Liban

Une autre raison pour expliquer la lenteur du processus de formation du gouvernement...

Décryptage
13/07/2018

Le Liban – mais aussi le monde entier – retient son souffle en attendant le sommet entre les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine qui doit se tenir lundi à Helsinki. On dirait presque que le sort du monde dépend de cette rencontre qui a été minutieusement préparée par les conseillers des deux présidents. Toutefois, avec la personnalité qualifiée en général d’imprévisible de Donald Trump, les deux parties restent circonspectes et préfèrent ne pas donner d’indications précises sur les principaux dossiers qui seront évoqués. Selon des sources diplomatiques arabes au Liban, le président américain compterait proposer à son homologue russe de prendre totalement en charge le dossier syrien en contrepartie de son appui au fameux « deal du siècle » préparé par les Américains avec l’accord des Israéliens pour régler définitivement le conflit israélo-arabe.
Selon ces mêmes sources diplomatiques, tout ce qui se passe actuellement dans la région tourne autour de ce point central, qui est au cœur de la présidence de Donald Trump. Ce dernier veut ainsi en faire le point fort de son mandat et la grande réalisation que l’histoire retiendra. Trump s’est donc engagé auprès des Israéliens à régler le conflit qui les oppose aux Palestiniens, et toute sa politique étrangère repose sur cet objectif. Son ouverture sur les pays du Golfe s’inscrirait aussi dans ce cadre, d’abord pour leur soutirer de l’argent, Trump gérant les affaires des États-Unis en bon businessman qui ne donne rien gratuitement, ensuite pour les pousser à se rapprocher des Israéliens dans le but de combattre l’Iran. Même son hostilité déclarée à l’égard de l’Iran et les sanctions économiques de plus en plus dures que son administration a décidé d’imposer à ce pays seraient liées à la volonté américaine de faire pression sur la République islamique d’Iran pour deux raisons principales : d’abord la pousser à ne pas s’opposer au « deal du siècle » et en même temps la contraindre à arrêter son appui aux mouvements de résistance dans la région, en Palestine et au Liban en particulier, ensuite pour l’empêcher de continuer à développer des missiles balistiques, surtout qu’on peut leur faire porter une ogive nucléaire.
Le « deal du siècle » est donc la grande priorité de la politique étrangère américaine, et Donald Trump se fait fort de réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué depuis plusieurs décennies. Sa stratégie pour cela est simple : neutraliser l’Iran et, par conséquent, affaiblir l’axe dit de la résistance, contraindre les autres pays arabes à accepter l’idée du compromis et isoler totalement les Palestiniens au point qu’ils n’auront plus d’autre choix que d’accepter ce qui leur sera proposé, n’ayant plus de soutiens pour pouvoir résister.
En réalité, le président américain avait promis d’annoncer le contenu de son plan de paix en mai dernier, mais il a renoncé à le faire parce que le camp qui pourrait s’y opposer n’était pas encore suffisamment affaibli. Ce qui pourrait pousser les parties arabes qui évoluent dans l’orbite américaine à ne pas exprimer publiquement leur position.
Jusqu’à présent, les détails du plan ne sont donc pas connus, mais beaucoup de points ont été publiés par plusieurs centres de recherche américains. L’idée principale est de créer un État palestinien faible et dépourvu de souveraineté, divisé en deux parties, Gaza et la Cisjordanie, à peine reliées entre elles, avec toutefois un échange de terrains entre les Égyptiens, les Israéliens et les Palestiniens. La capitale de cet État serait Abou Dis à quelques kilomètres de Jérusalem qui, elle, serait reconnue par le monde entier comme la capitale de l’État d’Israël. Bien entendu, l’État palestinien conçu de cette manière ne pourra pas accueillir les Palestiniens de la diaspora qui devront rester dans les pays qui les ont accueillis...
Indépendamment des chances du président américain d’obtenir gain de cause et de faire appliquer son plan, les sources diplomatiques arabes au Liban estiment que tout ce qui se passe aujourd’hui s’inscrit dans le cadre de cet objectif, qu’il s’agisse de la volonté américaine de donner le dossier syrien au président russe, des pressions sur l’Iran ou encore du peu d’empressement à pousser les parties libanaises à former un gouvernement. Concernant le dossier syrien, les sources précitées précisent qu’en réalité, c’est un faux cadeau puisque la situation sur le terrain syrien a évolué dans le sens voulu par les Russes et leurs alliés, au point que les Américains ne disposent plus réellement de leviers pour inverser le rapport des forces. Maintenant, ce que souhaitent les Américains, c’est reconnaître leur échec en Syrie, moyennant un engagement russe à empêcher l’Iran et le Hezbollah d’y avoir une influence déterminante. Le plan américain serait le suivant : l’Iran se retire de la Syrie et doit faire face à une grave crise économique interne, le Hezbollah se retire de Syrie et s’enlise dans les problèmes internes libanais, notamment les affaires de corruption et la crise économique, et l’État libanais, affaibli, ne sera pas en mesure de s’opposer au plan de règlement du conflit israélo-arabe proposé par les Américains.
Si cette approche était vérifiée, elle pourrait expliquer (en partie) la lenteur dans la formation du gouvernement...

