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Liban

Pour rendre plus fréquent le don de sang volontaire au Liban

Journée mondiale du donneur de sang

Au Liban, dans 90 % des cas, le don du sang est un don de remplacement, se faisant dans le cadre de donneurs familiaux.

Nada MERHI | OLJ
13/06/2018

Tous les jours sont lancés sur les réseaux sociaux des dizaines d’appels « urgents » à des dons de sang au Liban. Cette pratique reflète la réalité sur le terrain, puisqu’on ne pense au don du sang que dans le cadre d’une urgence, sachant que 400 dons par jour sont nécessaires au Liban, selon le ministère de la Santé. Un besoin qui est en constante augmentation, d’après le ministère, notamment en raison de l’amélioration de la pratique médicale et du vieillissement de la population. Il est donc nécessaire de faire évoluer les mentalités pour que le don du sang devienne un don volontaire.

Dans cet objectif et à l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang, fixée par l’Organisation mondiale de la santé au 14 juin, les centres de transfusion sanguine de la Croix-Rouge libanaise et Donner sang compter (DSC) prévoient des campagnes de collecte de sang (voir par ailleurs). Les objectifs de ces campagnes s’alignent sur ceux de la Journée internationale, à savoir : remercier les donneurs de sang réguliers, « même ceux dont l’initiative a été refusée dans les hôpitaux », insiste Yorgui Teyrouz, fondateur de DSC, encourager les donneurs potentiels toujours réticents au don du sang à le faire de manière régulière et sensibiliser la population à l’importance de ce don.

« Les transfusions sanguines contribuent chaque année à sauver la vie de plus de 100 000 personnes au Liban », affirme à L’Orient-Le Jour la Dr Rita Féghali, directrice des centres de transfusion sanguine de la CRL. L’association, qui a inauguré son premier centre de transfusion sanguine en 1964, en compte aujourd’hui treize dispersés sur l’ensemble du territoire, dont deux (à Tripoli et à Beyrouth), ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre. « Nous avons toujours besoin de renouveler les stocks, parce que le sang ne peut pas être fabriqué ni stocké pour une longue période », poursuit-elle.

Il existe deux sources d’approvisionnement en sang au Liban. Le don se fait soit à partir « de donneurs familiaux dans le cadre d’un don de remplacement, dans le sens où un individu donne une unité de sang en contrepartie d’une autre », soit à partir de donneurs volontaires. « Le don de remplacement a beaucoup d’inconvénients, explique la Dr Féghali. D’abord, il n’est pas pratique parce qu’il génère une situation de stress et d’angoisse supplémentaire à celle que vivent le patient et son entourage, puisque c’est un don basé sur un besoin immédiat. Par ailleurs, dans le cadre de ce genre de don, il y a plus de risques d’avoir des maladies transmissibles. D’où l’importance du don du sang volontaire et régulier qui est le plus sécurisé, puisqu’il est programmé en avance. Or au Liban, cette forme de don constitue moins de 10 % de l’ensemble des dons du sang. » L’OMS encourage les pays membres à mettre en place des stratégies nationales pour améliorer le don du sang volontaire qui doit constituer, selon elle, la seule source d’approvisionnement en sang.


(Pour mémoire : Une campagne pour le don de sang à Mayss el-Jabal)


Campagnes annuelles
Pour répondre aux besoins du pays, tant la CRL que DSC organisent des campagnes annuelles de collecte de don du sang. « Nous organisons environ dix campagnes par mois et nous assurons quelque 23 000 composés sanguins par an, révèle la Dr Féghali. Dans nos centres, nous ne refusons aucun donneur éligible au don. Plus encore, notre nouvelle stratégie vise à assurer une disponibilité de produits sanguins sécurisés à tous les patients sur l’ensemble du territoire. Pour ce faire, nous allons renforcer le nombre de produits sanguins disponibles en augmentant le nombre de collectes mobiles dans les régions, et encourager les donneurs réguliers à venir dans nos centres. »

DSC organise de son côté près de 160 campagnes de collectes de sang, en collaboration avec les hôpitaux. « Ces campagnes nous permettent d’assurer près de 5 000 unités par an, avance M. Teyrouz. De plus, nous disposons d’une base de données de donneurs potentiels pour les cas urgents. Les gens contactent, à cet effet, notre centre d’appels. Nous collaborons dans ce cadre avec trente-deux hôpitaux. Dans ce cadre aussi, nous assurons en moyenne 5 000 unités par an. »

Le ministère de la Santé a défini des critères d’éligibilité pour le don du sang pour assurer la sécurité tant du receveur que du donneur. Aussi, peut faire don du sang toute personne âgée entre 18 ans et 60 ans (s’il s’agit du premier don) ou 65 ans (si elle a déjà donné du sang) en parfaite santé, avec un poids minimal de 50 kilogrammes. Dans certaines situations, le don est retardé. Ainsi, il faut attendre sept jours après des soins dentaires (un jour s’il s’agit du traitement d’une carie), quatorze jours après la fin d’un traitement par antibiotiques ou après un épisode infectieux, et un an après une intervention chirurgicale importante ou un tatouage.


Les campagnes de collecte de sang
Les centres de transfusion sanguine de la CRL organisent une campagne de collecte de sang demain jeudi 14 juin, de 22h à 2h, à la place de l’Étoile. Deux autres campagnes sont prévues le samedi 16 juin, à Batroun, de 9h à 14h, et à Bab Idriss, à Beyrouth, de 9h à 15h. Le dimanche 17 juin, la campagne sera menée à Mar Mikhaël, de 9h à 15h. Une autre campagne est prévue le vendredi 22 juin, à Jal el-Dib, entre 10h et 14h. Pour plus d’informations, visiter le site web de la CRL à l’adresse : www.redcross.org.lb
De son côté, Donner sang compter organise aujourd’hui, mercredi 13 juin, deux campagnes à la Libraire Antoine aux Souks de Beyrouth, entre 17h et 20h, et à la place Sassine entre 17h et 21h. Demain, deux campagnes sont menées de 9h à 15h, dans le hall de l’Hôtel-Dieu et de 7h30 à 12h sur l’autoroute de Zalka. Une dernière campagne est prévue le dimanche 17 juin, à Zghorta, entre 17h et 21h. Pour plus d’informations, visiter le site web de DSC à l’adresse : www.dsclebanon.org ou la page Facebook de l’ONG.



Pour mémoire

Donner sang compter occupe les rues de plusieurs grandes villes du monde

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