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Culture

Beiteddine 2018 : Ziad Rahbani donnera le « yalla ! »

Conférence de presse

Nora Joumblatt a rendu public hier le programme du festival qui déroule 6 spectacles du 12 juillet au 11 août.

18/04/2018

« En dépit du vacarme orchestré par les festivals électoraux tous azimuts, nous accordons notre vote préférentiel à la culture et au tourisme », a lancé Nora Joumblatt sous les applaudissements des journalistes réunis pour un point de presse à Antwork (Kantari), à l’occasion de l’annonce du programme du Festival international de Beiteddine. Cette 33e édition comporte six spectacles, dont certains sont étalés sur deux ou trois soirées, du 12 juillet au 11 août. « L’année dernière, nous avions tiré la sonnette d’alarme concernant la pérennité du festival, notamment avec la surtaxation (35 % sur le prix du billet) que l’État impose aux festivals. Nous n’étions pas sûrs de pouvoir organiser un festival en 2018. Mais voilà, nous avons réussi à le faire. Nous tenterons de survivre ainsi, d’année en année, au jour le jour. »

Nora Joumblatt était entourée du ministre de la Culture, Ghattas Khoury ; de Joanna Baloglou, responsable de la communication institutionnelle à la SGBL, et de Ghada Sadek Abela, présidente de la Fondation Pierre Sadek. Étaient également présentes : Lynn Tehini Kassatly, conseillère auprès du ministre de la Culture, et Zeina Arida, directrice du musée Sursock.

C’est l’enfant terrible des Rahbani qui va donner le « la » ou plutôt le yalla aux festivités du palais des Émirs le 12 juillet, avec une soirée supplémentaire le lendemain. Les 19 et 20 juillet, c’est toute la flamboyance du flamenco qui prendra d’assaut les planches du festival avec la compagnie espagnole Antonio Gades et les morceaux Suite Flamenca et Blood Wedding (Noces de sang). Ce dernier présente, par la danse, la pièce de théâtre éponyme de Federico Garcia Lorca, avec tous les sentiments des personnages et toute la tragédie de l’œuvre.

Le 25 juillet, ambiance cabaret avec Ute Lemper et son RV avec Marlene, spectacle basé sur une conversation téléphonique de 3 heures entre Marlène Dietrich et Ute Lemper en 1988 à Paris, il y a 30 ans. Ute était juste au début de sa carrière tandis que Marlène avait déjà une longue vie remplie de films, de chansons, de collaborations incroyables, d’histoires d’amour et de célébrité. L’actrice et chanteuse allemande – qui était venue une première fois à Beiteddine en 2002 et une seconde au Festival de Byblos en 2012 – y livre son cadeau secret et y fait entendre Marlène parler de sa vie, de son travail, de son style, de son amour pour le poète Rainer Maria Rilke, de sa relation compliquée avec l’Allemagne, de son chagrin et de ses fascinations.
Les 27 et 28 juillet, place à Kadhem al-Saher, prince des cœurs, du chant et de la poésie arabe, un inconditionnel de Beiteddine.
Le 30 juillet, Carla Bruni. La musicienne, mannequin et ex-Première dame de France, sera peut-être accompagnée dans son voyage de son mari Nicolas Sarkozy puisque l’ex-président français aurait avoué au ministre de la Culture libanais – lors de l’inauguration de la bibliothèque nationale du Qatar où ils se sont retrouvés il y a deux jours – qu’il avait hâte de se rendre au Liban et de visiter le pays cet été.
Beiteddine 2018 clôture sa 33e édition avec Cirkopolis, un spectacle contemporain de haute voltige plein de poésie et de folie par la troupe québécoise Éloïze.

Les festivaliers pourront se régaler avec les planches caricaturales de Pierre Sadek en visitant l’exposition qui lui est consacrée du 12 juillet au 15 août au palais des Émirs, en collaboration avec le musée Sursock.


