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Liban

Tout le monde attend « la prochaine étape » de Hariri

Gouvernement

Le Premier ministre désigné devrait s’entretenir prochainement avec tous les blocs politiques.

Yara ABI AKL | OLJ
13/06/2018

Il est vrai que par sa visite, lundi, à Baabda pour un entretien avec le président de la République, Michel Aoun, le Premier ministre désigné, Saad Hariri, a donné un nouvel élan au processus de formation du nouveau gouvernement. Mais, contrairement aux attentes, cela ne signifie aucunement que le cabinet verra le jour prochainement. On attend l’issue des négociations que M. Hariri devrait entamer dès son retour à Beyrouth après un déplacement en Russie et en Arabie saoudite.

C’est en tout cas l’impression qui se dégage des propos de Moustapha Allouche, membre du bureau politique du courant du Futur, interrogé par L’Orient-Le Jour. « Lors de la rencontre de Baabda, Saad Hariri a présenté une première vision de la répartition des quotes-parts au sein de la prochaine équipe ministérielle. Mais les principaux nœuds existent encore », précise-t-il, avant d’expliquer : « Le nœud chrétien qui a résulté de la querelle opposant le Courant patriotique libre aux Forces libanaises demeure. » Il souligne, toutefois, que cette crise pourrait être résolue si le parti de Samir Geagea accepte d’être représenté au sein de la future équipe ministérielle par quatre ministres.

Mais pour M. Allouche, comme pour tous les proches du Premier ministre désigné, il existe un obstacle tout aussi important : la représentation des sunnites ne gravitant pas dans l’orbite du parti haririen. Dans certains milieux politiques, on estimait récemment qu’une personnalité sunnite du 8 Mars pourrait faire partie des ministres relevant du lot affilié au président Michel Aoun. Le Futur devrait, en contrepartie, nommer un ministre appartenant à une autre communauté. M. Hariri avait d’ailleurs laissé entendre, depuis Baabda, que cela était possible. « Le cabinet d’expédition des affaires courantes inclut déjà un ministre sunnite relevant du chef de l’État. Et je n’ai pas de problème avec le président », avait-il dit lundi. Moustapha Allouche tient toutefois à mettre les points sur les i : « Il n’est pas dit que nous accepterons toute personnalité (sunnite) qui nous serait proposée. Notre décision dépendra de la région dont ce ministrable serait issu, ainsi que de plusieurs autres critères. » « Saad Hariri n’a fait qu’un premier pas. Il faut attendre le prochain, en l’occurrence ses négociations avec toutes les formations politiques après la fête du Fitr », ajoute l’ancien député de Tripoli.

En attendant la prochaine étape des négociations gouvernementales, des sources politiques citées par l’agence locale al-Markaziya ont fait état hier d’un « progrès enregistré par Saad Hariri pour régler la querelle entre le CPL et les FL ». Selon les mêmes sources et à la faveur de ce « progrès », dix sièges chrétiens seraient accordés à Michel Aoun et au bloc dit « Le Liban fort » dirigé par le courant aouniste. Dans les mêmes milieux, on estime que les FL seraient représentées par trois ministres auxquels s’ajouterait un Kataëb. Une place serait réservée aux Marada de Sleiman Frangié. Sauf que dans les milieux proches de Meerab, on refuse de commenter cette mouture, ainsi que toutes les autres spéculations qui circulent aujourd’hui dans les médias. Contacté par L’OLJ, un responsable FL s’est contenté de réitérer l’attachement de son parti aux demandes gouvernementales formulées devant M. Hariri lors des consultations non contraignantes tenues il y a deux semaines. « Nous voulons un portefeuille régalien, un ministère » consistant « et la vice-présidence du Conseil », dit-il, soulignant que tout dépend des négociations avec les partis politiques que le chef du gouvernement désigné devrait lancer à partir de la semaine prochaine.


(Lire aussi : Le Hezbollah aurait-il montré « trop d’appétit » ?) 


Entre CPL et PSP
Même son de cloche chez Mario Aoun, député CPL du Chouf. Contacté par L’OLJ, il déclare : « Il n’y a pas d’éléments nouveaux », affirmant, toutefois, attendre « la prochaine étape de Saad Hariri ». Tout comme les FL, les aounistes tiennent à leurs demandes gouvernementales, notamment une représentation conforme aux résultats des législatives du 6 mai. Mario Aoun déclare sans détour : « Nous voulons la vice-présidence du Conseil, ainsi que des portefeuilles (qui devraient se chiffrer à six) importants, à l’instar de l’Énergie et de l’Économie, pour ne citer que ces deux exemples. »

Quant à la représentation des druzes, elle constitue, elle aussi, un obstacle entravant encore la mise sur pied du troisième cabinet Hariri. C’est sous cet angle que le CPL perçoit les choses. Et pour cause : le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, tient à monopoliser les trois sièges réservés à cette communauté au sein d’un cabinet de trente ministres. Une position interprétée par certains comme une tentative de faire barrage à toute tentative d’intégrer son principal rival politique, Talal Arslane, au prochain gouvernement. Mais à Moukhtara, on perçoit les choses différemment : « Nous attendrons l’issue des négociations de Saad Hariri avec tous les protagonistes. Mais nous tenons à nos demandes : deux portefeuilles, dont un consistant, et un ministère d’État », affirme à L’OLJ Ghazi Aridi, ancien député joumblattiste de Beyrouth, qui invite ouvertement « ceux qui ont bloqué le pays pendant deux ans, pour hisser le “représentant le plus fort” des chrétiens à la présidence de la République, à appliquer ce même critère lors de la formation du cabinet ».



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