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Hitti arlette

Toujours des analyses aussi pertinentes que concluantes reposant sur des faits puisés de la réalité sur le terrain . Certes beaucoup de lecteurs les approuvent sans toutefois trouver à les commenter en ligne . La preuve de la crédibilité de Scarlett Haddad est qu'elle est devenue une starlette sollicitée par toutes les chaînes locales .Et qui sait ,un jour, peut être par des chaînes étrangères . D'ailleurs on ne ne récolte que ce que l'on sème . Merci chère Scarlett pour tout ce que vous nous donnez à lire .

stambouli robert

Mm Haddad
Discuter et faire des conclusions sur un plan qui n'est meme pas encore divulguer c'est inventer des editoriaux sans consistence
QUI VOUS DIT QUE BIEN ENTENDUE LE PLAN DE PREVOIE PAS LE RETOUR DE TOUS LES PALESTINIENS DANS LE NOUVEL ETAT PALESTINIENS?
Israel a absorbe plus de 850000 juifs qui ont quitte les pays arabes et plus d'un million de Russe dans un territoire encore plus petit
QUI VOUS DIT QUE LES PALESTINIENS ETABLIS A L'ETRANGER HORS DE CERTAINS PAYS ARABES VOUDRONT RETOURNER DANS UN NOUVEAU ETAT PALESTINIEN??

Dire que quelqu un a peur que le Liban s'oppose a un reglement approuve par tous les pays arabes et c'est pour cela que le gouvernement ne se forme pas est d'une absurdite sans nom
qui s'en fout de ce que le Liban pense a ce sujet?
VOUS ETES LA SEULE A LE PENSER
Le gouvernement ne se forme pas car entre FL et CPL c'est la guerre des portefeilles et des quantites de ministres UN POINT C EST TOUT
JE VOUS EN PRIE UN PEU D'OBJECTIVITE DANS VOS ANALYSE ET DE SERIEUX

Pierre Hadjigeorgiou

Quels que soient les "deals" ou les vœux des uns (Occidentaux) ou des autres (Perse, arabe ou Russe) tant que la solution ne sert pas les intérêts du Liban souverain, libre et indépendants, la région ira encore de guerre en guerre éloignant la paix a très très loin... Si les puissances mondiales veulent vraiment une paix, il se doivent de l’établir et tenant compte du Liban d'abord en raison de tous les plans précédents qui ont tous échoués, les uns après les autres, conduisant aux malheurs de la région et du monde d'aujourd'hui. C'est le seul pays qui historiquement a pu réunir les arabes autour de dialogues constructifs et intelligents au cours de la récente histoire de la région et le seul qui puissent gérer les crises avec qui que ce soit. Il lui faut retrouver sa splendeur d'antan. Pour ce faire il faut a tout prix se débarrasser ou minimiser le rôle politique du Hezbollah et autres partis non Libanais et il faut que cela se fasse de l’intérieur pour ne pas être redevable a une quelconque puissance extérieur qui cherchera a nous dicter nos actions. Il est temps que les politiciens véreux de ce pays comprennent que le monde avance et il le fera en nous laissant pour compte si nécessaires. Or le Liban et son peuple ont toujours été une lumière dans ce monde. Petite soit, mais O combien importante. Ne perdons pas le train qui s'annonce...

Bery tus

wow !!! mais madame quand vous vous relisez vous trouvez pas qu'il y a quelque contradiction !?

quand oui assad est .. revenu de loin, et non les chose en syrie n'aurait pas evoluer dans le sens voulu si les USA n'y était pas au prealable d'accords avec les russes depuis leur rentrer militaire, et surtout QUE OUI ILS DISPOSENT TJRS D'UN LEVIER MILITAIRE (LES USA) QU'ILS N'ONT PAS UTILISER (EN ACCORDS AVEC LES RUSSES)

ET NON je ne voies pas Trump laisser des armes lourdes et différents missiles proche d'israel (au liban).. si déjà il ne les veut pas proche du golan … car il sait tres bien que pour le hezb prendre part a cet accords ou encore accepter de deposer les armes sans combattre Israel avec les missiles qu'il a deja c'est signer son arret de mort politique au liban

comment expliquerez vous cela … je suis impatient de le savoir

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