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Culture

Zad Moultaka, du soleil noir de Babylone au cinquième soleil aztèque...

À VENIR

Toujours entre deux avions, deux projets, deux chaises, deux valises. L’artiste est un ovni voyageur. De civilisation en civilisation, voilà sa quête pour la paix...

27/07/2018

Non content de son fabuleux succès, à Beyrouth même, avec Shamas qui fit sensation au musée Sursock, voilà Zad Moultaka reparti en vitesse de croisière sur d’autres traces, d’autres images, d’autres sonorités, d’autres horizons. On le suit pour cet été où son empreinte est un peu partout… Rencontre express entre fromage et poire pour parler des projets de cet été fourmillant d’idées et d’activités.

Les cheveux en bataille (comme d’habitude), le sourire aux lèvres, l’artiste multidisciplinaire semble n’avoir pas de répit. Ce boulimique de la créativité tous azimuts, à peine les pieds posés en terre natale, parle en toute volubilité et enthousiasme de ses nombreux déplacements au pays du Cèdre et ailleurs…

Tout d’abord, parlons encore (et encore) de ce Shamas qui a fait la une et suscité l’ébahissement de la Biennale de Venise, et qui a tant séduit et médusé les Libanais. Avec ce bombardier fidèle à la stèle de Hammourabi sur fond de panneaux sertis de piastres aux tons cuivrés, accompagnés d’une musique chorale aux chuintements sourds, la traversée du temps et le message de paix et de non-violence se porte le 13 août prochain à Helsinki en Finlande, à l’île de Suomenlinna. L’île où le pays des mille lacs a eu sa déclaration d’indépendance. Pour le centième anniversaire de la Finlande, Shamas sera l’événement marquant.

Sur l’agenda du compositeur d’Anachid, Beyrouth sera un point de chute important avec le BAF (Beirut Art Fair) qui se tiendra en septembre prochain. Zad Moultaka, à travers la galerie Janine Rubeiz et sous l’impulsion de Nadine Begdache, présentera une monumentale œuvre en papier : un tableau de 6 m x 2 m 30 intitulé Apocalypse. Avec pigments et liants acryliques. À noter qu’apocalypse ici n’est pas dans un sens de destruction mais de révélation…


(Pour mémoire : Zad Moultaka et la pérennité de l’œuvre artistique)


Toujours en septembre, le 22 du mois, Tripoli déploiera ses fastes artistiques au stade Rachid Karamé, grâce à une exposition groupant des artistes libanais et mexicains, à l’initiative du BeMa (Beirut Museum of Art) et de Studiocur/art. Présence une fois de plus de l’enfant de Wadi Chahrour, plasticien et créateur faisant feu de tout bois.

Pour le dôme d’Oscar Niemeyer, une installation désignée par Don’t Fall (Ne tombe pas) aura sa griffe. Et le musicien peintre de continuer, avec un sourire mystérieux, la phrase choisie de Don’t Fall par « because whenever you fell you will fall for good » (Ne tombe pas car si jamais tu tombes, tu tomberas pour de bon). Une devise inspirée de la mythologie aztèque autour du cinquième soleil, reliée à la théorie cyclique. Pour les Aztèques, quatre soleils ont déjà détruit tout. Et aujourd’hui, c’est le tour du cinquième soleil, mais l’enjeu, et notre rôle, sont de prolonger la vie de ce soleil et de remettre au plus loin le cataclysme. Karine el-Helou, la curatrice de ce projet, en voyant Shamas, a vu la relativité avec ce mythe aztèque. C’est un travail sur la notion d’écroulement du monde. Ce quelque chose qui va s’écrouler mais ne s’écroule pas… C’est cette sensation de craquement et de chute que l’artiste tente de traduire et d’exprimer.

Le dôme évoqué ci-haut est inachevé et rongé par l’érosion et la ruine. Pour sensibiliser l’opinion et le gouvernement à l’importance de cet espace historique en décrépitude, l’artiste propose cette installation où onirisme, monde sonore (musique concrète électro-acoustique spécialement conçue pour accompagner ce projet par le compositeur) et vision fantasmagorique se marient. Cette œuvre sera chevillée aux tiges en fer oxydé qui sortent, comme des souvenirs fantomatiques, des rondeurs de la coupole…

Une dernière pirouette dans le ballet des projets de Zad Moultaka ? Et l’homme de cinquante et un ans aux semelles de vent de répondre, sans lassitude aucune, en toute spontanéité : « Je serai en France pour de grandes tournées, à Singapour (pour une exposition et une installation), à São Paulo, à Oslo, à Berlin, à Athènes… »

En toute certitude, il n’a pas tout dit ni tout nommé. On souhaite bon vent à cet artiste à l’esprit si ouvert, à la vision jamais éteinte, aux talents si multiples, qui porte avec tant d’éclat et de culture le message de paix d’un Liban omniprésent dans son inépuisable créativité.



Pour mémoire

Ce bombardier de la paix qui se pose à Beyrouth, sa ville natale...

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