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Des étudiants de l’ALBA lancent un projet d’urbanisme d’envergure nationale

Urbanisme

Le travail des étudiants s’inscrit dans le cadre de l’atelier urbain, à la suite de la signature d’un accord entre le ministère des Travaux publics et des Transports et l’ALBA.

15/06/2018

À l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA), des étudiants en master de l’École d’architecture ont analysé le Schéma directeur d’aménagement du territoire libanais (SDATL), qui date de 2004 mais n’a pratiquement pas été mis en application, afin d’identifier l’origine des problèmes d’urbanisme au Liban et d’y sensibiliser l’opinion publique, mais aussi les décideurs au niveau des mohafazats, des cazas et des municipalités.

Le travail des étudiants s’inscrit dans le cadre de l’atelier urbain, et fait suite à la signature d’un accord, le 23 avril dernier, entre l’ALBA et le ministère des Travaux publics et des Transports, dont le ministre Youssef Fenianos est l’initiateur. L’idéal serait d’élaborer une action commune qui établirait une méthodologie basée sur des études approfondies. Son but est de motiver les municipalités et les Fédérations de municipalités à élaborer les plans stratégiques des cazas. « Dans beaucoup de pays, l’État a recours aux institutions universitaires pour apporter des solutions académiques, désintéressées, aux problèmes nationaux. Cela explique la volonté du ministère de signer l’accord avec l’ALBA », souligne Fawzi Nasr, directeur de l’École d’architecture.


(Lire aussi : Des étudiants de l’ALBA planchent sur un projet de développement à Dekouané)


Les étudiants impliqués dans les problématiques nationales
Pour le doyen de l’ALBA, André Bekhazi, ce projet revêt une double importance, académique et nationale. Tout d’abord au niveau académique, « on implique les étudiants dans des problématiques nationales. Ces derniers ne travaillent pas sur des projets utopiques mais réels. C’est une nécessité, mais c’est aussi notre vision de l’enseignement ». Pour Sylvia Yammine, urbaniste et responsable de l’atelier urbain, « les étudiants vont apprendre l’importance de la vision et de la planification, au niveau stratégique, du développement durable ».

Au niveau national, il est indispensable de se référer à ce plan qui n’a presque jamais été appliqué. « Il est temps maintenant qu’on réétudie comment appliquer le plan directeur sur tout le territoire libanais », affirme M. Bekhazi. En effet, le Schéma directeur d’aménagement du territoire libanais (SDATL) propose des orientations au niveau du territoire libanais. Il détermine, entre autres, les zones industrielles, agricoles et résidentielles, ainsi que les zones naturelles à préserver et celles à risque, et inclut tous les secteurs tels le transport ou le tourisme. « Le SDATL garantit un développement harmonieux et équilibré de l’ensemble du pays. N’importe quelle modification au niveau local doit y avoir recours », insiste Mme Yammine. Or ce n’est pas le cas, d’où les problèmes de pollution et de déchets, de l’imbrication des zones industrielles dans les zones résidentielles ou de la construction sauvage, pour n’en citer que quelques-uns.

Il était ainsi urgent de connaître la raison pour laquelle ce fossé existe entre le SDATL et son application sur le territoire, et c’est sur ce point que les étudiants en master de l’École d’architecture ont travaillé. « On se disait qu’il n’y a plus d’avenir pour le Liban, que ça allait de mal en pis. Mais lorsqu’on a commencé à travailler sur le SDATL, on s’est dit qu’il fallait absolument sensibiliser l’opinion publique », confie Cynthia Daher. Son camarade, Joy Moughani, a été motivé par la façon de régler les répercussions de la pollution des usines sur le littoral. « C’est un plan qui peut être la solution à une grande partie des problèmes », souligne-t-il.


(Pour mémoire : L'Institut d'urbanisme de l'Alba-Université de Balamand délivre son 1er doctorat)


Plan pilote
Durant la phase de collecte des données, les étudiants ont effectué enquêtes et entrevues, auprès d’institutions publiques, entre autres. « On les sensibilise ainsi à être des partenaires de la planification, à croire en leur capacité de changement, à avoir un impact », note Mme Yammine. Puis ils ont analysé les données recueillies et le SDATL. « On a simplifié ces données pour rendre le SDATL plus accessible et mieux l’expliquer, et pour que la prise de conscience soit plus directe », explique Joy.

Suite à leur travail, ils ont réalisé l’absence des plans stratégiques dont doit être doté chaque mohafazat et caza. Le SDATL doit être complété par ces plans qui permettent d’élaborer les plans locaux d’exécution des villes. « Les plans d’exécution sont une priorité, ce sont les plans d’occupation au sol », explique Mme Yammine.

Par ailleurs, les étudiants ont étudié le cas du caza de Jezzine, le seul avec celui de Saïda qui s’est basé sur le SDATL pour élaborer son plan stratégique. « On a résumé la méthodologie de Jezzine pour faire un plan pilote qui pourra être appliqué dans les autres cazas », affirme Cynthia.

Ces étudiants en master ont ainsi défini une méthodologie et posé ainsi la base du workshop auquel leurs camarades de l’année prochaine participeront. Ces derniers choisiront un caza et y appliqueront cette méthodologie. « L’accord avec le ministère consiste à prendre comme référence le travail des étudiants afin de pouvoir demander de lui donner un cadre légal auprès du Conseil supérieur de l’urbanisme et de l’appliquer dans tous les cazas », confie Mme Yammine. Une responsabilité d’envergure pour les étudiants. « Ce qui est intéressant, c’est que c’est notre génération qui est un peu en train de diriger cette prise de conscience, remarque Joy, alors que c’est le contraire qui doit être fait, ce sont les municipalités qui sont supposées nous diriger », ajoute Cynthia.

À partir de l’année prochaine, ce projet réunira plusieurs écoles de l’ALBA. D’ailleurs, des étudiants de l’École de cinéma et de réalisation audiovisuelle ont déjà réalisé un film publicitaire. Cette participation des jeunes ne peut que traduire leur engagement : « Ce projet me permettra de savoir comment travailler et améliorer le pays où je vis, c’est de mon avenir et de celui des générations qui suivent qu’il s’agit. Il faut commencer dès maintenant, il faut leur passer ce projet et assurer une continuité », conclut  Cynthia Daher.



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