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Culture

De Chainsmokers à Caracalla, Byblos voit XL

Festival

Le programme du festival vient d’être dévoilé. Cinq spectacles en tout et pour tout, mais pour tous les goûts ! Cette année, jeunes et moins jeunes vont danser, chanter et faire la fête dans la ville légendaire de l’alphabet.

20/06/2018

Depuis sa naissance en 2003, le Festival de Byblos, qu’on appelait « junior » il y a quelques années, n’a eu de cesse de marquer son territoire. Géographiquement, ses frontières se limiteraient à Jbeil, mais culturellement, il embrasse la musique locale et internationale et fait le pont entre les continents puisque le nombre de spectateurs venus de tous les pays grossit au fil des jours. Le programme de l’édition 2018 a été annoncé hier à l’hôtel Byblos sur Mer. La table de conférence qui réunissait de nombreuses personnes du milieu politique et artistique témoigne largement de l’adhésion des Libanais à sa programmation éclectique. 

Prenant la parole, le ministre du Tourisme Avédis Guidanian a commencé par louer ce festival cher aux Libanais. Il a relevé par la suite les innombrables difficultés financières subies par tous les festivals et leur volonté de les surmonter ou de les contourner en faisant appel de plus en plus aux talents locaux qui n’ont rien à envier aux étrangers. Il sera suivi par Lynn Téhini Kassatly, représentante et conseillère du ministre de la Culture, qui le soutient dans cette démarche et qui évoquera un plan d’action concernant les festivals – surtout les majeurs, non ceux issus des villages – « et qui verra le jour bientôt », a-t-elle promis. Pour sa part, le directeur artistique du festival, Naji Baz, a dévoilé la programmation, certes succincte, mais compacte. Le concert événement est certainement celui de The Chainsmokers, ce duo de DJ originaire de New York, composé d’Andrew Taggart et d’Alex Pall et qui a dominé les charts de nombreux pays et occupé en 2016, avec sa chanson Closer, la première place du Billboard Hot 100. Ce sera donc un concert éminemment jeune avec presque huit mille places debout. Du jamais-vu de mémoire de festival. Les organisateurs assurent, par ailleurs, que près de mille places assises seront ajoutées. Ce concert ouvre le festival le 1er août et sera suivi par « la reine du metal », la soprano finlandaise Tarja Turunen. Les 17 et 18 août, ce sera la troupe de Caracalla qui investira Byblos avec Finiqia: The Legend lives on. Ce spectacle chorégraphié par Alissar Caracalla et sous la direction d’Yvan Caracalla ravive la flamme du passé de la Phénicie encore présent en nous et autour de nous et que de nombreux pays nous envient. 

La surprise du festival est bien sûr la grande Nana. Nana Mouskouri, toujours aussi jeune, à la voix limpide et pure, achève ses soixante-trois ans de carrière par une tournée avec escale au Liban. Naji Baz dira qu’elle a toujours rêvé de venir au pays du Cèdre. Elle a même écrit un livre sur la cuisine libanaise. Mouskouri, qui sera là le 21 août, interprétera certains de ses tubes en ajoutant quelques-unes des chansons des Beatles, de Simon and Garfunkel et d’autres encore. De quoi mettre l’eau à la bouche. Quant à la clôture du festival, elle sera assurée par Charbel Rouhana qui rendra hommage au roi des chansons populaires arabes, le chanteur égyptien Sayyed Darwish. 


Trois questions à Latifé Lakkis, présidente du Festival de Byblos.
Comment réussissez-vous à survivre économiquement? Est-ce que l’État tient ses promesses de subventions ?

Le festival parvient à survivre (et chaque année est un miracle) grâce à la billetterie et aux nombreux sponsors qui nous soutiennent. Nous arrivons donc à rentrer dans nos frais, mais pas à être gagnants. Que demander de plus à l’État alors que lui-même est exsangue ? Certes, il promet des subventions et en verse une partie, mais elles arrivent à peine à combler le montant de quelques dettes qu’on reporte d’année en année.

Imaginez que vous soyez une artiste. Avec quel spectacle iriez-vous en tournée ?
C’est une question très difficile que vous me posez. Approuver la sélection de ces cinq spectacles signifie déjà qu’on les apprécie tous et qu’on les a choisis parmi un grand panel.

Quel est votre souhait le plus cher concernant le festival que vous dirigez ? Et ce que vous craignez le plus ?
Mon souhait le plus cher est de préserver la qualité de ce festival qui nous tient tous à cœur. La programmation de Byblos a toujours été très sélective et de qualité. Je n’aimerais donc pas qu’on fasse des concessions sur cette qualité-là. Je souhaite que l’on puisse continuer à semer la culture et même à l’exporter.


Top 3 de « L’OLJ »
« The legend lives on » d’Ivan Caracalla
Caracalla n’est plus un nom libanais ou local, il est devenu un nom international qui voyage et fait voyager la culture libanaise aux confins de la planète. Pour le 50e anniversaire de la création de la troupe, Ivan Caracalla a concocté une comédie musicale qui refait vivre le passé au présent. La légende phénicienne, car c’est de cela qu’il s’agit, invite les dieux mais surtout les hommes au grand banquet de la fraternité et de l’amour. La chorégraphie est signée Alissar Caracalla. À noter la présence de toute la famille Carcalla, entre autres Rifaat Torbey, Hoda Haddad, Joseph Azaret et Gabriel Yammine.

Nana Mouskouri
 « La musique est mon premier amour et restera le dernier. Elle est devenue ma complice et mon moyen de communication. » C’est ainsi que s’exprime la chanteuse qui a fêté ses 84 printemps et dont la voix est demeurée fraîche comme à ses débuts. C’est probablement l’amour de cette musique qui est le moteur de sa vie et la rend jeune à jamais. D’où le nom de l’album et de la tournée Forever young qui a pour escale le Liban. Nana Mouskouri y interprétera un grand nombre de ses tubes légendaires, mais aussi des chansons de Barbara, des Beatles et de Simon and Garfunkel.

The Chainsmokers
Le concert événement qui met le festival en mode turbo. L’amphithéâtre à ciel ouvert de Byblos, qui pourra contenir 9 000 places dont 8 000 debout pour plaire aux jeunes, sera le lieu de tous les possibles. Chansons pop mais aussi visuel féerique, le tout servi par deux jeunes Américains qui ont construit leur réputation en tant que DJ et se sont très vite hissés en haut des charts internationaux. The Chainsmokers, formé d’Alex Pall et Andrew Taggart, illumineront le ciel de Jbeil et allumeront la scène. Attention, bolides déchaînés.



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