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Culture

Pas de politique dans ce spectacle, lance Ziad Rahbani....

Festival de Beiteddine

Pour l’ouverture du Festival de Beiteddine 2018, et après deux ans d’absence de la scène libanaise, Ziad Rahbani a retrouvé son fidèle public hier soir, celui habitué à ses frasques et qui le suit comme on entre en religion, celui qu’il enchante, séduit, surprend et amuse.

Danny MALLAT | OLJ
13/07/2018

On ne présente plus Ziad Rahbani, et s’il arrive de poser la question à un politicien, un commerçant, un artisan, un acteur, un chanteur, un villageois ou un citoyen, la réponse est unanime : C’est un génie ! Fils du compositeur libanais Assi Rahbani et Nouhad Haddad, la célèbre Feyrouz, il est né le 1er janvier 1956 dans la ville d’Antélias. La famille Rahbani est une institution en soi. Après son père, sa mère et son oncle Mansour Rahbani, il ne déroge pas à la règle familiale et à la tradition artistique.

Ziad Rahbani a souvent reproché à son public de ne pas arriver à temps à ses spectacles, bien qu’ayant lui-même souvent dérogé à la règle. Grand perfectionniste et un tantinet susceptible, il a toujours considéré que c’était un manque de respect. Et comme le public libanais n’apprendra jamais, il est encore arrivé en retard ce soir-là. Alors l’artiste entame quand bien même son show, entouré d’un orchestre. Et tout d’un coup, une demi-heure plus tard, comme sorti de nulle part – il quittera souvent son piano pour se retirer derrière un paravent faisant office de coulisses –, il demande au public de se lever pour entamer l’hymne national vu qu’il avait omis de le faire en début de concert. Un grand moment d’anthologie, du jamais-vu, du pur et dur Ziad Rahbani.
 « Pas de politique dans ce spectacle », lance l’artiste trublion de la scène, même courbé en deux pour cause de mal de dos. Un leitmotiv qu’il répète tout au long du spectacle. Entre deux morceaux, il signale quand même la présence des soldats jalonnant la route qui mène jusqu’à l’entrée du Palais des émirs et il décompte les 150 gardes du corps qui accompagnent… les corps sacrément politiques présents aux premiers rangs et sans lesquels les embouteillages et le retard n’auraient sans doute pas eu lieu.

Un grand orchestre symphonique, une chorale, des musiciens lui donnent la réplique ainsi que deux chanteuses aux voix qui servent à merveille les textes du grand Ziad : Lara Rayn et Manal Semaan, et deux chanteurs, Edgar Aoun et Hazem Chahine. Sans oublier la présence de l’acteur Tarek Tamim qui officie en maître de cérémonie, vêtu d’un costume militaire, et la metteuse en scène et actrice Lina el-Khoury. Le répertoire inclut des chansons à connotation religieuse qui évoquent le Christ et d’autres triées sur le volet du répertoire de Feyrouz et de ses spectacles. Et Ziad Rahbani accompagne au piano, accompagne de sa présence, accompagne de ses commentaires, sobriquets et calembours...

Il est tout ou n’est pas
En deuxième partie du spectacle, le compositeur, pianiste, dramaturge, interprète et commentateur politique propose des compositions plus enlevées, typiquement ziadienne (comme « Est-ce que vous voulez venir prendre un verre chez nous ? ») rythmées et entrecoupées de saynètes humoristiques. Il ira même à exhiber un tee-shirt aux couleurs de l’équipe du Brésil.
Personnage controversé qui divise et sépare, il y a ceux qui l’écoutent religieusement et le suivent inconditionnellement, et les autres, les athées de la pensée libre pour lesquels il outrepasse toutes les limites, et s’octroie toutes les libertés. Pour ceux-là, sa critique est acerbe et non constructive, ses paroles sont blessantes parce que vraies, ses textes sont outrageants et d’un militantisme farouche.
La contribution artistique de Ziad Rahbani est indéniable, que l’on soit d’accord avec sa politique ou non. Les sept mille spectateurs présents ce soir en étaient la preuve vivante.


Pour mémoire

Beiteddine 2018 : Ziad Rahbani donnera le « yalla ! »

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Georges Breidy

En tant qu'auteur, compositeur et musicien, Ziad est un véritable génie qui na'pas eu -ou qui n'a pas voulu prendre- la place qu'il mérite au Panthéon des grands artistes du 20eme siècle! Il n'en reste pas moins un des plus grands artistes Libano-Libanais de notre ère! Longue vie mon cher Ziad et regale-nous encore plus dans les années a venir.

Le Faucon Pèlerin

Quoiqu'il en soit, mes trois chansons préférées de Fayrouz sont : Sa narjaoou yawman, Aatini en'naya wa ghanni, ya Laure hobbouki. Du pur Liban de ma longue vie.

gaby sioufi

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