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Des étudiants de l’ALBA planchent sur un projet de développement à Dekouané

URBANISME

Dix étudiants de 5e année de l’École d’architecture de l’ALBA élaborent une étude globale sur la région de Dekouané. Leur objectif : améliorer la qualité de vie de ses habitants.

06/04/2018

Visant la ville de Dekouané, connue pour ses zones industrielles, un projet élaboré par dix étudiants de l’ALBA s’inscrit dans le cadre de l’atelier projet urbain de l’École d’architecture de l’établissement. Il fait suite à un protocole signé en février entre l’Institut d’urbanisme et l’École d’architecture, la municipalité de Dekouané et le ministère de l’Industrie. « Nous avons le souci de répondre aux besoins de la société. C’est la politique de l’ALBA », souligne Fawzi Nasr, directeur de l’École d’architecture. 

Après la municipalité de Rachaya et celle de Bourj Hammoud, la municipalité de Dekouané, d’un commun accord avec le ministère de l’Industrie, a décidé d’avoir recours à l’ALBA. L’École d’architecture s’engage ainsi à se « focaliser sur les problèmes et proposer des solutions ». Toutefois, le travail des étudiants de l’ALBA ne remplacera pas celui des professionnels. « Nous ne sommes pas un bureau d’étude. Nous donnons des suggestions dans le cadre d’une étude académique, et non pas des plans d’exécution », relève André Bekhazi, le doyen de l’ALBA. Par conséquent, les étudiants qui participent à ce projet doivent répondre à une commande, celle « d’offrir à la municipalité une ligne directrice, prévisionnelle, qui définit les urgences et souligne les priorités à appliquer, dans des phases temporelles qui peuvent s’étaler sur quelques années », explique Fadi Chiniara, urbaniste et enseignant chargé de l’atelier projet urbain, à l’École d’architecture de l’ALBA. Ainsi, à titre d’exemple, les étudiants peuvent proposer de bloquer les permis de construction dans les secteurs à forte concentration industrielle, d’imposer aux usines de respecter les normes sécuritaires, d’élargir les routes, de créer des trottoirs, d’instaurer des lieux de promenade ou des zones tampons entre les résidences et les usines. L’objectif serait « d’avoir une bonne osmose entre l’activité industrielle qui est lourde et la vie du citoyen et du piéton », ajoute M. Chiniara.

En effet, à Dekouané, les régions résidentielles et industrielles s’enchevêtrent, les permis sont désuets, les infrastructures manquent, les constructions sont anarchiques et les accès à la ville sont encombrés. Plusieurs facteurs impactent ainsi la qualité de vie, voire constituent un réel danger, menaçant non seulement la vie des habitants, mais aussi celle des personnes travaillant dans les usines. 

Les étudiants s’attellent ainsi à une problématique assez complexe. Ils doivent gérer deux stratégies, l’une se rapportant aux zones résidentielles, et l’autre à la région industrielle. Car selon M. Chiniara, il est essentiel aussi de « comprendre les desiderata des industriels et leurs doléances », tout en respectant la vie du citoyen.


L’expérience du terrain, atout principal du projet

Afin d’élaborer le schéma directeur, les étudiants se rendent, tout d’abord, sur le terrain pour recueillir les informations nécessaires, tels les documents et les réglementations relatives aux industries et celles décrétées par les autorités. Pendant cette phase, ils rencontrent aussi bien les industriels que les habitants. « Ce qui m’a marquée le plus, c’est quand j’ai demandé à un habitant s’il est content de vivre là-bas et qu’il m’a répondu oui! J’ai remarqué que l’habitude et la routine peuvent affecter les personnes », souligne Leslie Khoury, étudiante en 5e année d’architecture.

Au niveau de la méthodologie du travail, il s’agit, en premier lieu, de comprendre le contexte dans toutes ses strates, telle la démographie de Dekouané, ses réseaux d’infrastructures routières ou l’emplacement des industries, des bureaux et des résidences. Ils doivent aussi comprendre « la différence et les limites entre le droit privé et le droit public », indique M. Chiniara, relevant ainsi les empiétements sur ce plan. « Nous découvrons des espaces ou des friches qui sont utilisés par les industries mais qui ne leur appartiennent pas ! » révèle Camilio Khoury, étudiant en 5e année d’architecture. 

Ensuite, les étudiants analysent les données recueillies, telles que, entre autres, les qualités de l’espace public, la place du piéton, les circuits destinés aux camions et l’impact de leur encombrement routier, mais aussi la topographie. « Un des objectifs est de montrer ce qu’il reste de la trame naturelle et de demander, dans le schéma directeur, que la municipalité récupère et renforce cette trame », souligne M. Chiniara. Il s’agirait ainsi de reboiser ou de protéger ce qui reste des sites naturels. « Ce qui fait que la ville respecte l’homme, c’est aussi sa dimension paysagère. »

Grâce à ce projet, les étudiants « comprendront la complexité des paramètres qui font que la ville mute et évolue », ajoute-t-il. De plus, ils vont acquérir leur premier contact avec le monde professionnel. « J’ai découvert ce volet de ma future profession où je dois m’adresser aux autorités locales ou au topographe pour collecter des documents », estime Camilio. Sa camarade Leslie confirme : « J’apprends à communiquer avec les gens de l’extérieur ! » 

Lors de ce projet, les étudiants se heurtent également aux difficultés du terrain et apprennent à élaborer les solutions adéquates. « On n’a pas trouvé des cartes, des relevés ni des photos aériennes récentes, nous devons les effectuer nous-mêmes. C’est pareil pour l’organisation des industries qui sont éparpillées, il n’y a pas de tracés bien définis. Nous effectuons donc le zonage actuel des emplacements des industries », relève Camilio. 

Suite à l’analyse des données, les étudiants élaboreront un schéma directeur qu’ils présenteront en juin. « Les propositions seront académiques, désintéressées, bien réfléchies et sans aucun a priori », note Fawzi Nasr. Le schéma directeur comportera un plan général avec des symboles et des légendes donnant des directives, des textes explicatifs, le budget requis, des photos, des croquis et des typologies architecturales. « Donc il comprendra les aspects fonctionnels, techniques, législatifs, visuels et architecturaux », résume M. Chiniara. 

Après Dekouané, l’ALBA entamera d’autres projets urbains avec diverses municipalités dont celle de Beyrouth.



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