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Moyen Orient et Monde

Trump rassurant : « Je crois en l’OTAN »

Sommet de Bruxelles

Le président américain affirme avoir fait plier les alliés.

OLJ
13/07/2018

Donald Trump a affirmé hier avoir obtenu l’engagement des alliés des États-Unis à accélérer la cadence pour augmenter leurs dépenses militaires. À l’issue d’un sommet de l’OTAN sous tension à Bruxelles, il s’est déclaré « très content » des résultats. « Ils ont accepté de payer, et de payer plus rapidement », s’est félicité le président américain lors d’une conférence de presse non programmée avant de quitter Bruxelles pour Londres.
 « Depuis l’élection de M. Trump, de l’argent frais est arrivé : 41 milliards de dollars supplémentaires pour les dépenses militaires des alliés, ce qui est substantiel. Nous avons besoin de nouvelles augmentations substantielles », a ensuite précisé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. L’engagement souscrit en 2014 de consacrer 2 % de leur PIB aux dépenses de défense pour 2024 reste inscrit noir sur blanc dans la déclaration commune agréée mercredi par les leaders des 29 pays membres de l’Alliance. Mais une quinzaine de pays, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, l’Espagne et la Belgique, sont encore très loin de l’objectif, avec moins de 1,4 % de leur PIB pour la défense en 2018, et certains se disent incapables de respecter leur parole en 2024 en invoquant leurs contraintes budgétaires. Ce qui a ulcéré le locataire de la Maison-Blanche.
Donald Trump était arrivé à Bruxelles mardi soir, décidé à leur forcer la main. Il n’a eu de cesse de mettre le sommet sous pression à coups de messages sur son compte Twitter et de déclarations peu amènes à l’adresse des mauvais payeurs. Cible privilégiée de sa vindicte : l’Allemagne, qui a été accusée de débourser des milliards pour des achats de gaz et de pétrole à la Russie au lieu de contribuer aux dépenses de défense. L’Allemagne a prévu de consacrer 1,5 % de son PIB aux dépenses militaires en 2025.

Exigences de Trump
M. Trump a renouvelé ses exigences hier, lors de la seconde journée du sommet, et le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a été contraint de convoquer en urgence une réunion extraordinaire pour désamorcer un risque de crise majeure. « Je m’attendais à une discussion franche, et c’est ce qui s’est passé hier et aujourd’hui (mercredi et jeudi). Les alliés ont compris que le président Trump était très sérieux sur la question des dépenses », a reconnu le chef de l’OTAN.
Le président américain a revendiqué une victoire. « Les alliés pouvaient être inquiets, car hier, j’étais extrêmement insatisfait de ce qui se passait et ils ont considérablement renforcé leurs engagements. Maintenant, nous sommes très heureux d’avoir une OTAN très puissante, très forte, beaucoup plus forte qu’il y a deux jours », s’est-il félicité. « J’aurais pu utiliser la menace (de quitter l’OTAN), mais cela n’a pas été nécessaire », a-t-il assuré en réponse à une question en ce sens. « J’ai obtenu des progrès extraordinaires par rapport à mes prédécesseurs », a-t-il soutenu. « L’Allemagne a accepté d’accélérer le tempo pour augmenter ses dépenses militaires », a expliqué Donald Trump.
Mais la chancelière Angela Merkel s’est contentée de rappeler que « les Allemands savent qu’ils doivent faire plus et que nous le faisons depuis un certain temps ». Elle a simplement confirmé l’objectif de 1,5 % du PIB allemand en 2025. Les chefs des gouvernements italien et espagnol, Giuseppe Conte et Pedro Sanchez, ont, pour leur part, promis que leurs pays respecteraient les engagements souscrits par leurs prédécesseurs, mais en excluant d’augmenter les contributions.
Après les menaces, l’heure était donc à l’apaisement : « Je crois en l’OTAN. L’OTAN est plus forte qu’il y a deux ans », a lancé le président américain à l’issue du sommet. Un sentiment partagé par son homologue français : « L’OTAN sort plus forte » de son sommet, a renchéri Emmanuel Macron.
La France respectera ses engagements pour parvenir à consacrer 2 % de son PIB à ses dépenses militaires. « Nous y serons en 2025 », soit un après le délai imparti, a réaffirmé hier la ministre des Armées Florence Parly. « Nous sommes pleinement en ligne avec ce qui a été acté dans la déclaration finale qui a été adoptée mercredi de manière consensuelle », a-t-elle argué.

La « menace russe »
Le président américain est arrivé jeudi après-midi au Royaume-Uni pour une visite officielle (voir par ailleurs). Il se rendra ensuite à Helsinki pour un sommet bilatéral historique avec le président russe Vladimir Poutine lundi. Vladimir Poutine « n’est pas mon ennemi (...) En fin de compte, c’est un concurrent, il représente la Russie, je représente les États-Unis », a déclaré, à ce sujet, Donald Trump.
La déclaration finale du sommet de l’OTAN est un véritable réquisitoire contre la politique étrangère de Vladimir Poutine. Jens Stoltenberg a averti que « toute interférence » dans le processus d’adhésion engagé avec l’ancienne République yougoslave de Macédoine serait « inacceptable » pour l’OTAN. En réponse, Moscou a accusé l’OTAN d’invoquer une prétendue « menace russe » dans le seul but d’étendre son champ d’influence et ses activités militaires, notamment dans la Baltique et le nord de l’Europe. Le ministère russe des Affaires étrangères a également affirmé que l’Alliance atlantique cherchait à intégrer « de force » dans ses rangs la République de Macédoine, ce qui, selon lui, ne peut qu’accroître les tensions et les divisions en Europe.

Sources : agences

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