Trois questions à Nora Joumblatt


Comment réussissez-vous à survivre économiquement ? L’État tient-il ses promesses de subventions ?
Au propre comme au figuré, vous survivons économiquement en apnée !
L’État tient ses promesses avec des délais de deux ans et une amnésie chronique…
Imaginez que vous soyez une artiste. Avec quel spectacle partiriez-vous en tournée ?
Avec Cirkopolis pour tout ce que ça comporte comme créativité.
Quel est votre souhait le plus cher concernant le festival que vous dirigez ? Et ce que vous craignez le plus ?
Longue vie, et qu’il conserve sa mission première de rassembler dans un lieu historique les arts, les êtres et les libertés. Je crains plus que tout l’étouffement par immersion dans un océan d’indifférence.


Le top 3 de la rédaction



1.Ziad Rahbani
Accompagné d’un orchestre symphonique, aux commandes de son clavier, Ziad Rahbani proposera des nouveautés mais aussi et surtout ses standards de chansons orientales, interprétées par Manal Semaan et Hazem Chahine. Après une absence de plus de deux ans, ce retour sous les feux de la rampe est assurément un happening culturel attendu par ses nombreux fans.

2.Carla Bruni
Carla Bruni revisite les plus grands classiques internationaux de la chanson, avec la complicité du légendaire David Foster, le producteur canadien aux seize Grammy Awards. Lors de cette parenthèse anglophone, Carla Bruni reprend les mots et mélodies des plus grands artistes anglo-saxons, tels que Abba, Depeche Mode, les Clash, Lou Reed ou encore les Rolling Stones ; tout autant de madeleines de Proust qui ont épousé l’empreinte de la musicienne.

3.Cirkopolis
Cirque contemporain à la croisée du cirque, du théâtre et de la danse, mené par la troupe québécoise Eloïze. Inspiré par le film Métropolis, de Fritz Lang, ce show plonge les spectateurs dans un décor rétrofuturiste où dix acrobates danseurs repoussent les limites imposées par la ville-usine (représentée en arrière-plan par des images projetées) à coup de chorégraphies millimétrées et d’acrobaties impressionnantes.


Le programme



Ziad Rahbani : 12 et 13 juillet.
La compagnie Antonio Gades, Blood Wedding et Suite Flamenca : 19 et 18 juillet.
Ute Lemper : 25 juillet.
Kadhem al-Saher : 27 et 28 juillet.
Carla Bruni : 30 juillet.
Cirkopolis : 9,10 et 11 août.
Exposition : L’histoire en images de Pierre Sadek, du 12 juillet au 15 août.


Ils ont dit...



- Le ministre de la Culture Ghattas Khoury : « Ce festival, grâce à sa présidente et son comité, est de niveau international. À l’instar des divers festivals libanais, il profite également beaucoup à la région où il est implanté, en revenus, en développement durable et en dissémination de la culture. Il m’importe également de souligner le succès de la Nuit des musées qui a eu lieu samedi dernier avec le nombre de visiteurs du musée national qui a doublé par rapport à l’année dernière, et cela indique bien un intérêt croissant pour la culture qui est par ailleurs un secteur à même de générer à l’État libanais un gain de 2 milliards de dollars par an. »
- Nora Joumblatt : « Un grand merci à Ghattas Khoury pour son soutien au secteur culturel et touristique. Malheureusement, ni le ministre du tourisme Avédis Guidanian ni la directrice générale du Tourisme, Nada Sardouk, n’ont pu se joindre à nous aujourd’hui, mais nous espérons qu’ils seront avec nous au cours du festival. »
- Joanna Baloglou, représentante de la SGBL : « Voilà dix-neuf ans que la SGBL est partenaire privilégié de cet événement et accompagne le Festival de Beiteddine. Nous saluons les efforts du comité et de la présidente qui redoublent chaque année pour surmonter les obstacles. »
- Ghada Sadek, présidente de la Fondation Pierre Sadek : « L’exposition des planches du caricaturiste Pierre Sadek raconte une tranche importante de l’histoire du Liban et de la région, d’une manière juste et drôle. »



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Sarkis Serge Tateossian

Que de bonnes nouvelles et un programme à la hauteur de l'événement. Un bonheur.

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