Le village préféré des Libanais - 2018

Plongée en apnée dans les racines des dix villages de la cuvée 2018

Le Village Préféré des Libanais

Senteurs et couleurs des villages traditionnels libanais se sont emparées hier soir de la marina de Waterfront City Dbayé, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 3e édition du Village préféré des Libanais, ouverte cette année au public.

18/07/2018

Aïn Dara, Baakline, Bkassine, Broummana, Enfé, Jeb Jannine, Jouaya, Kfour, Marjeyoun et Qartaba : autant de noms, de couleurs et de paysages qui étaient présents hier à la cérémonie de lancement du Village préféré des Libanais, compétition lancée il y a déjà trois ans par L’Orient-Le Jour, en partenariat avec la Fransabank et en collaboration avec Waterfront City Dbayé, Souk el-Tayeb et livelovebeirut.


Découvrez, ici, les dix villages en compétition pour l'édition 2018 de notre concours : Le village préféré des Libanais


Symboles de la diversité et de la richesse du terroir libanais, les dix villages se sont délocalisés le temps d’une soirée à la marina du Waterfront City de Dbayé pour des noces festives et animées. Sous le soleil déclinant, dès 18h30, les stands en bois croulaient sous les merveilles culinaires (mais pas que !) des villages participant à la compétition. Après les discours de Ziyad Makhoul, rédacteur en chef à L’Orient-Le Jour, de la responsable marketing et de communication de la Fransabank Dania Kassar, et du ministre d’État sortant à la Planification, Michel Pharaon, qui parraine cette initiative depuis 2016, l’événement était ouvert pour la première fois au public. L’occasion pour les Libanais et les Libanaises de découvrir la longue table installée à l’entrée, où s’étalaient des spécialités culinaires sous la houlette des chefs de Souk el-Tayeb. Où se sont régalés, entre autres, le ministre sortant de l’Éducation, Marwan Hamadé, originaire de Baakline, les députés Ziad Hawat (Jbeil) et Élias Hankache (Metn), l’ancien député Farès Souhaid, originaire de Qartaba, le secrétaire général du Renouveau démocratique Antoine Haddad, Pierre Jalkh représentant le député Samy Gemayel (Metn), et la quasi-totalité des présidents des municipalités des villages de 2018, dont Pierre Achkar (Broummana), président du syndicat des hôteliers, hajj Hassan Jechi (Jouaya), le colonel Habib Farès (Bkassine), Antoine Abi Saab (Kfour), etc.


(Lire aussi : Dania Kassar : Préserver le patrimoine et l’environnement dans les zones rurales doit être une priorité nationale)


Mille et une saveurs libanaises
Partenaire de l’événement, Souk el-Tayeb, par le biais de son fondateur Kamal Mouzawak, a décliné en dix vitrines les spécialités de chaque village de la compétition. Depuis sa création, l’organisation place au cœur de ses actions la mise en valeur du patrimoine culinaire du Liban et encourage les pratiques respectueuses des consommateurs, des producteurs et de la terre. Jojo, une grand-mère libano-française, découvre l’initiative du Village préféré des Libanais. D’une main, elle tient un petit bol de friké, du blé vert au poulet, qu’elle fait goûter à ses petits-enfants, Emmanuelle et Cyrille. Ce dernier ne cesse d’ailleurs d’en redemander, les mains sur le ventre et un sourire béat étalé sur le visage. « J’aime bien qu’ils s’intéressent à ça, explique-t-elle. On ne voit pas beaucoup d’enfants ici, d’habitude ils ne s’y intéressent pas. Il ne faut pas juste connaître le côté superficiel de son pays, mais aussi sa culture, ses traditions. »
Et, pour le coup, Jojo ne peut qu’être ravie : sur les dix stands éparpillés face à la mer, on découvre mille et une saveurs libanaises, rassemblées sur quelques centaines de mètres carrés : des noix, de la liqueur de différents baies, des jus de rose et de pomme, des pâtisseries diverses et variées, du kechek… Tous les participants ont en commun ce désir de faire découvrir et rayonner leur village, leur terre. Céline Khoury, de Qartaba, veut « montrer qu’on continue d’utiliser les anciens outils » pour produire les spécialités locales ; Michel Kaïdy évoque avec un grand sourire les olives et les ruches de Kfour, et au stand d’Enfé, Riad Dayaa fait goûter aux curieux la criste marine (en arabe, la hachichét el baher), une algue comestible conservée dans de la saumure…


(Lire aussi : Les 10 commandements culinaires de Kamal Mouzawak (Souk el-Tayeb))


« Se battre » pour l’environnement
 « C’est une bonne chose, parce que l’événement permet de faire découvrir tous les villages aux autres villages, surtout ceux qui sont loin de la ville », souligne Hanna Bayoud au stand de Marjeyoun. « Moi-même, j’ai découvert ce soir des spécialités de Bkassine! » C’est en tout cas ce qui ressort et du côté des organisateurs, et du côté du public : l’intérêt est vraiment la notoriété des villages et la mise en valeur de leur patrimoine, tant au Liban même qu’à la diaspora libanaise à travers le monde. Nadim Moujaes, membre du conseil municipal du village de Bhamdoun, arrivé à la deuxième place de la compétition l’année dernière, souligne que c’était l’un des objectifs, en plus de renouer les relations avec les villages voisins et de redorer l’image de Bhamdoun aux yeux de la population. Le ministre Michel Pharaon insiste sur ce dernier point : « Je crois dans le tourisme rural. Il y a un potentiel de croissance énorme. Chaque village a une particularité, une chose dont il peut être fier et qui peut attirer le tourisme. »
Mettre en valeur les rivières, les forêts et les lieux naturels à travers le Liban permet aussi d’envisager une plus grande conservation des lieux et des modes de vie traditionnels. C’est ce sur quoi parie Riad Dayaa pour Enfé : « C’est aussi l’occasion de connaître mieux les traditions et de se battre contre l’extension des zones hôtelières qui menace chez nous les marais salants, par exemple. » Des ressources naturelles qui sont mises en valeur par une dizaine de photos grand format exposées à l’entrée de la marina.
Dans le long terme, espère M. Pharaon, cette valorisation permettra peut-être de pousser les Libanais et leur gouvernement à « protéger beaucoup de choses » et ainsi sauvegarder ces richesses. Une « résistance touristique, environnementale et culturelle », comme le formulait récemment Ziyad Makhoul dans un éditorial, qui semble avoir de beaux jours devant elle.
Place désormais à la compétition, qui promet d’être serrée au vu de l’enthousiasme et des espoirs des participants ! Surtout que le vote est facile : www.lorientlejour.com/village


Lire aussi

Prendre racine(s) au Liban, l'édito de Ziyad Makhoul

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Stes David

Enfeh : 'une algue comestible conservée dans de la saumure' la hachichét el baher; je n'ai jamais vu cela mais c'est intriguant

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CHAQUE VILLAGE A SA BEAUTE PARTICULIERE ET ON N,A PAS EU LE TEMPS DE TOUT EXHIBER ! INITIATIVE REUSSIE !