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Liban

La querelle CPL-FL complique à nouveau la tâche à Hariri

Gouvernement

Parallèlement à ses joutes avec les aounistes, Meerab (re)commence à normaliser ses rapports avec les Kataëb.

Yara ABI AKL | OLJ
08/06/2018

Le processus de formation du nouveau gouvernement continue à buter sur plusieurs nœuds. Il s’agit, surtout, du différend opposant le Courant patriotique libre aux Forces libanaises.
Deux jours après une déclaration du chef du CPL Gebran Bassil (jugée positive par les FL), dans le cadre de laquelle il a réitéré son attachement à la réconciliation interchrétienne de 2016, la querelle entre les deux partis a repris de plus belle hier.
Dans un entretien accordé hier au quotidien al-Charq al-Awsat, le leader des FL, Samir Geagea, a établi une nette distinction entre ses bons rapports avec le président de la République et les (mauvaises) relations de son parti avec M. Bassil, estimant que le problème majeur réside dans la divergence sur le concept de « partenariat ». M. Geagea a, par ailleurs, réitéré son attachement à une représentation gouvernementale correspondant aux résultats que son parti a enregistrés lors des dernières législatives.

Ziad Hawat, député FL de Jbeil, est allé plus loin. Dans une interview accordée à la MTV, il a ouvertement déclaré que « si le poids parlementaire des FL n’était pas respecté, (ce parti) opterait pour l’opposition ». « Nous tenons à la préservation de la réconciliation interchrétienne. Mais, à travers certaines pratiques, Gebran Bassil commet des violations de l’entente de Meerab, tentant ainsi d’isoler une partie de Libanais que nous représentons », a encore dit le nouveau député.
À cela s’est ajouté l’échange à fleurets mouchetés entre le ministre sortant de la Santé, Ghassan Hasbani (FL), et ses collègues des Affaires étrangères, Gebran Bassil, et de l’Énergie, César Abi Khalil (CPL), à la suite d’une attaque lancée hier par le chef du courant aouniste contre le ministère de la Santé, accusé de ne pas poursuivre une politique claire.
Il va sans dire que ce nouveau désaccord entre les deux formations chrétiennes majoritaires est à même de retarder la mise sur pied du nouveau cabinet. Mais, dans les milieux aounistes, on est toujours optimiste. Contacté par L’Orient-Le Jour, Mario Aoun, député CPL du Chouf, assure qu’en dépit de tous les nœuds, le sexennat de Michel Aoun progressera comme prévu, même s’il fait l’objet de plusieurs critiques. « L’attitude des FL s’inscrit dans le cadre d’une stratégie que nous comprenons bien désormais. Celle-ci serait axée sur la nette distinction entre le CPL et le mandat Aoun, à l’heure où notre bloc parlementaire est la principale force de soutien à Baabda », souligne-t-il, estimant que « certains protagonistes (allusion à peine voilée aux FL) voudraient porter atteinte au mandat, d’où la volonté de se ranger dans le camp de l’opposition. Ce qui est conforme à la démocratie ». Mais « nous sommes attachés à la mise sur pied d’un cabinet d’entente nationale qui regrouperait tous les protagonistes », insiste Mario Aoun.


(Lire aussi : Gouvernement : La mission de Hariri de plus en plus difficile...)


Du côté de Meerab, on explique la nouvelle phase de la querelle avec le CPL par le tempérament de Gebran Bassil. Mais en dépit du désaccord, les FL sont confiantes que l’équipe ministérielle ne verra pas le jour si elles ne l’intègrent pas. Entre-temps, elles restent attachées à leurs demandes gouvernementales : la vice-présidence du Conseil, un ministère régalien et un portefeuille important. Un cadre FL contacté par L’OLJ note, toutefois, que ces demandes pourraient faire l’objet d’une éventuelle modification dans le cadre de sérieuses négociations gouvernementales auxquelles le Premier ministre désigné Saad Hariri devrait donner le coup d’envoi la semaine prochaine.
Dans les milieux de Saad Hariri, on est pragmatique. L’obstacle interchrétien continue à compliquer la mission du chef du gouvernement désigné. « Il y a aussi les demandes druzes et la représentation des sunnites n’appartenant pas au courant du Futur », note Moustapha Allouche, membre du bureau politique de la formation haririenne, joint par L’OLJ. Selon lui, « Saad Hariri devrait prendre du temps pour mettre sur pied le nouveau cabinet. Celui-ci ne sera formé qu’après la fête du Fitr ».

Une alliance FL-Kataëb ?
Parallèlement à la détérioration de leurs rapports avec les aounistes, les FL continuent à améliorer les relations avec les Kataëb, perturbées depuis la signature de l’accord de Meerab. Après avoir tissé des alliances électorales à Beyrouth I, à Zahlé et au Liban-Nord III, les partis de Samy Gemayel et Samir Geagea ont convergé sur l’opposition au décret de naturalisation signé récemment par Michel Aoun, Saad Hariri et Nouhad Machnouk, ministre de l’Intérieur. Cela a fait dire à certains observateurs que les deux partis ont ainsi jeté la base d’une nouvelle alliance politique à long terme. Interrogé par L’OLJ, Nadim Gemayel, député Kataëb de Beyrouth, souligne que sa formation et celle dirigée par Samir Geagea partagent une alliance stratégique qui œuvre pour la défense des droits des chrétiens, et des Libanais en général.
Élias Hankache, député Kataëb du Metn, se veut prudent. « Si la phase précédente était marquée par des divergences portant sur l’approche de certains dossiers, nous avons convergé sur plusieurs autres », dit-il à L’OLJ, indiquant que son parti collaborera avec les protagonistes au cas par cas. Mais il n’est pas encore question d’une alliance à long terme.
Même son de cloche chez un proche de Samir Geagea, qui souligne que « les deux partis ont confirmé qu’ils convergent sur les constantes souverainistes ». « L’opposition au décret de naturalisation a donné le coup d’envoi à une nouvelle phase de nos rapports politiques. Même s’il n’est pas question de former un front d’opposition dans le plein sens du terme », précise le proche de M. Geagea.


Lire aussi

« Guerre d’élimination », tutelle syrienne, accord de Meerab : l’histoire des relations entre le CPL et les FL

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FAKHOURI

Si Hariri avait conscience du poids du poste de PM, il ne ferait pas attention aux histoires de ce couple fossoyeurs de notre pays
Les elections sont finies depuis longtemps.
Nous n'avons toujours pas de gouvernement parce que le PM envisagé ne sait pas ou il doit se diriger
Il ne va pas encore nous promener en Arabie Saoudie !!!!!

AIGLEPERçANT

Il se trouve qu'il y en a un qui est culotté de croire qu'il fait le poids devant l'autre.

C'est le problème au Liban, on ne sait pas rester à sa place de Faire valoir .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

WLEK 3AYB BAA STEHOU CHWAY CHRETIENS AAL ! YA 3AYNE !

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