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Économie

Que préconisent les partis politiques pour réduire le déficit public libanais ?

Réformes budgétaires
K.O. | OLJ
09/07/2018

Au moment où le Premier ministre désigné Saad Hariri poursuit toujours, depuis près de deux mois, ses consultations en vue de la formation d’un gouvernement à l’issue des élections législatives tenues le 6 mai, les propositions de chacun des principaux partis politiques du pays en matière de réformes des finances publiques ne semblent pas être un critère décisif pour la constitution d’une coalition gouvernementale. Pour recentrer le débat public autour de cette question, les responsables économiques des formations politiques (courant du Futur, Hezbollah, CPL, Forces libanaises, Amal, Kataëb et mouvement al-Azm) ont été conviés par Kulluna irada à exposer leurs visions respectives.
L’ancienne ministre des Finances Raya el-Hassan, qui représentait le courant du Futur, parti du Premier ministre, a indiqué que le programme de son parti n’est autre que la « vision pour la stabilisation, la croissance et l’emploi », présentée par le gouvernement lors de la CEDRE, tenue le 6 avril à Paris. Raya el-Hassan a ainsi rappelé que l’un des quatre piliers de cette vision vise « à garantir la stabilité économique et financière par un rééquilibrage des finances publiques », en baissant le déficit public annuel à 5 % du PIB sur les cinq années à venir. « Nous considérons qu’une baisse d’un point pour chacune des deux premières années ne sera pas suffisante pour inverser la dynamique, d’autant plus que les fonds promis à CEDRE (près de 11 milliards de dollars destinés à financer des projets d’infrastructures sur six ans) tarderont à arriver », a-t-elle expliqué. « Mais compte tenu d’une faible croissance, nous ne pouvons pas nous permettre une hausse des impôts. Nous sommes d’ailleurs contre une nouvelle hausse de la TVA, comme suggéré par le FMI », a affirmé Mme Hassan. « Nous allons donc nous concentrer sur les dépenses, en adoptant un budget d’austérité. La réduction budgétaire la plus importante sera réalisée à travers l’augmentation des tarifs de l’électricité, qui se fera parallèlement à la hausse de la production (d’électricité) », a-t-elle annoncé. Contrairement à ce qu’elle avait affirmé à L’Orient-Le Jour avant les élections législatives, Mme Hassan a estimé que « nous ne pouvons pas attendre d’assurer une électricité 24h/24 pour augmenter les tarifs », avant d’imputer ce changement de cap à la hausse des prix du pétrole. Les représentants des autres partis politiques ont pour leur part maintenu cette condition à la hausse des tarifs.

Politique monétaire
L’autre point central de ce débat a porté sur l’absence de droit de regard de l’exécutif sur la politique monétaire menée par la Banque du Liban, et la nécessité de réduire le service de la dette afin de faire baisser le déficit public. « Nous ne pouvons plus nous permettre de distinguer la politique budgétaire de la politique monétaire. Nous avons fait ce choix dans les années 1990 et nous en payons le prix aujourd’hui. Seule 40 % de la dette publique est justifiée, le reste est dû à des taux d’intérêt excessivement hauts par rapport au marché et aux risques », a dénoncé Abdel Halim Fadlallah, président du centre de consultations pour les études et la documentation du Hezbollah. Une position largement partagée par le CPL, représenté par l’économiste Charbel Cordahi. « La Banque centrale dispose d’un portefeuille de dette publique de 28 milliards de dollars. Nous devrions progressivement renouveler chaque obligation qui arrive à échéance à un taux d’intérêt de 0 % », a-t-il préconisé.
Le CPL, tout comme le mouvement Amal (représenté par Ghazi Wazni) et les Kataëb (par Jean Tawilé) ont aussi souligné la nécessité de lutter contre l’évasion fiscale. Le Hezbollah et les Kataëb ont préconisé une réforme du régime fiscal à travers l’instauration d’un impôt progressif unique sur le revenu, qui permettra d’augmenter la part des recettes issues d’impôts directs par rapport à celles issues d’impôts indirects. Les Forces libanaises, représentées par l’économiste Roy Badaro, ont notamment recommandé une réforme du code de la comptabilité publique.

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gaby sioufi

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