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Liban

Au Akkar, le feu ravage 51 tentes de déplacés

Réfugiés syriens
10/07/2018

La cérémonie de mariage qui se préparait dimanche dans un camp de réfugiés syriens à Mhammara, dans le Akkar, n’a pas connu une fin heureuse. Avant même qu’elle ne commence, une violente rixe a éclaté entre des habitants du village et des déplacés syriens installés dans le camp. Lors de ces affrontements au cours desquels des couteaux et des bâtons ont été utilisés, plusieurs personnes ont été blessées et 51 tentes ont été incendiées. 

Des agents de la Défense civile se sont aussitôt rendus sur les lieux pour éteindre le feu et les forces de sécurité ont été déployées. L’opération de sauvetage n’a cependant pas pu sauver le camp ni les propriétés des réfugiés. Ravagé par le feu, le camp a été complètement détruit et les déplacés qui l’occupaient se sont vus disperser dans d’autres camps avoisinants, notamment à Berqayel. 

Joint au téléphone par L’Orient-Le Jour, le président du conseil municipal de Mhammara, Abdel Menhem Osman, assure que l’incident n’a pas été prémédité. « À la demande des personnes concernées par le mariage, des habitants du village spécialistes en système audio se sont rendus dans le camp pour s’occuper de la sono musicale au cours du mariage, mais une dispute a éclaté entre eux et a malheureusement dégénéré en une violente rixe et un incendie », raconte M. Osman. « Au moment où la rixe a éclaté, les réfugiés ont pris la fuite et c’est à ce moment-là que l’incendie a eu lieu », ajoute-t-il, avant de poursuivre : « Les habitants de Mhammara se sont précipités sur les lieux pour aider les réfugiés à éteindre le feu et à fuir le camp. » 


(Pour mémoire : Un second groupe de réfugiés syriens quitte Ersal pour le Qalamoun)


Selon lui, les Libanais et les Syriens vivent en paix depuis le début de la crise en Syrie en 2011. « Si ce n’était pas le cas, le nombre des Syriens présents à Mhammara ne dépasserait pas celui des habitants de la localité qui compte 10 000 réfugiés syriens (et 45 000 Palestiniens qui habitent le camp de Nahr el-Bared) pour 7 000 Libanais, dont 3 000 uniquement sont originaires du village », assure-t-il. Cependant, au cours des derniers mois, et en raison de la situation financière qui s’écroule, une tension s’est fait ressentir entre les réfugiés et la communauté hôte. 

Un réfugié syrien habitant Mhammara, présent au moment de l’incident, abonde dans le même sens. « Si les réfugiés syriens ne se sentaient pas bien accueillis à Mhammara, ils ne seraient pas aussi nombreux à choisir d’habiter dans ce village côtier en particulier », dit-il à L’OLJ avant de poursuivre : « Les Syriens se sont insérés dans cette petite société, mais il est vrai que pendant ces derniers mois, la mauvaise situation financière dont souffrent les Libanais et la pénurie de fonds et d’aides de la part du Haut-Commissariat pour les réfugiés (UNHCR) contribuent à semer la tension entre Libanais et Syriens. » Il tient à préciser par ailleurs que la rixe qui a eu lieu dimanche était un accident isolé qui n’a pas pu être contenu à temps. 


(Lire aussi : Pour une tutelle internationale du dossier des migrants syriens)


Interrogé par L’OLJ sur cette affaire, le ministre d’État pour les Affaires des réfugiés, Mouïn Merhebi, a vivement condamné l’incident. « La dispute est certes un incident isolé qui a dégénéré en un grave accident », assure-t-il. « J’espère qu’il ne se répètera plus, ni à Mhammara ni ailleurs », dit-il. Dans ce cadre, M. Merhebi a insisté sur la situation de négligence et d’abandon dont souffre le Akkar depuis toujours, avant même le début de la crise syrienne, et de ses conséquences sur le Liban. « La misère suscite toujours une tension, tel que le dit le fameux adage libanais », estime M. Merhebi. « Il faut surtout que les Libanais et les Syriens ne soient pas tentés par le recours à la violence et qu’ils apprennent à régler leurs litiges calmement », ajoute-t-il, avant de souligner que des réunions avec 

l’UNHCR sont en cours afin de tenter de rétablir le calme, et ce sur l’ensemble du territoire libanais. « Il faut que les deux populations qui se trouvent actuellement sur le territoire libanais s’aident mutuellement, le temps de trouver une solution à cette crise », conclut-il.




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Irene Said

Ces "déplacés syriens" crient misère, se plaignent de tout et de rien...mais ils se marient, organisent des fêtes avec sono musicale, etc.
Et dans 9 mois un nouveau "bébé déplacé syrien" viendra augmenter leur nombre !

Eux continuent tranquillement de vivre leur vie, profitant des éternelles querelles des gamins qui sont à la tête de notre pays...
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QUELLES QUE SOIENT LES RAISONS C,EST UN ACTE CRIMINEL !

Irene Said

Ce n'est ni aux "déplacés syriens" ni aux habitants libanais de trouver une solution, mais aux responsables syriens en premier, qui sont à l'origine de la fuite de leurs citoyens vers le Liban !
Irène Saïd

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