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Liban

Plus de 57 % des enfants libanais victimes d’une discipline violente

Social

L’Unicef-Liban, en partenariat avec le ministère des Affaires sociales, a lancé une campagne visant à promouvoir une éducation non violente pour les enfants vivant au Liban.

14/06/2018

L’Unicef-Liban a lancé mardi dernier, en partenariat avec le ministère des Affaires sociales, une campagne visant à promouvoir une action à plusieurs niveaux pour combattre la violence dont sont victimes les enfants. Et pour cause : selon l’organisme onusien, plus de 57 % des enfants âgés de 1 à 14 ans vivant au Liban sont victimes d’une « discipline violente ».

Ayant pour thème « Je veux t’élever sans violence », la campagne a été annoncée au cours d’une conférence de presse, suivie d’une discussion sur le thème de la violence dans l’éducation, en présence du ministre des Affaires sociales, Pierre Bou Assi, et de la responsable de l’Unicef-Liban, Mme Tania Chapuisat. Étaient également présents à cette rencontre, qui a eu lieu au bureau de l’Unicef à Sodeco, le directeur général du ministère de l’Éducation, Fady Yarak, la directrice générale du ministère de la Justice, Mayssam al-Noueiry, et la représentante du ministère de la Santé, Pamela Zgheib.


Éduquer nos enfants sans violence
Prenant la parole, le ministre Bou Assi a notamment souligné que la violence subie par certains enfants laisse des cicatrices indélébiles qui ne manqueront pas de resurgir à l’âge adulte, en expliquant qu’un enfant est susceptible de reproduire les gestes violents qu’il a vécus durant son enfance. Toujours selon M. Bou Assi, la violence engendre une « perte d’estime de soi » et sape la « dignité ». Il faut donc en finir avec l’éducation violente et permettre ainsi l’épanouissement des enfants dans la société. Cependant, comme le précise Mme Chapuisat, une discipline sans violence ne signifie pas une éducation sans « structure et règles » pour encadrer les enfants.


La violence prend plusieurs formes
La discipline violente peut revêtir deux formes : l’agression psychologique et les châtiments physiques ou corporels. Comme le souligne Mme Noueiry, la violence verbale ne doit pas être acceptée car elle laisse des séquelles psychologiques graves sur l’enfant. Le choix des mots a toute son importance dans l’éducation et ne doit donc pas être sous-estimé. De plus, la violence sexuelle sur les enfants reste encore présente dans la société libanaise.


Comment agir ? 
« Prévention, protection et intervention » : telle est la voie que devrait suivre la lutte contre l’éducation violente, a relevé de son côté Fady Yarak. La prévention, qui est la première étape du processus de résolution, passe notamment par une campagne de sensibilisation, a-t-il précisé. L’Unicef a ainsi réalisé deux petits courts-métrages allant dans ce sens. La protection peut, par exemple, se traduire par une meilleure formation du personnel soignant dans les hôpitaux, où l’on constate que la violence contre les enfants n’est pas totalement absente.

Les enseignants ont aussi un rôle important à jouer dans le sens où ils peuvent détecter des signes de violences subies, a souligné également M. Yarak. Vient ensuite l’intervention, laquelle peut passer par le retrait de l’enfant de son foyer familial. La violence contre les enfants existe à la maison, à l’école, dans toutes les sphères de la société et indépendamment des classes socio-économiques et des confessions religieuses. C’est pourquoi Mme Chapuisat insiste sur la dimension « collective » du problème, en expliquant que tous les acteurs de la société ont un rôle à jouer sur ce plan.
Lors de cette rencontre, les différents responsables politiques ont plusieurs fois rappelé l’importance de la coopération interministérielle dans ce domaine.


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