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Liban

Zaher Eido : « Ceux qui ont tué Rafic Hariri ont tué mon père »

Commémoration

Onzième anniversaire, aujourd’hui, de l’attentat contre Walid Eido, l’un des « martyrs » de la révolution du Cèdre.

13/06/2018

Parti il y a tout juste onze ans, le 13 juin 2007, le député Walid Eido continue d’être présent dans la mémoire de ceux qui l’ont connu. Et pour cause, ce fervent militant au sein du courant du Futur a été l’un des instigateurs de la révolution du Cèdre qui a mené au retrait des troupes syriennes le 26 avril 2005. Son assassinat, ainsi que son fils aîné Khaled, à Manara, s’inscrit dans le sillage des attentats qui ont suivi la mort de Rafic Hariri, le 14 février 2005, et coûté la vie à plusieurs ténors du 14 Mars.

Zaher Eido, candidat malheureux aux récentes législatives à Beyrouth, se rappelle de son père comme d’un homme « proche de sa famille à qui il consacrait beaucoup de temps, malgré ses nombreuses obligations professionnelles ». « Mais tout cela a changé durant les deux dernières années de sa vie. À partir du 14 février 2005, mon père a changé et sa vie a été chamboulée », confie M. Eido à L’Orient-Le Jour.

« Walid Eido fait partie de ceux qui ont lancé la révolution du Cèdre et c’est un des premiers à avoir demandé la mise en place d’un tribunal spécial pour l’assassinat de Rafic Hariri, se souvient son fils. Après la mort de Rafic Hariri, il est devenu le fer de lance du courant du Futur. Il a pris beaucoup d’importance dans la rue sunnite et beyrouthine. C’est ce qui a fait qu’ils l’ont éliminé. Ils ont éliminé tous ceux qui s’exprimaient à voix haute comme Gebran Tuéni ou Pierre Gemayel. Ils ont choisi l’élite du 14 Mars et ils les ont assassinés un par un. (…) Il est clair que ceux qui ont tué Rafic Hariri ont tué mon père », souligne-t-il.

M. Eido déplore la « lenteur » du mode de travail du Tribunal spécial pour le Liban qui suit l’affaire de l’assassinat de son père, aux côtés bien entendu de l’attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri et de l’assassinat de plusieurs autres personnalités de la révolution du Cèdre. « Malgré le mode de travail lent du TSL, il va sans dire que nous venons d’une maison imprégnée par une ambiance de justice (Walid Eido a été procureur général du Nord) et nous croyons en la justice et attendons donc le verdict du TSL », déclare M. Eido.

Quant à l’enquête libanaise sur l’affaire, M. Eido estime qu’elle « manque de professionnalisme », précisant qu’en onze ans, il n’a été sollicité que très rarement par la justice libanaise dans le cadre de ce dossier.


(Pour mémoire : Zaher Eido : « Seul le verdict du TSL pourra apaiser nos cœurs »)


« Un fervent “14-marsiste” »
L’ancien ministre Nabil de Freige a connu Walid Eido lors de la campagne électorale en 2000 et garde le souvenir d’un homme « d’une simplicité rare ». « Nous étions sur la même liste à Beyrouth II et nous faisions campagne ensemble. C’était un homme très sérieux et très sympathique, dévoué et convaincu de la cause haririenne. Il l’a prouvé lors de ses interventions au Parlement en tant que professionnel de la législation », déclare M. de Freige à L’OLJ. « Le fait de devenir député ne lui était pas monté à la tête. Walid Eido est resté Walid Eido, avant et après la députation. Quand il a été assassiné, il n’avait même pas de voiture blindée, souligne-t-il. Il a beaucoup changé après l’assassinat de Hariri. Lui qui avait beaucoup d’humour, on ne l’a plus jamais vu sourire, il n’était plus le même. »

« Walid Eido et moi étions proches et très bons amis », se rappelle pour sa part l’ancien député Atef Majdalani. « Nous avons perdu un ami, un fervent “14-marsiste” et un défenseur du droit. J’ai maintes fois profité de son expérience de juriste. C’était un vrai patriote et un grand homme », indique-t-il à L’OLJ. « C’est difficile de trouver quelqu’un qui lui ressemble dans le contexte actuel, les choses ont beaucoup changé depuis et il n’y a plus de 14 ou de 8 Mars », ajoute-t-il.

Concernant l’avancée de l’enquête dans l’affaire de l’assassinat de M. Eido, Atef Majdalani relève également la lenteur du procédé mais reste optimiste. « La procédure au sein du TSL avance lentement, mais si on regarde d’autres cas similaires, on voit qu’il faut 10 à 15 ans pour arriver à la vérité. Quoi qu’il en soit, nous sommes impatients de montrer les coupables du doigt. Nous n’avons pas perdu espoir », souligne l’ancien député de Beyrouth qui déplore par ailleurs que l’enquête menée au niveau libanais « se soit malheureusement arrêtée ».



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Remy Martin

Le jour viendra certainement lorsque les coupables qu'on connait ne seront plus intouchables ...

Eleni Caridopoulou

Ils connaissent très bien qui sont les assassins mais ils ont peurs des patriotes du Hezbollah, pauvre Liban

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