modèle potentiel le « processus d’Helsinki » des années 1970, qui a mené aux accords de 1975 conclus entre le bloc de l’Ouest et l’Union soviétique afin d’apaiser leurs relations et de renforcer la coopération économique entre ces puissances rivales. Selon les diplomates, les pays du Moyen-Orient envisagent l'hypothèse de voir émerger un Iran d’après-guerre affaibli mais toujours perçu comme une menace pour ses voisins. Ils ont ajouté que ce pacte de non-agression figurait parmi plusieurs idées actuellement étudiées.
De nombreuses capitales européennes, ainsi que les institutions de l’Union européenne, soutiendraient l’initiative saoudienne et auraient exhorté d’autres pays du Golfe à l’appuyer, selon les diplomates contactés par le FT. Ils y voient le meilleur moyen d’éviter de futurs conflits et d’offrir également à Téhéran des garanties qu’il ne sera pas attaqué, ajoutent-ils.
Un diplomate arabe a déclaré qu’un pacte de non-agression inspiré du processus d’Helsinki serait accueilli favorablement par la plupart des États arabes et musulmans, ainsi que par l’Iran, qui cherche depuis longtemps à convaincre les États-Unis et les puissances occidentales que la région doit gérer seule ses affaires. « Tout dépend de qui en fait partie. Dans le climat actuel, il sera impossible de réunir l’Iran et Israël. Sans Israël, cela pourrait être contre-productif, car après l’Iran, il est perçu comme la principale source de conflit », a déclaré ce diplomate. « Mais l’Iran ne va nulle part, et c’est pourquoi les Saoudiens poussent cette idée. »
Des divisions persistent également entre les États arabes et musulmans — notamment entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, les deux les plus influents du Golfe — en raison de visions divergentes et d’une concurrence économique.
Certains pays arabes et musulmans sont également de plus en plus préoccupés par la conduite militaire d’Israël depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Beaucoup n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles avec l'État hébreu, qui est de plus en plus perçu comme une force belliqueuse et déstabilisatrice, alors qu’il poursuit ses attaques contre le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza, tout en occupant certaines parties du sud de la Syrie.
L’Iran a riposté à la guerre américano-israélienne en lançant des salves de missiles et de drones contre des monarchies du Golfe — frappant des installations énergétiques et d’autres infrastructures civiles — et en fermant de facto le détroit d’Ormuz, ce qui a souligné la menace potentielle qu’il représente pour ses plus petits voisins, rappelle le FT.
Les États-Unis et l’Iran ont mené des discussions indirectes sur un accord visant à mettre fin à la guerre et à rouvrir le détroit d’Ormuz. Mais les négociations se sont concentrées sur le programme nucléaire iranien, et non sur son arsenal de missiles et de drones ou son soutien à des groupes alliés régionaux, qui constituent pourtant des préoccupations majeures pour les États arabes.


